Début du printemps oblige, la majorité des tournois prennent la direction du soleil et de l’ocre et marquent le début de la saison sur terre battue. Cette semaine, à Marrakech, Bucarest, Houston (ATP) ou encore Charleston (WTA), de nombreux membres des différents circuits ont pu prendre leurs marques à quelques semaines de la deuxième levée du Grand Chelem de la saison, à Roland-Garros.
ATP / WTA : Jodar en héritier, Pegula conserve la couronne à Charleston
Quatre protagonistes ont particulièrement marqué les esprits la semaine dernière sur les circuits ATP et WTA.

Dans la lignée du tennis espagnol
Si le nom de Rafael Jodar ne vous est pas totalement inconnu, c'est normal. Il résonne depuis quelques mois déjà dans le monde du tennis. Du haut de ses 19 ans, l’Espagnol a participé au tournoi ATP Next Gen l’an passé juste après être devenu professionnel et quelques semaines avant de se hisser pour la première fois dans le tableau principal d’un tournoi du Grand Chelem (deuxième tour, après être sorti des qualifications). Mais cette semaine, au Maroc, ce grand fan de Rafael Nadal a frappé un grand coup en remportant son premier trophée sur le circuit, à l’occasion de sa première sortie officielle sur terre battue. "C’est incroyable, je n’ai pas les mots pour décrire ce que je ressens en ce moment", a-t-il tenté de résumer après la finale.
Après une première performance remarquée à l’occasion des huitièmes de finale (victoire face à Tomas Machac, tête de série n°4, 6/4, 4/6, 6/3), il s’est aisément défait du qualifié Marco Trungelliti en finale, autre invité surprise de cette dernière marche (6/3, 6/2 en 1h09). "Je suis très heureux de ma semaine. C’était mon tout premier tournoi sur terre battue et je savais que le début et la mise en place serait difficile. Mais j’ai toujours eu envie de faire de mon mieux et c’est ce que j’ai fait tout au long de la semaine," a-t-il conclu en conférence de presse.
En effet : il y a un an presque jour pour jour, le Madrilène pointait à la 911e place du classement ATP. Ce lundi, il est 57e. Le premier "teen" à remporter le tournoi marocain doit notamment son essor à sa formation, à l’Université de Virginie, aux États-Unis. "Ça a été une très belle année pour moi, j’ai pu me développer et améliorer grandement mon niveau de tennis. J’ai aussi appris à gérer l’équilibre entre les cours et le circuit professionnel. Ça a été une belle transition."
Et en attendant de pouvoir prouver davantage de quel bois il se chauffe, le jeune droitier a déjà inscrit son nom à la suite des plus grands de son sport : en soulevant ce trophée, il est devenu le deuxième joueur né après 2006 à remporter un titre sur le circuit principal après Joao Fonseca. Mieux : il est également devenu le sixième espagnol de l’ère Open à remporter un trophée avant ses 20 ans, après Rafael Nadal, Carlos Alcaraz, Carlos Moya, Juan Carlos Ferrero et Tommy Robredo. Vivement la suite !
Et puisqu’une première n’arrive jamais seule, Mariano Navone aussi s’est emparé de son premier titre sur le circuit cette semaine. Du côté de Bucarest cette fois-ci, l’Argentin a dû batailler pour se hisser jusqu’en finale – la troisième de sa carrière après Rio de Janeiro et Bucarest en 2024 – et s’imposer en 2h17 contre Daniel Merida (contre 6/2, 4/6, 7/5) en convertissant sa 3e balle de match.
Impressionnant depuis le début de la semaine, cet ancien membre du Top 30 s’est notamment défait de Botic Van de Zandschulp dans le dernier carré après avoir sauvé deux balles de match dans une longue bataille de 3h30. Mais la force mentale a fait la différence pour lui cette fois-ci : "J’ai perdu de nombreuses rencontres comme celles-là par le passé mais samedi, c’était très spécial. J’ai réussi à tout mettre dans mon jeu et mon état d’esprit à ce moment a été très important." Sur un nuage, il s’est confié pour l’ATP et a notamment insisté sur l’importance de la réalisation de cette ambition de toujours : "J’en rêve depuis que je suis enfant ! Quand vous êtes jeune, vous regardez des matchs sur le circuit et vous vous dites "je veux devenir Djokovic !". Bien sûr, aujourd’hui, je ne suis pas Djokovic, mais j’ai gagné un titre, j’ai fait quelque chose qu’il a également réussi donc je suis très heureux de cela. Le mot pour décrire cette finale, c’est "bonheur"."
Pegula, à la maison en Caroline du Sud
C’est avec brio que Jessica Pegula est parvenue à conserver son titre, à Charleston. Dans une enceinte qu’elle apprécie tout particulièrement, l’Américaine a été bousculée. Pour preuve : elle a concédé le premier set de ses trois premières rencontres et a passé plus de 11h sur le court avant la finale. En chemin, elle s’est notamment sortie de situations compliquées contre Diana Shnaider en quarts (3/6, 6/3, 6/2) ou sa jeune compatriote Iva Jovic en demies (6/4, 5/7, 6/3).
Toujours très à l’aise à domicile, "JPeg" a repris le contrôle de son jeu au meilleur moment, lors de la finale contre Yuliia Starodubtseva, conclue en 1h22 (6/2, 6/2). "La semaine a été très longue pour moi, mais le public m’a portée tous les jours ! Merci, j’adore jouer ici !," a conclu celle qui a soulevé son 6e titre sur le continent Nord-Américain et le 11e de sa carrière. Pour la première fois depuis 2013 (Serena Williams), une championne à Charleston conserve ton titre.
Toujours aux États-Unis, Tommy Paul a renoué avec le succès du côté de Houston. Lui qui n’avait plus disputé la moindre finale depuis 2024 a interrompu de longs mois de disette. Au terme d’une semaine semée d’embûches, il s’est défait de trois de ses quatre adversaires en trois manches, dont son compatriote Frances Tiafoe contre lequel il n'avait plus perdu le moindre set depuis 2021 (7/5, 4/6, 7/6(7)) en demi-finales. Sur la dernière marche, il est parvenu à remonter un break de retard et à sauver trois balles de match à 5-3 pour finalement prendre le meilleur sur Roman Burruchaga qui disputait, lui, sa première finale sur le circuit (6/1, 3/6, 7/5 en 2h40).