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US Open 2026 : Alcaraz, déjà grand favori dès son retour ?

Auteur de deux premières prestations solides, le tenant du titre a également vu la voie s'ouvrir dans le tableau.

Carlos Alcaraz / Premier tour - US Open 2026
 - Romain Vinot

En tennis plus que dans toute autre discipline, les prédictions sont un exercice périlleux. Pour preuve, le parcours potentiel à la victoire finale de certains favoris a déjà bien changé entre le tirage au sort et la fin du deuxième tour. Un état des lieux qui pourrait bien faire le jeu de Carlos Alcaraz, impressionnant pour ses premiers pas depuis avril.

Rassuré et rassurant

Il y a 15 jours, pour le plus grand bonheur de ses fans et plus généralement des observateurs du monde entier, Carlos Alcaraz annonçait son grand retour à la compétition après plus de quatre mois d’absence. Privé de match en compétition officielle durant cette période, le Murcien avait précédemment posté des vidéos de lui, d’abord sans raquette, puis sans cordage et enfin en pleine possession de ses moyens. Malgré le pessimisme de nombreux anciens joueurs quant à ce retour en Grand Chelem sans avoir disputé le moindre tournoi de préparation au préalable, le champion sortant est toujours en lice pour défendre son titre à New York. Une prouesse qui n’a par ailleurs plus été réalisée depuis les cinq sacres consécutifs de Roger Federer entre 2004 et 2008. Le "Maestro" pourrait grandement servir d’exemple à l’actuel n°3 mondial puisqu’en 2017, il avait remporté l’Open d’Australie après six mois d’absence… Mais nous n’en sommes pas là, naturellement.

Plusieurs facteurs permettent cependant d’expliquer l’enthousiasme quelque peu prématuré qui entoure l’homme aux sept titres majeurs. Il y a évidemment d’abord ce qu’il a montré sur le court depuis le début de sa campagne. Auteur de quelques coups grandioses dans le tableau du double mixte aux côtés de la légende Serena Williams, il a ensuite livré une partie très solide lors de son entrée en matière en simple, face à Roman Safiullin (6/4, 6/4, 6/4 en 2h22). Tout en retenue en coup droit et au service lors des jeux inauguraux, il a ensuite lâché ses frappes et ce, sans ressentir la moindre douleur.

"On ne sait pas ce qu’il va se passer pendant la rencontre, après presque quatre mois et demi d’absence, on ne sait pas comment le corps va réagir, ni l’esprit, a-t-il expliqué en conférence de presse. Mais j’ai essayé de jouer chaque jeu l’un après l’autre, d’être à l’aise et de prendre du plaisir sur chaque point, en ressentant l’amour du public. Je me suis senti très bien physiquement et j’en suis très heureux […] Je ne sais pas comment vous l’avez vécu de l’extérieur mais moi, j’ai eu l’impression de frapper normalement. J’ai joué comme j’ai l’habitude de le faire, en restant fidèle à mon style et tout s’est bien passé d’un point de vue du bras et du poignet. Je vais bien sûr continuer à en prendre soin dans les prochains jours et avant les matchs mais je suis simplement très content, enfin, de ne plus avoir mal."

S’il a tout de même confié avoir eu quelques doutes avant ce match et assuré que son niveau allait s’améliorer au fil des sorties, il a tenu parole dès son deuxième tour, contre Jaime Faria (4/6, 6/0, 6/3, 6/2 en 2h40). Les plus critiques évoqueront sans doute cette balle de break largement à sa portée à 3-3 qui lui a coûté la première manche. Mais les autres souligneront davantage sa réaction et la qualité de son jeu dans les trois suivantes (43 coups gagnants, 70% de points gagnés derrière sa deuxième balle et 24/30 au filet).

Ovationné à chaque feu d’artifice déclenché, "Carlitos" ne donne pas le sentiment de manquer de repères, de rythme ou de puissance. Bien au contraire. "Ça m’a fait beaucoup de bien de disputer quatre sets, de tester mes capacités physiques, de voir comment mon corps réagissait, comment je me sentais et comment je vais me sentir demain après avoir disputé ce match […] La compétition est un monde complètement différent des entraînements. Mais je me suis entraîné normalement, en frappant des coups droits avec beaucoup de liberté et sans penser à mon poignet. C’est la même chose pendant les matchs, quand je rentre sur le court, je dois tout donner à chaque fois. Je dois me sentir à l’aise et frapper comme je le faisais avant ma blessure. Je me sens vraiment bien et il n’y a aucune raison d’avoir peur et de ne pas frapper normalement."

Une route davantage dégagée

Autre facteur qui pousse à l’optimisme pour l’Espagnol : la disparition soudaine de plusieurs outsiders crédibles dans ce tableau messieurs. Si Alexander Zverev (n°1) est toujours debout à la suite de deux victoires marathons en cinq manches (face à Lorenzo Sonego puis Quentin Halys, après déjà près de 9h30 passées sur les courts), la partie haute a déjà fait ses adieux à Lorenzo Musetti (n°13), Rafael Jodar (n°12), Alex De Minaur (n°6) et Félix Auger-Aliassime (n°3) !

Mais avant de songer à une éventuelle finale du Murcien, il faut déjà baisser le regard vers l'autre moitié pour s’apercevoir que, là encore, plusieurs têtes d’affiche ont déjà quitté New York. La première est évidemment Novak Djokovic (n°4), dont le physique n’a pas tenu contre Mariano Navone et qui aurait pu croiser le fer avec Alcaraz dans le dernier carré. Un coup de moins bien également ressenti par Arthur Fils (n°10), éliminé à la surprise générale par Stefanos Tsitsipas alors qu’il restait sur un prestigieux sacre à Cincinnati. Si le Français avait certes fort à faire pour avancer dans la compétition, il aurait pu être un adversaire sérieux en quarts de finale.

Il reste bien sûr de nombreux joueurs capables de battre le lauréat 2025, à commencer par Yibing Wu, son prochain adversaire qui n’aura rien à perdre et évoluera assurément sans complexe. Quant à Alexander Bublik (n°15) ou Tommy Paul (n°20), ils s’affronteront également ce vendredi pour une place en huitièmes de finale. Des opposants que l’ancien n°1 mondial connait plus ou moins bien et contre lesquels il détient un bilan positif. Même cas de figure face à Daniil Medvedev (n°7), Ben Shelton (n°8) et Frances Tiafoe (n°11), désormais les mieux placés pour tenter de lui barrer la route lors des prochaines échéances.

Au vu de la fatigue globale des protagonistes du circuit et les nombreux couacs déjà entrevus à Flushing Meadows, la pause forcée de Carlos Alcaraz pourrait finalement l’aider dans sa quête, lui qui reste le plus frais de tous les joueurs encore en course. Si il est toutefois encore trop tôt pour l'affirmer, le principal intéressé reconnait aisément les problèmes liés à un calendrier très chargé... "Pour être honnête, j’ai bénéficié de plus de repos que je ne l’aurais souhaité, et je me serai bien passé d’une pause liée à une blessure, a-t-il détaillé face aux médias. Mais vu la densité du calendrier, je prendrai des pauses à l’avenir. Peut-être pas quatre mois, mais quelques semaines, en manquant certains tournois, parce que c’est impossible de tous les disputer."

Parviendra-t-il à réussir une mission qu’on lui promettait impossible ? Réponse dans les prochains jours.

➡️ Voir l’intégralité du tableau messieurs ICI