×

WTA / ATP : une avalanche de premières

Cette semaine nord-américaine a été ponctuée de premiers couronnements.

Alexandra Eala / Photocall trophée - WTA 500 Washington
 - Marion Theissen

Un premier titre sur le circuit pour certains, une première finale dans un tournoi de cette catégorie pour un grand espoir du tennis mondial, le premier sacre de la saison pour un finaliste de Grand Chelem et de nouveaux records de précocité battus : les tournois de Washington, aux États-Unis, et Los Cabos, au Mexique, ont permis à de jeunes pousses d’éclore et de confirmer au plus haut niveau.

Eala ne s’arrête plus de marquer l’histoire

Tout avait pourtant mal commencé. À l’occasion de la deuxième finale de sa carrière – la première en 2026 – Alexandra Eala n’a pas pris le meilleur départ face à la locale particulièrement à l’aise à domicile, Jessica Pegula (six titres sur le continent nord-américain). La pluie et les orages lui ont permis de prendre le temps de remettre son jeu et ses idées en place après une interruption à 6/4, 2-1 jusqu’au lendemain. "Ces 24 dernières heures ont été complètement folles et j’ai dû m’échauffer au moins un millier de fois ! a plaisanté l’intéressée après la rencontre. C’était très difficile… Et en même temps, ça m’est très souvent arrivé, j’ai eu beaucoup de matchs arrêtés à cause de la pluie. J’ai essayé de me dire que c’était juste une interruption de plus, même si cette fois-ci, les enjeux étaient bien plus élevés."

Mission accomplie. De retour, les deux femmes ont pris leurs marques pendant quelques jeux avant que la cadette ne domine complètement les échanges à partir de 4-3 dans le deuxième set et n’empoche les neuf jeux suivants. En alternant entre puissance et précision et en s’appuyant sur les fautes directes de son adversaire, visiblement à la peine pour gérer ce (très !) long retour aux vestiaires, la gauchère a parfaitement dominé l’ultime set et n’a concédé que huit points dans ce dernier pour s’envoler vers un tout premier titre, sur sa deuxième balle de match, avant de s’effondrer de bonheur sur sa ligne de fond de court, entre rires et larmes. "J’ai essayé de prendre mon temps, d’analyser et d’apprendre de mes erreurs du premier set pour faire mieux ensuite et m’appliquer davantage et a priori ça a bien marché !" a finalement conclu la première Philippine championne sur le circuit après cette victoire 4/6, 6/4, 6/0.

C’est en 2023 qu'Alex Eala a fait ses débuts au plus haut niveau et son entrée dans le Top 200. En 2025, elle a atteint la première demi-finale de sa carrière lors du WTA 1000 de Miami et a découvert le cercle fermé du Top 100. Cette année, pour son premier tournoi sur le dur de cet American Swing, elle a de nouveau fait étalage de toutes ses qualités en ajoutant énormément de sang-froid à son attitude pour venir à bout de trois têtes de série en quatre matchs : Leylah Fernandez (n°7 et tenante du titre), Naomi Osaka (n°3) et Elina Svitolina (n°2). Quant à la joueuse la moins bien classée parmi ses récentes victimes, ne vous méprenez pas, la marche était tout aussi élevée puisqu’il s’agit de la championne olympique des Jeux de Paris 2024, Qinwen Zheng (ancienne 4e mondiale). Bref, chacune de ses adversaires sur la route de ce premier titre était soit championne en Grand Chelem, soit finaliste, soit membre constante du Top 10 et ça n’a pas perturbé outre mesure la pensionnaire de la Rafa Nadal Academy. "Au début de la semaine, je ne me serais jamais dit que je pouvais soulever ce trophée, a confié la joueuse de 21 ans. Le tableau était vraiment très relevé et en arrivant ici je savais que la compétition serait serrée. Mais j’ai pris chaque match comme un jeu d’obstacles différent à chaque fois, ça a marché et j’en suis très fière. Je pense même que je termine le tournoi dans une meilleure forme que je ne l’ai commencé. À chaque fois, j’ai continué de m’améliorer, à chaque fois, j’ai appris de nouvelles choses sur moi-même qui m’ont donné davantage confiance. C’est vraiment superbe de voir que toutes les choses sur lesquelles nous avons travaillé ces derniers temps fonctionnent à présent pendant les matchs." Désormais, c’est en tant que première Philippine pensionnaire du Top 20 qu’elle s’avancera dans les prochains tournois.

Dans le tableau masculin du tournoi américain, Taylor Fritz a renoué avec le succès en dominant Rafael Jodar – encore auteur d’une semaine qu’il n’est pas près d’oublier – en deux manches (7/6(2), 6/4 en 1h49). Après trois finales disputées cette saison (Dallas, Stuttgart et Halle), le finaliste de l’US Open 2024 s’adjuge un premier titre en 2026, le premier sur dur depuis 2024 et le premier dans une catégorie supérieure aux tournois 250 depuis Tokyo, en 2022. Une belle semaine !

S’il n’avait plus foulé les terrains depuis son élimination en quarts de finale à Wimbledon contre Alexander Zverev, l’Américain avait à cœur de briller pour son retour à la maison. D’abord impeccable lors de ses deux premiers tours, il s’est employé pour sauver une balle de match en quarts contre son compatriote Alex Michelsen, avant de se défaire de Brandon Nakashima en demies. Pour cette ultime rencontre face à l’un des plus grands espoirs du tennis actuel, l’ancien n°4 mondial a pris le dessus dans les moments clés. Celui du tie-break de la première manche, d’abord. Et l’entrée de deuxième set, ensuite, allant jusqu’à mener 3-0 pour instiller le doute dans la tête du jeune Espagnol qui est malgré tout parvenu à sauver quatre balles de match. Ce dernier a d’ailleurs été félicité par son bourreau du jour à l’issue de la rencontre : "C’était vraiment une finale serrée et accrochée. Tu fais une saison exceptionnelle à seulement 19 ans, pour ta première sur le circuit. Ce que toi et ton père vous êtes en train d’accomplir, c’est juste incroyable. Tu es tellement jeune et tu vas encore tellement t’améliorer !"

Si Taylor Fritz a pris la route du Canada avec le 11e trophée de sa carrière ce mardi, Rafael Jodar n’est pas reparti bredouille pour autant. L’Espagnol a disputé la première finale de sa carrière dans un ATP 500 et fait désormais logiquement partie du Top 20 mondial après une nouvelle semaine impressionnante (victoires contre Fils et Musetti, notamment).

Dans la cour des grands

Comme Quentin Halys et Luca Van Assche la semaine précédente, Arthur Gea est devenu le troisième français en deux semaines à soulever son premier titre ATP. Il y a quelques jours encore, en arrivant au Mexique, il ne comptait que trois victoires sur le circuit principal dans sa besace. Dimanche dernier, après avoir enchaîné cinq succès, dont l’élimination d’un membre du Top 20 (Francisco Cerundolo) et du tenant du titre (Denis Shapovalov) en finale, il a définitivement marqué les esprits. Pour sa toute première finale sur le circuit, il n’a eu besoin que d’1h29 pour s’imposer face au Canadien (6/3, 6/4) après avoir sauvé quatre balles de break dans le premier set. En conservant aisance et assurance dans la deuxième manche, il a breaké dès le troisième jeu pour ne plus relâcher son avance.

Grâce à ce succès, le natif de Carpentras est devenu le plus jeune champion de l’histoire du tournoi à 21 ans et s’élève au rang de 82e joueur mondial cette semaine grâce à un bond de 41 places. "Toutes les émotions que je ressens à présent sont vraiment incroyables ! C’est tellement exceptionnel que je ne peux pas le décrire, je peux juste dire que c’est fou !", a déclaré ce grand fan de Rafael Nadal après son succès.

Plus jeune encore : Kristina Liutova est devenue la semaine dernière la première joueuse née dans les années 2010 à être sacrée sur le circuit féminin. Avant le WTA 250 de Memphis, cette jeune pépite de 16 ans n’avait encore jamais joué un match de qualification sur le grand circuit ou même affronté une pensionnaire du Top 100. Tombeuse notamment d’Ekaterina Alexandrova, Maya Joint ou encore Caty McNally, elle évolue désormais dans la cour des grandes. "Cette victoire représente tellement, ça me donne envie de continuer. J’espère pouvoir garder cette forme et continuer de travailler avec mes objectifs en ligne de mire", a confié la désormais 126e joueuse mondiale.