La belle semaine de "Jpeg", la finale express d’Alcaraz, le premier titre d’Etcheverry ou encore la dernière marche 100% américaine de Delray Beach : voici ce qu’il ne fallait pas manquer sur la planète tennis la semaine dernière.
WTA/ATP : la régularité de Pegula, Alcaraz sur un nuage
Titrée pour la première fois de la saison, Jessica Pegula a ajouté un WTA 1000 à son palmarès.

Une histoire de constance
Depuis septembre 2025, elle s’est habituée aux derniers carrés. L’US Open, Wuhan, les Finales WTA, Brisbane ou encore l’Open d’Australie : Jessica Pegula s’est au moins hissée en demi-finales des six derniers tournois qu’elle a disputé (dont une finale en Chine). Sans jamais repartir avec le trophée. Ce samedi, à Dubaï, l’Américaine a conclu une belle semaine de tennis en s’imposant face à Elina Svitolina sur la dernière marche (6/2, 6/4 en 1h12) pour ajouter un quatrième titre dans cette catégorie à son palmarès qui compte désormais dix lignes.
Si "Jpeg" a concédé les trois premiers points de la partie, elle a ensuite glané les dix suivants pour rapidement mener 3-0 et prendre les commandes d’une première manche remportée en 34 minutes. Plus agressive, c’est elle qui a dicté le jeu, malgré un deuxième set plus accroché, concluant sur un ace pour sa deuxième balle de match. "Je suis très heureuse de repartir d’ici avec le titre. Je joue un très bon tennis depuis six mois environ et j’espérais vraiment que mon travail finirait par porter ses fruits, a expliqué l’intéressée en conférence de presse. Je suis heureuse d’aller loin dans ce genre de tournois, j’ai su me donner une chance d’y parvenir cette semaine encore. En plus, je sortais d’un match compliqué en demies et je suis ravie d’avoir joué le match presque parfait ce samedi."
Le travail fini par payer
Bousculée en quarts de finale (contre Clara Tauson 6/3, 2/6, 6/4) et en demies (face à sa compatriote Amanda Anisimova 1/6, 6/4, 6/3), la finaliste de l’US Open 2024 s’est imposée face à quatre joueuses du Top 20 cette semaine. "Je suis contente de mon jeu en général, a détaillé celle qui n’a jamais cessé de vouloir s’améliorer. Mes déplacements sont bien meilleurs : je ne travaille pas spécialement sur le fait d’aller plus vite, mais je recherche la fluidité entre mes coups."
Autre secteur en net progrès : le service (avec par exemple 85% de points gagnés derrière sa première dans la deuxième manche de cette finale). "Je travaille dessus depuis que j’ai commencé avec les deux Mark il y a quelques années (Knowles et Merklein, ndlr). J’ai le sentiment de progresser un peu plus chaque mois et je le prouve dans ce genre de match, face à une joueuse qui retourne si bien. C’était important de bien servir, ça m’a aidé à prendre des points plus facilement, à l’image de cette balle de match."
À presque 32 ans (elle fêtera son anniversaire ce mardi), Jessica Pegula a prouvé une nouvelle fois toute sa force à travers son travail et son abnégation. "Si je devais mettre un terme à ma carrière maintenant, je ne voudrais avoir aucun regret. J’ai prouvé qu’on peut y arriver, même sur le tard, a encore ajouté la dixième américaine à remporter ce titre. Je crois que je n’ai pas vraiment percé avant mes 24, 25 ans, ce qui peut sembler tard aujourd’hui. Mais j’ai prouvé le contraire aux gens qui pensaient ça, j’ai montré que j’étais une athlète de haut-niveau à cet âge-là. J’ai atteint la finale de tournois du Grand Chelem, je suis allée loin dans les plus grandes compétitions, j’ai gagné des titres, je me suis hissée jusqu’à la 3e place mondiale. Il y a vraiment de quoi être fière." Il ne lui manque plus que l’un des quatre titres les plus prestigieux du monde : "Mon dernier grand objectif, c’est bien sûr de gagner un Grand Chelem. J’ai besoin de continuer d’accumuler de la confiance et de gagner des titres comme celui-ci pour progresser encore."

Alcaraz l’invincible
Oui, il a encore prouvé cette semaine qu’il n’avait pas fini de nous impressionner. À Doha – où il s’était incliné en quarts de finale lors de son unique apparition en 2025 –, Carlos Alcaraz a encore fait monter d’un cran notre perception d’un niveau de jeu élevé.
Face à Arthur Fils sur la dernière marche, l’Espagnol a fait étalage de tout son talent. Et si le Français n’a pas démérité, au terme d’une campagne particulièrement prometteuse après un retour très récent sur le circuit, le Murcien ne lui a pas laissé la moindre chance : il n’a perdu que trois jeux et seulement six points sur son service (6/2, 6/1 en 50 minutes). "Je crois que j’ai vraiment joué de manière exceptionnelle aujourd’hui. J’étais vraiment concentré sur mon niveau, dès le début du match. J’ai été très solide : agressif quand je le pouvais et défensif quand je le devais. Je pense que c’est grâce au bon mélange des deux que j’ai gagné, a-t-il analysé après la rencontre avant de rendre hommage à son adversaire : Arthur n’a repris le jeu que depuis quelques mois. Il a joué deux tournois avant d’arriver en finale ici, en battant des gars vraiment très solides. Je suis certain qu’il va retrouver le niveau nécessaire pour être parmi les meilleurs."
En plus d’accumuler les victoires, les titres et les prestations remarquables, le plus jeune joueur à avoir réussi le Grand Chelem en carrière se défend bien aussi lorsqu’il s’agit d’inscrire son nom sur des listes de statistiques en tout genre. Invaincu en 2026, il est sur une série de 12 victoires consécutives cette année (il atteint même le total de 29 succès de suite sur dur extérieur en étant invaincu depuis avril dernier). Grâce à ce trophée mythique en forme de faucon ajouté à son armoire, il est également devenu le 5e joueur à gagner au moins neuf tournois dans cette catégorie après… le Big 4 (Federer (16), Nadal (15), Djokovic (14) et Murray (9)). Des chiffres qui pourraient donner le tournis, mais pas au double champion de Roland-Garros, qui garde son sourire contagieux et sa soif de poursuivre son apprentissage : "Pour moi, le succès ce n’est pas seulement les trophées. C’est aussi une question de savoir comment vous vous sentez sur le court. Je suis fier de ce que je produis j’apprends de chaque match, sur et en dehors du court. J’apprends à chaque instant, de tout ce qui m’arrive dans la vie. J’essaie de grandir en tant que joueur mais aussi en tant que personne, d’être plus mûr. Je fais en sorte d’aimer ce que je vois quand je me regarde. Je pense que c’est ça les vraies victoires et c’est pour ça que je suis très fier de ce que je fais sur le court et que je fais en sorte de toujours prendre du plaisir."
Sept heures pour un titre
Les plans des organisateurs du tournoi de Rio, au Brésil, ont été fortement contrariés par la pluie le week-end dernier. Pas ceux de Tomas Martin Etcheverry. L’Argentin a brillamment enchaîné sa demi-finale (victoire 4/6, 7/6(2), 7/6(4), contre Vit Kopriva) puis sa finale face à Alejandro Tabilo (3/6, 7/6(3), 6/4 en 3h04) en plus de sept heures de jeu lors de la même journée. "C’est un rêve qui devient réalité, a déclaré celui qui n’avait encore jamais remporté le moindre tournoi sur le circuit. J’ai travaillé tellement dur avec mon équipe. J’ai déjà perdu mes trois finales précédentes donc c’était forcément dans un coin de ma tête. Mais je n’ai pas manqué ma chance cette semaine, malgré les conditions difficiles et la pression de devenir champion pour la première fois." Après Sebastian Baez en 2024 et en 2025, un Argentin s’empare une nouvelle fois du trophée brésilien.
Korda remporte le duel américain
Face à Tommy Paul (n°5), Sebastian Korda a remporté son troisième titre sur le circuit, au terme d’une finale 100% américaine largement dominée par le plus jeune des deux protagonistes (6/4, 6/3 en 1h22). Une semaine réussie pour le finaliste de l’édition 2021 du tournoi floridien, puisqu’il s’est également défait de deux têtes de série classées dans les cinq premiers en route pour la finale (Casper Ruud, n°2, en quarts et Flavio Cobolli, n°3, en demies). "Les derniers mois et les dernières années n’ont pas été évidents pour moi. J’ai perdu beaucoup de matchs et je suis très heureux de m’imposer ici, a déclaré l’ancien 15e joueur mondial qui n’avait pas joué entre Roland-Garros et Winston-Salem en 2025. En plus, c’est à Delray Beach que j’ai joué ma toute première finale sur le circuit, donc la boucle est bouclée !" Grâce à ce succès, il retrouve le Top 40 ce lundi. De bon augure, à l’aube de son entrée en lice à Acapulco.