Relancer la machine après un tournoi du Grand Chelem au mieux frustrant, au pire manqué n’est pas chose aisée. C’est d’autant plus vrai à la suite d’une période de disette ou de méforme regrettable vis-à-vis d’un statut et d’un glorieux palmarès dont les mises à jour se faisaient attendre.
ATP / WTA : se souvenir des belles choses
Des visages bien connus de la discipline ont profité d’un retour sur terre ou de premiers pas sur dur pour reprendre confiance.

Tsitsipas, la lumière au bout du tunnel ?
Cela faisait 16 mois qu’il n’avait pas ressenti de telles émotions. Redescendu au 85e rang en raison de prestations à des années lumières du niveau qui était le sien lorsqu’il occupait la 3e place mondiale, Stefanos Tsitsipas s’est adjugé le 13e titre de sa carrière – le premier depuis Dubai début 2025 – sur l’ocre de Gstaad ce week-end. Tombeur sans encombre d’Ignacio Buse lors de son entrée en lice (6/4, 6/4), le Grec a ensuite enchaîné quatre victoires consécutives en trois manches, faisant preuve de ressources mentales dont il semblait privé ces dernières semaines.
Un renouveau psychologique et technique confirmé sur la dernière marche face à Raphaël Collignon, dépassé dans l’acte final alors qu’il était pourtant parvenu à recoller à un set partout au tie-break (6/4, 6/7(3), 6/3 en 2h17). "C’est une sensation incroyable, a confirmé le principal intéressé après avoir mis fin à sa très mauvaise spirale. J’ai survécu à un marathon et cette semaine a été longue, il y a eu quelques matchs fous ces derniers jours… Chaque rencontre a semblé interminable mais j’ai réussi à aller chercher la victoire à chaque fois […] Aujourd’hui, je ne pourrais pas être plus comblé et plus heureux. J’ai fait beaucoup d’efforts pour réitérer ces performances et j’ai également dû composer avec quelques douleurs ces derniers jours. Je n’aurais pas pu imaginer un meilleur résultat au début de la semaine."
Un sacre quelque peu inespéré qui permet au finaliste de Roland-Garros 2021 de remonter au 51e rang ATP et de se tourner vers le dur américain avec davantage de légèreté.
Rublev reprend goût au succès
16 mois, c’est également peu ou prou la période de disette endurée par l’un des protagonistes les plus appréciés du circuit. Déjà vainqueur de l’ATP 250 de Bastaad en 2023, Andrey Rublev y a retrouvé des couleurs ce week-end pour y soulever le 18e trophée de sa carrière, le premier depuis Doha en février 2025, donc. Plus fort que les spécialistes de la surface Andrea Pellegrino, Sebastien Baez et Alejandro Tabilo pour rallier la finale, le désormais 14e joueur mondial a récidivé face au tenant du titre Luciano Darderi, bien aidé par une mise en jeu de qualité (87% de points gagnés derrière sa première).
En maîtrise tout au long de la rencontre, il a notamment remporté cinq jeux de suite à partir de 4-4 dans l’acte inaugural pour définitivement s’envoler vers la victoire (6/4, 6/3 en 1h17). "Je me sens très bien, a-t-il humblement confié lors de son discours. Être sacré ici pour la deuxième fois est un sentiment très spécial. Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour l’instant parce que je viens tout juste de terminer mon match et je suis encore sous le coup de l’adrénaline. Je suis heureux d’avoir réussi à bien jouer cette semaine et d’avoir remporté ce tournoi."
Krejcikova met fin au rêve de Sakkari
Loin d’être épargnée par les blessures au cours d’une carrière qui l’a vue être n°2 en simple et n°1 en double, Barbora Krejcikova n’avait plus écrit de nouvelle ligne à son palmarès individuel depuis l’édition 2024 de Wimbledon. Une anomalie réparée ce week-end sur les courts en dur d’Athènes, où la Tchèque a privé Maria Sakkari d’un glorieux sacre devant son public (7/6(5, 6/3 en 1h43). Cette dernière, également de retour sur le devant de la scène, a pourtant eu des raisons d’y croire puisqu’elle a mené 4-1 dans une première manche finalement perdue au tie-break avant de réaliser le premier break dans la seconde.
Toujours fair-play et souriante avec ses pairs, la championne de Roland-Garros 2021 n’a pas manqué de prononcer quelques mots réconfortants pour son adversaire lors de la cérémonie de remise des trophées. "C’est un très grand privilège d’être à tes côtés aujourd’hui, à l’occasion d’un moment aussi historique pour toi, a-t-elle lancé. Jouer devant son public est toujours quelque chose de très spécial et je suis vraiment ravie et heureuse et que tu aies pu vivre cette expérience."
Également très solide pour se défaire de Qinwen Zheng et de Clara Tauson, Krejcikova réintègre le Top 30 (elle est 26e ce lundi) grâce à ce brillant parcours qui pourrait bien en appeler d’autres. "C’est génial et c’est vraiment une expérience unique parce que je n’avais pas ressenti ça depuis très longtemps, a-t-elle poursuivi face aux médias. Je suis simplement très heureuse et je vais désormais profiter de chaque instant."
Merida, au bonheur de l’Espagne
Ce dimanche, au terme d’une finale de Coupe du Monde remportée au bout du suspense face à l’Argentine – sous les yeux de Carlos Alcaraz et de Rafael Jodar, entre autres –, la Roja a ajouté une deuxième étoile au-dessus de son écusson. Un sacre mémorable qu’a pu célébrer Daniel Merida, tout juste auréolé d’un nouveau statut : celui de champion sur le circuit principal. A seulement 21 ans, il est en effet devenu le troisième plus jeune lauréat de l’ATP 250 de Umag, complétant un podium composé de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, excusez du peu. "Ce sont les deux meilleurs joueurs du monde, c’est incroyable de faire partie de cette liste, a déclaré le Madrilène. Bien sûr, ils sont dans un autre monde mais je vais continuer de travailler pour essayer de me rapprocher d’eux le plus possible."
A l’occasion de son septième tournoi professionnel, il a notamment pris le meilleur sur les Argentin Tomas Martin Etcheverry et Roman Andres Burruchaga avant de sceller sa grande première face à Damir Dzumhur (6/1, 5/7, 6/2 en 1h59). De quoi inaugurer son armoire à trophées et grimper de 23 places pour s’installer à la 59e place, son meilleur classement en carrière.
Un partage du bonheur espagnol que n’a malheureusement pour elle pas connu Paula Badosa du côté de Iasi. Ce lundi (le match a été reporté en raison de fortes pluies), la nouvelle 93e joueuse mondiale – sur une série de 9 victoires consécutives à la suite de son sacre au WTA 125 de Bastad la semaine précédente – a été contrainte à l’abandon en raison d’une douleur à la cuisse droite lors de la finale face à Mayar Sherif (6/4, 4-0, ab.). Grâce à ce dernier succès – après avoir notamment pris le meilleur sur Yulia Putintseva et Oleksandra Oliynykova –, l’Egyptienne a récolté ses premiers lauriers depuis quatre ans (son deuxième titre en carrière) et remonte au 72e rang !