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ATP / WTA : la problématique du physique et du rythme

Alors que certains protagonistes s’apprêtent à prendre part à l’US Open à la suite d’un titre, d’autres ont déjà quitté New York à la surprise générale.

Novak Djokovic / Premier tour - US Open 2026
 - Romain Vinot

Le sol et les gradins ont déjà tremblé à l’occasion du Sunday Start de l’US Open. Programmé en session de soirée, Novak Djokovic a vécu un calvaire physique et mental avant de s’incliner face à Mariano Navone dès son entrée en lice. Un séisme qui a le mérite de mettre en garde tout le monde, y compris les récents vainqueurs de trophées sur le circuit, qui auront pour délicate mission de tenter d'enchaîner.

Djokovic, une soirée en enfer

Demi-finaliste de Wimbledon puis éliminé d’entrée à Cincinnati, Novak Djokovic avait posé ses valises dans le Queen’s avec peu de certitudes mais l’envie toujours intacte de briller sur les plus grandes scènes. Opposé à l’Argentin Mariano Navone sur le court Arthur Ashe, le Serbe s’est battu face à un adversaire entreprenant mais aussi et surtout contre un physique défaillant. Parfois apathique sur sa ligne puis victime de tremblements et de vomissements, il a même fondu en larmes au cours d’une cinquième manche aux allures de supplice, avant, comme à son habitude, de chaleureusement saluer son bourreau du soir (7/6(5), 5/7, 4/6, 6/2, 6/1 en 4h36).

Aux commandes en début de partie – bien aidé par les frappes maladroites de son opposant – "Nole" a connu une première grosse défaillance, commettant 17 fautes directes (70 au total sur la rencontre !) et passant ainsi de 4-1 à la perte du tie-break. Mais comme à maintes reprises au cours de sa carrière, il a serré les dents et sensiblement élevé son niveau de jeu pour glaner les deux manches suivantes avant de breaker dans la quatrième. "J’ai remporté le deuxième puis le troisième sets et à ce moment-là, je me suis dit que j’avais peut-être une chance, a-t-il confié en zone mixte. Je ne voulais pas abandonner, j’avais un break dans le quatrième mais en fin de compte, j’ai eu mal tout au long de la rencontre, et ce dès le quatrième jeu. Mais je ne veux pas minimiser l’importance de la victoire de Mariano, félicitations à lui, c’est un mec sympa, un vrai combattant."

Si l’arbre a donc quelque peu caché la forêt, ce qui apparaissait alors comme une simple alerte s’est transformée en véritable séisme lorsqu’il a totalement perdu le contrôle, aussi bien physiquement que psychologiquement. "Il est évident que je me sentais très mal sur le court et c’est quelque chose que j’ai malheureusement connu pratiquement à chaque match cette année, a-t-il poursuivi. Les vomissements sont un problème sérieux et ensuite, tout mon corps a commencé à lâcher, j’ai eu des crampes et d’importantes douleurs. Mon dos a fini par rendre les armes, tout comme mon épaule et je n’ai pas pu conclure […] Du point de vue de mon état physique et de mon jeu, je n’ai pris aucun plaisir, j’ai pour ainsi dire détesté chaque instant passé sur le court à cause de ça. Mais en ce qui concerne le public, c’était incroyable. Les spectateurs ont essayé de me remonter le moral dans les moments importants et je suis désolé de ne pas avoir été à la hauteur pour eux. L’amour et la reconnaissance qu’ils m’ont témoignés à la fin du match m’ont vraiment touché au cœur."

A 39 ans, Novak Djokovic n’avait plus connu une élimination au premier tour d’un Grand Chelem depuis l’Open d’Australie 2006. Après 20 ans et 78 victoires inaugurales, cette incroyable série a donc été brutalement stoppée par un joueur qui n’avait jusqu’ici remporté qu’un seul match à l’US Open. "C’est sans aucun doute la plus belle sensation que j’ai jamais éprouvée sur un court, a expliqué Navone. C’est la plus grande scène au monde, j’ai joué cinq sets face au ‘GOAT’, ce n’est pas quelque chose qui arrive tous les jours. Je suis très heureux, c’est un rêve qui devient réalité." Contre toute attente, c’est donc bien le 49e joueur mondial qui attend Stan Wawrinka ou Matteo Berrettini au deuxième tour.

➡️ Consultez tous les résultats de cette première journée ICI

Parry première, Buse confirme

Si les autres têtes de série – à l’exception de Barbora Krejcikova (n°27) et Cameron Norrie (n°29) – ont assuré leurs premiers pas, la question du rythme et de la dynamique sera bien au centre de toutes les attentions dans les prochains jours à Flushing Meadows.

Ce sera notamment le cas pour Diane Parry, engagée de dernière minute sur les courts du WTA 500 de Monterrey et qui est repartie avec un premier grand trophée dans sa besace ! Tombeuse de trois têtes de série durant son brillant parcours, dont la n°2 Elise Mertens en finale (6/4, 0/6, 6/3 en 2h31), la n°1 française va devoir se remettre de ses émotions et de sa dépense d’énergie avant d’affronter ce lundi Viktorija Golubic à New York. "J’ai vécu une semaine de folie, a-t-elle confirmé. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en disputant ce tournoi mais c’est souvent dans ces moments-là que naissent les belles histoires… Je suis très heureuse et très reconnaissante d’avoir pu vivre ça." Une aventure inattendue qui lui permet par ailleurs de devenir la première joueuse tricolore sacrée à Monterrey depuis Marion Bartoli en 2008 et de gagner 19 places (elle est désormais 31e mondiale, son meilleur classement en carrière).

De la confiance et des lauriers, c’est également avec ce doux mélange dans le baluchon qu’Ignacio Buse s'apprête à redécouvrir la ville qui ne dort jamais, un an après son élimination au premier tour contre Ben Shelton. Ce week-end, le Péruvien est devenu le plus jeune champion de l’histoire de l’ATP 250 de Winston-Salem grâce à sa victoire en finale face à Arthur Fery (6/3, 6/2 en 1h11). "C’est un moment très spécial pour moi, a-t-il humblement commenté. Avec toute mon équipe, nous avons travaillé très dur pour ça. En tant que joueurs de tennis, nous traversons parfois des moments très difficiles et je tiens également à féliciter Arthur et son entourage." Déjà lauréat de l’ATP 500 d’Hambourg il y a quelques mois, celui qui n’était que 135e mondial à la même époque l’an passé intègre le Top 30 ce lundi et nourrira forcément de grandes ambitions pour le dernier Majeur de la saison, qu’il débutera contre Marcos Giron ce mardi.