Une semaine seulement après les sacres d’Elena Rybakina et de Carlos Alcaraz sur la Rod Laver Arena de Melbourne Park, des visages plus ou moins familiers des circuits WTA et ATP ont repris leur marche en avant, inscrivant leur nom au palmarès de tournois qui comptent dans une carrière.
WTA / ATP : Bejlek se fait un nom, FAA comme à la maison
A tout juste 20 ans, la Tchèque s’est offert le plus beau des cadeaux en soulevant le trophée à Abou Dhabi.

Les grandes premières de Bejlek
Abu Dhabi aime les belles histoires. Un an après le sacre de la wild-card Belinda Bencic – sous les yeux de sa fille Bella, née dix mois auparavant – c’est une jeune joueuse issue des qualifications qui a raflé la mise ce week-end ! A l’occasion de son deuxième tournoi WTA 500, Sara Bejlek a remporté sept matchs en huit jours (dont six sans perdre le moindre set !) afin de glaner son premier titre sur le circuit principal. Tombeuse de Jelena Ostapenko au deuxième tour, elle est ensuite parvenue à se défaire, pour la première fois de sa carrière, de deux membres émérites du Top 20, dans le dernier carré puis en finale.
Au lendemain de son succès marathon face à la tête de série n°3 Clara Tauson (7/5, 3/6, 7/5 en 2h49), elle a parfaitement enchaîné contre la tête de série n°2, Ekaterina Alexandrova (7/6(5), 6/1 en 1h39). "Mon entourage m’a toujours dit que je ne devais avoir peur de personne, a-t-elle expliqué à l’issue de cette dernière rencontre. Je savais que je pouvais jouer contre les meilleures joueuses du monde mais maintenant je sais qu’avec de l’entraînement et tout le reste, je peux les battre. Dans le tennis féminin, tout est une question de mentalité."
A l’issue d’un premier set très disputé en finale, au cours duquel elle a notamment remporté cinq des six derniers points du tie-break, la gauchère – qui a soufflé sa 20e bougie samedi dernier – a totalement maîtrisé la deuxième manche, face à une adversaire visiblement diminuée physiquement. "Au début du jeu décisif, j’étais assez nerveuse parce que j’avais eu deux balles de set un peu plus tôt et la pression était davantage sur mes épaules, a-t-elle poursuivi. Mais à ce moment-là, j’ai réussi à retrouver mon calme et j’ai continué d’y croire." Une attitude qui ne fait que confirmer son impressionnante maturité et qui se marie parfaitement avec son intelligence de jeu. Opposée à une joueuse plus grande et plus puissante depuis sa ligne de fond de court, Bejlek a multiplié les slices et les balles courtes pour contraindre Alexandrova à bouger davantage et à se rapprocher du filet avant de finir les points grâce à des lobs ou des passings intouchables. "C’est fou comme je suis petite, s’est amusée la championne d’1m59. Mais j’utilise ma vitesse et quand j’ai l’occasion de frapper fort, je le fais ! Je joue au tennis en me basant sur ce que je ressens à chaque instant."
Une semaine couronnée de succès qui propulse la championne de la catégorie double juniors de Roland-Garros 2022 à la 38e place mondiale ce lundi. Une progression logique mais longtemps ralentie par les blessures alors qu’elle avait déjà brillé au WTA 1000 de Madrid en 2024 (huitième-de-finaliste) puis en prenant le meilleur sur Marta Kostyuk l’an passé lors de son entrée en lice Porte d’Auteuil. "Ça représente tellement pour moi… C’est le fruit de tout le travail acharné accompli par mon équipe et moi-même ces dernières semaines voire ces derniers mois ou ces dernières années. Nous avons connu des difficultés lors des deux précédentes saisons mais je suis très heureuse de notre gestion de la situation. Nous avons réussi à tirer le meilleur de ces périodes délicates, a-t-elle conclu.
Grâce à ce titre et ces grandes premières, Sara Bejlek s’inscrit déjà dans la grande tradition des joueuses tchèques qui trustent les hautes sphères du classement et qui brillent semaine après semaine partout dans le monde. Et ce n’est que le début…
Boulter renversante, Cirstea dans un rêve
A Ostrava justement, Katie Boulter s’est adjugée le 4e sacre de sa carrière, le premier depuis Nottingham en 2024. Opposée sur la dernière marche à Tamara Korpatsch, la Britannique est montée en puissance après la perte de la première manche, ne lâchant que trois jeux dans les deux suivantes afin de réaliser un magnifique come-back (5/7, 6/2, 6/1 en 1h59 minutes). Déçue par une saison 2025 quelque peu insipide et par une défaite dès le premier tour de l’Open d’Australie face à Belinda Bencic, l’ex-27e retrouve le Top 100 (elle pointe désormais à la 84e place mondiale) et se relance pleinement, à l’aube d’attaquer les deux premiers tournois WTA 1000 de la saison, à Doha puis Dubaï.
Sa compatriote Emma Raducanu n’a en revanche pas connu la même réussite en finale du tournoi 250 de Cluj-Napoca. En Roumanie, la championne de l’US Open 2021 a été balayée par la chouchou du public, Sorana Cirstea (6/0, 6/2 en 1h03). A l’occasion de sa dernière saison professionnelle, la Roumaine de 35 ans a vécu une semaine de rêve, infligeant la bagatelle de trois bagels sans concéder la moindre manche. "Que quelqu’un me pince s’il vous plaît, c’est un rêve qui devient réalité, a-t-elle déclaré à l’issue de la finale. Je n’arrive toujours pas à croire que je soulève le trophée de championne à Cluj. Je suis tellement heureuse et reconnaissante de ce que j’ai vécu cette semaine, je n’ai pas les mots […] C’est très spécial pour moi, c’est ma dernière année après 20 ans de carrière, je vais prendre ma retraite en étant heureuse grâce à ce succès."
Un 4e trophée sur le circuit remis des mains de la légende Simona Halep, qui permet également à Cirstea de grimper au 31e rang mondial.
Auger-Aliassime, prince d’Occitanie
Contraint à l’abandon lors de son entrée en lice à Melbourne, Félix Auger-Aliassime a refait un bond en avant sur les courts de Montpellier. Tombeur de Stan Wawrinka, Arthur Fils – qui fêtait son grand retour à la compétition – puis Titouan Droguet, le natif de Montréal s’est montré particulièrement solide au service pour se défaire d’Adrian Mannarino en finale (6/3, 7/6(4) en 1h36). Auteur de 13 aces, il n’a pas eu à écarter la moindre balle de break et a bouclé sa rencontre avec 87% de points gagnés derrière sa première ! "Adrian est toujours un adversaire très coriace pour tous les joueurs et c’est pour cela qu’on a autant de respect pour lui et pour le défi qu’il représente sur le court, a salué le désormais double champion de l’Open d’Occitanie lors de son discours. Je suis très heureux, c’est une émotion incroyable de gagner de nouveau ici. Je suis ravi de ma semaine dans l’ensemble et plus particulièrement de cette dernière journée."
Un glorieux back-to-back synonyme de 9e titre en carrière pour le Canadien, qui efface ainsi Milos Raonic des tablettes en devenant le représentant de son pays le plus titré de l’ère Open. Sacré à trois reprises en 2025 et auteur d’une fin de saison éblouissante – marquée notamment par une demie à New York, une finale au Rolex Paris Masters et une participation au Masters de Turin – le désormais 6e joueur mondial confirme pleinement son renouveau et espère poursuivre sur sa lancée dès cette semaine à Rotterdam, où il sera tête de série n°2.