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ATP / WTA : Sinner, le trône en Principauté

Tombeur du tenant du titre Carlos Alcaraz, l’Italien s’est réinstallé au sommet de la hiérarchie mondiale.

Jannik Sinner / Photocall trophée Masters 1000 Monte-Carlo
 - Romain Vinot

Pour la première fois depuis les Finales ATP de Turin, les deux meilleurs joueurs du monde étaient réunis sur le même court ce dimanche, à l’occasion du Masters 1000 de Monte-Carlo, leur premier tournoi sur terre battue de la saison. Un match à enjeux remporté par Jannik Sinner, sacré pour la première fois sur le Rocher et officiellement de retour sur le trône du tennis mondial. La course à Roland-Garros est déjà pleinement lancée.

Sinner, nouveau n°1 en mission

Il y a un peu plus d’un mois, Jannik Sinner comptait 3150 points de retard sur le n°1 mondial et vainqueur de l’Open d’Australie, Carlos Alcaraz. Un gouffre en partie comblé grâce à un Sunshine Double rondement mené. Mais malgré la confiance accumulée, un changement de surface représente toujours un piège dans lequel il est facile de tomber. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas pour rien que le quadruple vainqueur en Grand Chelem avait expliqué que ses attentes n’étaient pas spécialement élevées au moment d’atterrir en Principauté.

Seulement, le natif de San Candido – au même titre que son plus grand rival – n’est pas fait du même bois que ses concurrents sur le circuit ATP. Lorsqu’il prend part à un tournoi, c’est pour le remporter, un adage d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de Masters 1000, lui qui restait sur trois sacres consécutifs sans perdre le moindre set dans cette catégorie (Rolex Paris Masters, Indian Wells et Miami). Très convaincant lors de son entrée en lice face au Français Ugo Humbert, il a ensuite concédé une manche à Tomas Machac en huitièmes de finale avant de pleinement monter en puissance contre Félix Auger-Aliassime puis Alexander Zverev. Un parcours quasi parfait avant de prendre part au premier "Sincaraz" de 2026. Un 17e affrontement entre deux hommes qui se suivent à la trace (même temps de jeu durant le tournoi, 26 titres chacun avant la rencontre, nombre identique de semaines passées sur le toit du monde, etc.) et qui n’ont vraisemblablement pas l’intention de laisser quiconque mettre fin à l’hégémonie de ce Big 2.

Au moment d’entrer sur le court Rainier III, le champion Carlos Alcaraz restait sur 17 victoires consécutives sur terre battue et affichait un bilan favorable de 10-6 dans leur face-à-face. Malgré la perte d’un set face à Tomas Martin Etcheverry, ses victoires expéditives devant Sebastian Baez, Alexander Bublik et Valentin Vacherot – le champion de Shanghai est devenu le premier Monégasque à atteindre le dernier carré à domicile et pointe ce lundi au 17e rang mondial ! – semblaient lui conférer un léger avantage, d’autant que le septuple vainqueur en Majeur restait sur deux finales remportées sur ocre contre son double italien (à Rome et Roland-Garros).

Mais c’était sans compter sur l’évolution, l’adaptabilité et la détermination de Jannik Sinner, bien décidé à frapper un grand coup pour remporter son deuxième titre sur ocre en carrière et inscrire son nom au palmarès d’un 7e Masters 1000 différent (sur les 9 que propose le circuit). Dans des conditions venteuses et plus fraîches que le reste de la semaine, il a rapidement trouvé son rythme, agressant le Murcien au retour. Une domination concrétisée lors du jeu décisif, pour prendre les commandes de la rencontre. Piqué au vif, Alcaraz s’est empressé de réagir en réalisant et en confirmant le break afin de mener 3-1 dans la deuxième manche. Davantage poussé dans ses retranchements, le protégé de Simone Vagnozzi et Darren Cahill a gardé son sang-froid pour remporter les cinq jeux suivants, à coups d’anticipations géniales et de frappes millimétrées sur le revers de son adversaire.

Une précision, une puissance et une vivacité suffisantes pour s’offrir une victoire de prestige (7/6(3), 6/3 en 2h15), la 24e de la saison, la 17e consécutive et la 22e de rang en Masters 1000 ! Un succès qui lui permet également de devenir le deuxième joueur de l’histoire à remporter les trois premiers événements de cette catégorie au cours d’un même exercice (après Novak Djokovic en 2015) et le troisième à en remporter plus globalement quatre de suite (après Novak Djokovic et Rafael Nadal). Un 27e titre en carrière qui lui permet donc également d'entamer une 67e semaine à la place de n°1 mondial, qu’il n’avait plus occupée depuis son sacre à Paris La Défense Arena. "Ça a été une semaine intéressante, j’ai essayé de réapprendre à jouer sur terre battue, a modestement expliqué le nouveau champion. Nous sommes venus ici pour disputer autant de matchs que possible et avoir de bonnes sensations avant les autres grands tournois à venir. Nous avons tous les deux joués à un excellent niveau et le résultat aujourd’hui est incroyable. Retrouver le sommet de la hiérarchie signifie beaucoup pour moi et je suis également très heureux de remporter un grand titre sur cette surface. Je n’y étais jamais parvenu par le passé et cela compte énormément pour moi."

Un retour au sommet et de nouveaux accomplissements chaleureusement salués par son meilleur ennemi, qui fera tout pour récupérer son bien dans les prochaines semaines. "Ce que tu es en train d’accomplir est exceptionnel, a lancé Alcaraz lors de la cérémonie de remise des trophées. Un seul joueur était parvenu jusqu’ici à remporter Monte-Carlo après avoir réalisé le Sunshine Double et tu es désormais le deuxième. C’est fantastique, je sais à quel point c’est difficile. Félicitations pour tout le travail que tu accomplis avec ton équipe."

Andreeva a tenu son rang

Pour la première fois de son histoire, le tournoi WTA 500 de Linz se tenait sur terre battue, en même temps que le Masters 1000 de Monte-Carlo. Malgré la perte sèche de la première manche, la tête de série n°1 Mirra Andreeva s’est imposée en finale face à la toujours très dangereuse Anastasia Potapova (1/6, 6/4, 6/3 en 1h54). Également tombeuse de Sloane Stephens, Sorana Cirstea et Elena-Gabriela Ruse, la demi-finaliste de Roland-Garros 2024 entame donc parfaitement sa transition vers la terre battue avec ce 5e titre en carrière, le deuxième de son cru 2026 après Adélaïde en janvier. "J’ai été poussée dans mes retranchements aujourd’hui, j’ai eu du mal à trouver des solutions, a-t-elle confié avant de perpétuer sa fameuse tradition en se félicitant elle-même. Je tiens à me remercier d’avoir lutté jusqu’au bout, d’avoir essayé de trouver la clé et de ne jamais avoir baissé les bras. J’ai cru jusqu’au bout que je pouvais renverser la situation et ça a porté ses fruits."