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ATP / WTA : satisfaction individuelle, bonheur collectif

Un brillant back-to-back et un excellent travail d’équipe au menu des réjouissances !

Holger Rune / Rencontre Danemark vs Bulgarie - Coupe Davis 2026
 - Romain Vinot

Alors que les quatre tournois du Grand Chelem ont livré leur verdict lors de cet exercice 2026, la saison est loin d’être terminée pour les nombreux protagonistes des plus belles échéances de l’année. Avant d’entamer une tournée asiatique toujours très riche en enseignements, Iva Jovic a ainsi ravivé ses très bons souvenirs du Mexique pendant que les stars du circuit ATP ont fièrement porté les couleurs nationales en vue d’une qualification pour l'élite ou pour le Final 8 de la Coupe Davis.

Jovic, le sombrero lui va si bien

Il y a un an, presque jour pour jour, Iva Jovic – plus jeune membre du Top 100 de l’époque – s’adjugeait, à 17 ans et 283 jours, le premier titre WTA de sa carrière à Guadalajara, au terme notamment de trois succès acquis en trois manches. Idéal pour se faire un nom, grimper dans la hiérarchie et récompenser avec talent et caractère son impressionnante précocité. Depuis, l’Américaine a brillé sur les plus grandes scènes mondiales, disputant notamment les quarts de finale à l’Open d’Australie et les huitièmes, à Wimbledon et l’US Open.

De retour sur les terres de ce premier grand succès, la tête de série n°2 n’a cette fois pas laissé place au suspense pour remettre les mains sur son précieux trophée. Victorieuse de ses quatre rencontres sans perdre le moindre set, elle a conclu son parcours immaculé en prenant le meilleur sur sa compatriote Peyton Stearns sur la dernière marche (6/4, 6/2 en 1h26), sans avoir à sauver la moindre balle de break. "C’est incroyable d’être de retour ici avec ce magnifique trophée et ce sombrero, j’adore cet endroit, a-t-elle lancé. Je suis très heureuse des progrès réalisés tout au long de l’année, j’ai montré que je suis une meilleure joueuse, plus complète, que je ne l’étais l’an passé à la même époque."

Bien visibles sur le court, ses progrès le sont aussi dans la hiérarchie puisqu’elle occupe désormais le 13e rang mondial, son meilleur classement.

Rune, héros du Danemark

Un an, c’est environ ce qu’a dû attendre Holger Rune avant de pouvoir reprendre part à un match en compétition. Victime d’une rupture du tendon d’Achille en octobre 2025, le Danois a suivi toutes les étapes de la convalescence, ne manquant pas d’informer ses fans de l’évolution de sa blessure, à l’aide de vidéos tantôt cocasses, tantôt émouvantes. 335 jours après sa dernière sortie officielle, le vainqueur du Rolex Paris Masters 2022 a repris du service ce week-end, pour permettre à son pays de retrouver l’élite en Coupe Davis, aux dépens de la Bulgarie.

Vainqueur de ses deux rencontres en simple, dont un thriller face à Grigor Dimitrov (3/6, 6/3, 7/6(4)), l’acteur principal de cette confrontation n’a pas pu cacher son enthousiasme d’être définitivement de retour. "C’est vraiment nul de se blesser et je ne souhaite à personne de traverser une telle épreuve, a-t-il confié. Mais on en tire beaucoup d’enseignements. J’apprécie davantage le tennis aujourd’hui et la vie que je mène. J’ai la chance incroyable de pouvoir vivre mon rêve, simplement en pratiquant ce sport. Ça m’a aussi rendu plus fort mentalement parce que si la blessure n’est pas parvenue à me briser, alors rien ne le pourra. Si je peux revenir plus fort après ça, alors je peux tout gérer. Il n’y a aucun adversaire sur le court qui puisse être aussi difficile à affronter que ce que je viens de traverser."

Rendez-vous à Bologne

Triple tenante du titre, l’Italie connaît désormais l’intégralité des équipes qu’elle accueillera à Bologne du 24 au 29 novembre. Sacré pour la deuxième fois de sa carrière en Grand Chelem – trois mois seulement après son premier titre à Roland-Garrosà l’US Open, Alexander Zverev a parfaitement tenu son rang à domicile face à la Croatie. Impérial face à Ivan Dodig puis Dino Prizmic, le n°2 mondial a profité de l’ambiance et peut encore rêver d’un sacre collectif après son incroyable saison individuelle. "Disputer la Coupe Davis devant nos supporters, c’était incroyable, a-t-il analysé depuis Halle. C’est exactement ce que cette compétition représente à mes yeux. Nous avons une équipe solide qui mérite de participer à cette phase finale."

Sa dernière victime à Flushing Meadows n’a pas connu le même résultat avec les Etats-Unis. Aligné à deux reprises en simple, Ben Shelton s’est incliné face à Jakub Mensik et Jiri Lehecka. Ce dernier, également intouchable contre Learner Tien, a grandement participé à la très grosse surprise de ce week-end. "Ces deux victoires sont tellement importantes pour moi, a réagi le 23e mondial. J’ai dû surmonter des moments difficiles mais la Coupe Davis repose sur un travail collectif. Je n’aurais pas eu la chance de faire la différence dans le dernier match si l’équipe n’avait pas effectué le travail tout au long du week-end. C’est un effort collectif et ça compte beaucoup plus que d’être érigé en héros national."

Être encouragé par tout un peuple, c’est également l’agréable sensation vécue par Félix Auger-Aliassime face à la France. Tombeur de Quentin Halys puis d’Arthur Rinderknech dans le match décisif malgré la perte du premier set, le natif de Montréal peut encore rêver d’un nouveau sacre, lui qui avait soulevé le Saladier d’argent il y a quatre ans. A noter également les succès aisés de l’Espagne (4-0 face au Chili), de la Grande-Bretagne (4-0 face à l’Equateur) et de l’Autriche, qui a créé une autre petite sensation contre la Belgique de Zizou Bergs (3-1).

Enfin, pour la première fois de son histoire, la Corée du Sud disputera la phase finale grâce à son excellente performance aux dépens de l’Inde (3-1). Soonwoo Kwon et Hyeon Chung ont enfilé leur plus belle cape pour offrir la qualification aux très nombreux amateurs de la discipline dans leur pays. Des réussites individuelles métamorphosées en immense bonheur collectif, tel est le véritable esprit de la Coupe Davis…