La désormais célèbre tournée asiatique automnale s’est conclue par un bouquet final aussi surprenant que qualitatif dont les champions et finalistes se rappelleront longtemps. Ces nouvelles stars des circuits WTA et ATP vont désormais pouvoir se tourner vers l’Europe avec le sentiment du devoir pleinement accompli et la volonté chevillée au corps de faire encore mieux.
WTA / ATP : un très grand pas en avant
Ce week-end, Maja Chwalinska et Alejandro Davidovich Fokina ont brisé un nouveau plafond de verre en remportant le premier tournoi de catégorie 1000 de leur carrière.

Chwalinska frappe (encore) très fort
Définitivement, elle ne fait pas les choses à moitié. Finaliste de l’édition 2026 de Roland-Garros alors qu’elle n’avait précédemment jamais dépassé le stade du deuxième tour en Grand Chelem, Maja Chwalinska a ouvert son palmarès ce dimanche en remportant… le WTA 1000 de Wuhan ! Un accomplissement majeur pour une première, seulement réussi avant elle par Naomi Osaka, Bianca Andreescu et Victoria Mboko depuis la création de cette catégorie en 2009.
Cette grandiose confirmation est d’autant plus savoureuse pour la troisième joueuse polonaise de l’histoire sacrée en 1000 (après Agnieszka Radwanska et Iga Swiatek) qu’elle intervient après une période plus délicate durant laquelle elle a notamment été éliminée dès son entrée en lice à Wimbledon, l’US Open ou encore à Toronto et Pékin. "Ça compte énormément pour moi, je dois avouer que c’est une sensation très sympa, a-t-elle confirmé en conférence de presse à l’issue de la finale. Je ne réalise pas encore totalement que j’ai gagné. Je vais avoir besoin de quelques jours pour digérer tout ça ! C’est forcément très spécial parce qu’après mon parcours à Roland-Garros qui était incroyable, j’ai traversé des moments plus difficiles. J’ai aussi l’impression que les gens ont été assez durs avec moi et ça m’a affectée parce que je suis avant tout un être humain. C’était compliqué mais j’ai continué à énormément travailler et je suis simplement reconnaissante que mes efforts aient porté leurs fruits."
Renversante lors de son deuxième match face à Marie Bouzkova (1/6, 6/1, 6/1), Chwalinska a poursuivi son victorieux parcours en s’imposant face à Iva Jovic, Maria Sakkari puis Iga Swiatek. Contre sa glorieuse compatriote, elle a notamment sauvé deux balles de premier set et remporté quatre jeux de suite pour s’imposer en deux manches (7/5, 6/1).
Opposée à la grande surprise Sonay Kartal sur la dernière marche, elle a de nouveau connu un début de partie compliqué au point d’être menée d’un set et d’un break avant de totalement inverser la situation (2/6, 6/4, 6/2 en 2h43). "J’étais à court d’énergie mais il faut aussi dire que Sonay a joué de manière exceptionnelle, a analysé la championne. Elle m’a empêchée de jouer mon meilleur tennis donc tout le mérite lui revient. Progressivement, j’ai retrouvé mon jeu et j’ai pu être beaucoup plus agressive. J’ai retrouvé de la longueur de balle et je suis fière de m’être battue pour l’emporter."
A 25 ans, la finaliste Porte d’Auteuil confirme donc avec brio son éclosion tardive après plusieurs années passées davantage dans l’anonymat d’un circuit toujours plus exigeant. Un conte de fées dont elle profite pleinement et qu’elle justifie par le travail et la confiance en ses capacités tennistiques et mentales. "Je ne suis pas très forte physiquement, j’ai toujours été plus lente que les autres donc j’ai dû compenser en développant d’autres atouts, a-t-elle expliqué. Je savais que je devais faire preuve d’un peu plus d’intelligence, par exemple en utilisant davantage la géométrie du court pour faire courir mes adversaires. J’essaie toujours d’exploiter tous les angles et chaque centimètre du terrain […] Je ne prédis pas l’avenir donc je ne sais pas ce qu’il me réserve. Mais je suis très reconnaissante d’en être arrivée là aujourd’hui. J’ai commencé la saison autour de la 140e place mondiale et mon objectif était d’intégrer le Top 100. Je m’en suis plutôt bien sortie mais j’ai aussi le sentiment qu’il me reste énormément de choses à améliorer et c’est ce qui me pousse à continuer de travailler !"
Ce lundi, Maja Chwalinska occupe le 11e rang mondial tandis que son adversaire en finale – tombeuse d’Anna Kalinina, Belinda Bencic, Jasmine Paolini, Elina Svitolina et Jelena Ostapenko – a fait un bond de 120 places pour retrouver le Top 50, après avoir manqué six mois de compétition entre mars et octobre en raison d’une blessure au dos. Définitivement, Wuhan avait décidé de faire la part belle aux superbes histoires cette année.
On n’arrête plus "ADF" !
En termes de blessures et de désillusions, Alejandro Davidovich Fokina en connaît un rayon. Mais il a lui aussi vécu un parcours féérique en Asie. Arrivé sur le continent après deux mois sans jouer en raison de douleurs au dos, il est reparti ce lundi avec une dixième victoire (pour une seule défaite), son meilleur classement en carrière (13e) et deux titres dans sa besace ! Déjà vainqueur à Chengdu il y a trois semaines, il a soulevé le plus beau trophée de sa carrière au Masters 1000 de Shanghai, tournoi qui avait sacré Valentin Vacherot face à son cousin Arthur Rinderknech l’an passé.
A l’occasion de cette nouvelle édition, la famille n’a pas été au centre des débats mais un pays a alimenté toutes les discussions. Malgré l’élimination de Carlos Alcaraz par Zizou Bergs dès le troisième tour, deux Espagnols se sont taillé la part du lion en atteignant la dernière marche au prix de succès aussi convaincants que marquants. Finaliste malheureux pour la première fois de sa carrière dans un tournoi de cette catégorie, Rafael Jodar a réalisé pas moins de quatre remontadas consécutives (face à Thiago Agustin Tirante, Jiri Lehecka, Botic Van de Zandshulp et Casper Ruud) avant de prendre le meilleur sur Daniil Medvedev. De son côté, "ADF" a sauvé une balle de match contre Frances Tiafoe avant de renverser Hubert Hurkacz et surtout, Alexander Zverev dans le dernier carré !
Pour sublimer leur folle aventure, les deux compatriotes ont livré une intense bataille, finalement remportée par l’ainé non sans avoir accusé un retard d’un set et d’un break (1/6, 7/6(5), 6/4 en 2h28). "Aujourd’hui, j’étais plus tendu, plus nerveux, a admis le champion. Rafael a très bien commencé la rencontre, je n’ai trouvé aucune ouverture pour inscrire un point gagnant lors de la première manche. Il était partout mais j’ai continué à croire en moi pour trouver le moyen de le déstabiliser. Je savais que ça n’allait pas être facile pour lui non plus, qu’il ne serait pas imperméable à la nervosité et qu’il allait peut-être commettre quelques fautes… Il fallait que je sois présent, que je continue à y croire sur chaque balle et que j’essaie de le faire courir au maximum. Jouer physique, c’était la clé du match et ma seule chance de m’en sortir."
Battu lors de ses cinq premières finales sur le circuit au terme de scénarios bien souvent déchirants, Davidovich Fokina avait conjuré le sort un peu plus tôt dans l’année à Majorque avant donc de reprendre son irrésistible marche en avant fin septembre. Une ascension encore à peine croyable pour le principal intéressé. "Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que j’ai accompli lors de cette tournée chinoise, a-t-il conclu. Je n’aurais jamais pensé pouvoir gagner deux titres après deux mois d’absence. Je suis très heureux et je veux remercier mon équipe qui m’a toujours poussé. Quand j’étais chez moi, c’était vraiment difficile et ils m’ont mis la pression ! Ils savaient que j’étais capable d’accomplir de grandes choses et je leur suis très reconnaissant d’avoir cru en moi […] Je ne veux pas penser à la semaine prochaine, je veux juste profiter et célébrer avec mon équipe et retrouver ma femme et ma famille."
Les jours qui viennent ne devraient toutefois pas être de tout repos pour le 13e mondial, qui tentera de poursuivre sa formidable épopée en Europe. Même son de cloche du côté de Jodar, désormais 11e au classement et surtout aux portes d’une première participation aux Finales ATP de Turin. Les prochaines échéances s’annoncent savoureuses…