Cela faisait bien longtemps que ces deux noms n’avaient pas été gravés sur un trophée ou un mur de palmarès. Trop longtemps. Engagés en ATP 500 avant de prendre la direction de Shanghai, Novak Djokovic et Carlos Alcaraz ont fait le plein de victoires et de confiance dans des stades qu’ils chérissent particulièrement.
ATP : Djokovic & Alcaraz, le retour des rois
Vainqueurs de 31 tournois du Grand Chelem à eux deux, Nole et Carlitos ont été couronnés de lauriers cette semaine, respectivement à Pékin et Tokyo.

Djokovic, l’invincible
A Pékin, rien ni personne ne lui résiste. Débarqué dans la capitale chinoise auréolé de six titres en autant de participations, Novak Djokovic a conclu son exceptionnelle semaine en glanant une septième couronne à l’issue de sa 34e victoire consécutive dans un événement qu’il n’avait plus disputé depuis l’édition 2015.
Un accomplissement synonyme de 102e titre en carrière (il n’est plus qu’à une unité de Roger Federer et sept de Jimmy Connors) pour celui qui est également devenu le premier joueur de l’ère Open à être sacré au moins une fois par an durant 21 saisons d’affilée. "Cela faisait 11 ans que je n’avais plus joué ici, a-t-il rappelé lors de la cérémonie de remise des récompenses. J’ai toujours de grandes attentes et je m’imagine constamment en train de brandir le trophée, surtout à Pékin, un endroit où je n’ai jamais perdu. Mais j’étais également conscient que la réalité est un peu différente ces derniers temps […] Cette année a été assez difficile pour moi, j’ai connu de nombreux problèmes de santé et j’ai souffert physiquement. Je voulais simplement essayer de retrouver de bonnes sensations sur le court. Je sais que si je me sens bien et que je frappe bien la balle, je peux rivaliser au plus haut niveau et cette semaine en a été la preuve."
De la souffrance, il y en a eu pour l'homme aux 24 Majeurs tout au long de sa victorieuse aventure. En manque de rythme, parfois à bout de souffle lors de ses deux premiers tours face à Nuno Borges et Yunchaokete Bu, il s’est toutefois offert le luxe de renverser le champion de Roland-Garros et de l’US Open Alexander Zverev en quarts de finale (4/6, 6/4, 6/4 en 2h34). Un succès de prestige suivi d’un match de très haut niveau malheureusement stoppé par la disqualification de Daniil Medvedev à la suite d’une balle envoyée sur un spectateur alors que Nole servait pour le gain du match (7/5, 5-3 en 2h29).
Sa plus belle panoplie de tennis, il en a également fait étalage sur la dernière marche, en remportant la première manche au tie-break avant de voir Alex De Minaur jeter l’éponge, en raison d’une blessure à la cuisse (7/6(3), 0-1, ab.). "Pour être honnête, c’est un sentiment un peu étrange, a confié Djokovic à l’ATP alors qu’il a lui-même bénéficié d’un temps mort médical pour des douleurs au niveau du ventre. J’avais envie de fêter ça parce que j’ai réalisé l’une de mes meilleures semaines de ces deux dernières années. Mais en même temps, Alex a dû abandonner au début du deuxième set donc ça ne semblait pas très approprié de sauter de joie. Mais au fond de moi, je suis très fier de ce nouvel accomplissement."
Plus que convaincant malgré deux derniers matchs interrompus, le Serbe a donc enchaîné trois victoires face à des membres émérites du Top 10, une première depuis les Finales ATP 2023. Un Masters qu’il peut encore viser en fonction de son programme de fin de saison, lui qui pointe au 8e rang mondial et qui est actuellement 9e à la Race. Une place qui lui assurerait un billet en business pour Turin puisque Jannik Sinner a d’ores et déjà annoncé qu’il mettait un terme définitif à son exercice 2026, en raison d’une blessure au genou qui le tient éloigné des terrains depuis son sacre à Wimbledon.
Alcaraz, le back-to-back qu’il lui fallait
Si le n°1 mondial – qui sera quoi qu’il arrive dépassé par Alexander Zverev d’ici la fin de la saison puisqu’il ne pourra pas défendre ses points au Rolex Paris Masters et aux Finales ATP – traverse une phase difficile, son prédécesseur sur le trône a quant à lui bel et bien retrouvé la pleine possession de ses moyens. Privé de compétition officielle entre avril et fin août en raison d’une blessure au poignet, Carlos Alcaraz a sublimé son retour déjà très prometteur durant l’US Open en conservant sa couronne à Tokyo.
Une première dans la capitale japonaise depuis Pete Sampras en 1993-1994 acquise au terme d’un dernier match tout en maîtrise face à Jiri Lehecka (7/6(6), 6/4 en 1h36). Avant cette finale, le Murcien a dû batailler davantage dès son entrée en lice face à Alex Michelsen puis dans le dernier carré contre son compatriote Jaume Munar. Mais sa science du jeu, sa spectacularité et surtout sa capacité à briller dans les moments clés (4/4 tie-breaks remportés) ont rassuré les observateurs et transcendé une foule acquise à sa cause. "Je suis vraiment heureux de pouvoir à nouveau soulever un trophée, a confié celui qui n’avait plus connu ce glorieux sentiment depuis Doha en février. Ça faisait un moment et c’est évidemment encore plus spécial après ma blessure. Pour me retour, à l’occasion de mon deuxième tournoi, être sacré signifie énormément […] La semaine a été difficile, je n’ai pas atteint mon meilleur niveau mais j’ai su trouver les bonnes solutions et je pense que c’est ce qui compte : j’ai joué du mieux possible lors des points importants. Et la finale a été ma plus belle rencontre de la semaine ou du moins celle au cours de laquelle j’ai été le plus régulier en termes de niveau de jeu."
Déjà soulagé de constater qu’il pouvait largement tenir la distance à Flushing Meadows, "Carlitos" va pouvoir définitivement effacer les doutes de son esprit grâce à ce 27e titre (le 3e de l’année pour le plus jeune joueur de l’histoire à avoir réalisé le Grand Chelem en carrière lors de l’Open d’Australie). "De nombreuses pensées négatives vous viennent à l’esprit, a-t-il expliqué à propos de sa blessure et de sa longue absence. ‘Est-ce que je vais revenir en bonne santé ? Est-ce que je vais retrouver le niveau que j’avais par le passé ? Est-ce que je vais pouvoir frapper la balle sans ressentir la moindre douleur ?’ Ces questions m’ont souvent traversé l’esprit mais j’ai sans cesse essayé de les chasser. Je dois simplement me donner à fond sur chaque frappe, chaque balle. Je fais confiance à mon équipe, je me fais confiance et cette semaine, ça a marché."
Au vu de ce qu’il a montré à Tokyo, nul doute que le fait de tout donner jusqu’à la fin du cru 2026 pourrait lui permettre de réaliser de nouveaux accomplissements.