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AO 2026 : une belle première pour Svitolina et Alcaraz

Elina Svitolina, Aryna Sabalenka, Carlos Alcaraz et Alexander Zverev se sont qualifiés pour le dernier carré de l’Open d’Australie.

Elina Svitolina / Quarts de finale Open d'Australie 2026
 - Romain Vinot

Si personne ne peut nier qu’un vent de fraîcheur a soufflé sur Melbourne cette année, les stars de la discipline se sont réapproprié les premiers rôles en quarts de finale, à l’exception de Coco Gauff, sèchement battue par Elina Svitolina.

Svitolina, la régularité récompensée

Il fallait le voir pour le croire. Titrée à deux reprises en Grand Chelem (US Open 2023 et Roland-Garros 2025), Coco Gauff a perdu un combat précieux face à ses propres démons ce mardi sur la Rod Laver Arena. Coupable de cinq doubles fautes et de 26 fautes directes en seulement 59 minutes, la troisième joueuse mondiale n’a rien pu faire contre une Elina Svitolina à l’inverse impressionnante de puissance et de précision (6/1, 6/2). La tête basse tout au long d’une première manche à sens unique, l’Américaine a désespérément cherché des solutions auprès de son clan, l’interrogeant même quant à la tension de ses raquettes. "J’ai fait de mon mieux pour rester positive mais j’avais le sentiment que rien ne fonctionnait de mon côté, a-t-elle confirmé en conférence de presse. C’est frustrant d’être sur le terrain et de constater que vos points forts n’ont aucun impact […] D’habitude, j’arrive à revenir dans la rencontre et dans ce cas-là, on ne sait jamais, l’adversaire peut se mettre à stresser etc. Aujourd’hui, je n’ai pas réussi à le faire."

De l’autre côté du filet, l’Ukrainienne a eu le mérite de rester concentrée et de pressuriser sa vis-à-vis au retour, réussissant 12 coups gagnants et convertissant 6 de ses 7 balles de break. Un sentiment de force et de maîtrise qu’elle affiche depuis le début de l’exercice 2026, démarré sur les chapeaux de roue grâce à un 19e titre en carrière acquis à Auckland. "L’attitude de votre adversaire ajoute de la pression, c’est agréable et désagréable en même temps, a expliqué la gagnante du jour face aux médias. On a l’impression d’avoir une chance de gagner mais pour cela, il faut continuer de bien jouer. C’est ce que j’ai fait, j’ai bien géré cette situation. Coco est une grande championne et elle était parvenue à revenir dans nos précédentes confrontations après avoir perdu le premier set. De mon côté, j’ai simplement essayé de construire le jeu et de rester focus du début à la fin."

Une mission réussie et doublement récompensée puisqu’elle lui ouvre les portes d’une première demi-finale à Melbourne – la 5e en Grand Chelem – et lui assure de retrouver le Top 10 mondial lundi prochain. Des accomplissements que "Svito" n’avait plus touchés du doigt depuis 2023. "Pas mal, pas mal, a-t-elle souri sur le court. Je suis très satisfaite de mon tournoi jusqu’à présent et cela a toujours été mon objectif de réintégrer le Top 10 après la maternité […] J’essaie de croire en moi et c’est ce que mon coach me répète toujours. Quand je suis en forme et que je suis prête mentalement à affronter des situations difficiles, je peux vraiment bien jouer."

Ce mantra pourrait bien s’avérer très utile dans le dernier carré, où elle retrouvera Aryna Sabalenka, une joueuse qu’elle n’a plus battue depuis 2020 (une victoire pour cinq défaites). Dans la forme de sa vie, celle qui n’a toujours pas lâché le moindre set depuis le début du tournoi n’est plus à un exploit près.

Sabalenka, la marque des grandes championnes

Le score s’est avéré aussi sévère lors du premier quart de finale de la journée (6/3, 6/0 en 1h30) mais il ne reflète pas fidèlement la qualité de la rencontre entre Aryna Sabalenka et Iva Jovic. Certes, à l’image de sa précédente sortie face à Victoria Mboko, la n°1 mondiale a remis à sa place une jeunesse de plus en plus décomplexée. Mais au cœur de la fournaise australienne (38°C sur la Rod Laver Arena), l’Américaine de 18 ans a bien résisté, en particulier au cours d’un premier set très accroché. "Ces teenagers m’ont mise à l’épreuve lors des derniers tours, a confirmé la reine du circuit en bord de court. Iva est une joueuse incroyable, c’était un match difficile, ne vous fiez pas au score."

Pour rallier sa 4e demi-finale consécutive à Melbourne, la double championne (2023, 2024) et finaliste sortante a pu compter sur son engagement (83% de points gagnés derrière sa première balle), sa précision (31 coups gagnants contre 17 fautes directes) mais également ses variations et sa réussite au filet (5/6). Des points (très) forts qui lui ont notamment permis de résister au retour de son adversaire dans la première manche, symbolisé par un neuvième jeu long de 11 minutes et durant lequel elle a sauvé trois balles de break. Une alerte sans conséquence qui l’a définitivement libérée pour délivrer une masterclass dans le deuxième set. "Il n’y a pas beaucoup de matchs au cours desquels j’ai aussi bien joué, a-t-elle poursuivi en conférence de presse. J’ai senti que je devais élever mon niveau et lui mettre encore plus de pression dans la deuxième manche parce qu’elle est jeune et qu’elle a faim ! Ça m’a aidée à aller chercher mes coups et à prendre confiance en mon jeu."

Ce jeudi, Aryna Sabalenka prendra part au dernier carré d’un Majeur pour la 14e fois de sa carrière, la 11e lors des 12 dernières levées ! "Quand je participe à un tournoi, je ne pense pas à ça mais de temps en temps avec mon équipe, on pense au niveau qu’on a réussi à atteindre, ça semble vraiment difficile et incroyable à croire, a-t-elle analysé. Je pense que ce qui m’aide vraiment à rester au top, c’est que je me concentre uniquement sur le positif et les choses que je fais bien. Ça me permet d’être constante et régulière."

Alcaraz, c’est (enfin) carré à Melbourne

Il n’a que 22 ans mais les grandes premières se font de plus en plus rares dans la carrière de Carlos Alcaraz. Sextuple vainqueur en Majeur, le n°1 mondial n’avait encore jamais franchi les quarts de finale à l’Open d’Australie. Une anomalie réparée ce mardi à la suite de sa victoire nette face au chouchou du public, Alex De Minaur (7/5, 6/2, 6/1 en 2h15). Au terme d’un premier set de très grande qualité durant lequel les deux hommes se sont rendus coup pour coup, le n°1 mondial a basculé en tête et n’a plus jamais été inquiété, prenant définitivement le dessus sur l’Australien, pour la sixième fois en autant de confrontations.

Aussi puissant, virevoltant et précis qu’à son habitude (26 coups gagnants, 18/22 au filet, 77% de points gagnés derrière sa première) malgré quelques fautes directes (32) qui auraient pu lui coûter le set inaugural, le boss s’est dit très satisfait de son niveau de jeu, au micro de Jim Courier. "C’est très difficile d’affronter Alex, il a très bien démarré le match avec beaucoup de points gagnants et contre lui, il faut frapper le plus fort possible parce qu’il est partout, a commenté celui qui s’est procuré la bagatelle de 16 balles de break durant la rencontre. Je suis très heureux de la façon dont je joue chaque match depuis le premier tour. Mon niveau s’élève au fil des parties et avec mon équipe, on s’est dit qu’il fallait être patient. Aujourd’hui, je me suis très bien senti, j’ai joué un très bon tennis et je suis très heureux d’enfin atteindre les demi-finales ici."

En brisant son plafond de verre à l’AO, "Carlitos" n’est plus qu’à deux victoires de devenir le plus jeune joueur de l’histoire à réussir le Grand Chelem en carrière. Mais le plus dur reste à faire, d’autant qu’il s’apprête à retrouver son bourreau de l’édition 2024.

Zverev tient bien son rang

En demi-finale, le Murcien fera en effet face à un autre habitué de ce stade de la compétition en Majeur, en la personne d’Alexander Zverev. Finaliste sortant, l’Allemand n’est pas tombé dans le piège tendu par le jeune et talentueux Learner Tien, étourdissant vainqueur de Daniil Medvedev en huitièmes de finale. Malgré la perte de la deuxième manche au tie-break, Sascha s’est parfaitement remobilisé (6/3, 6/7(5), 6/1, 7/6(3) en 3h10) afin d’atteindre le dernier carré pour la troisième fois consécutive à Melbourne.

A l’issue de cette partie de haut niveau, le vainqueur n’a pas tari d’éloges à propos de son jeune opposant. "Learner a été incroyable depuis la ligne de fond de court, a-t-il commenté. Cela faisait très, très longtemps que je n’avais pas affronté un aussi bon joueur dans ce domaine. Je ne sais pas ce que Michael Chang a fait avec lui durant l’intersaison mais il joue de manière incroyable. Sans mes 24 aces, je n’aurais probablement pas gagné aujourd’hui. Je suis très satisfait de mon service et très heureux d’être de retour en demi-finales."

Globalement déçu par sa précédente saison (un seul titre acquis à Munich), le triple finaliste en Grand Chelem (US Open 2020, Roland-Garros 2024, Open d’Australie 2025) assure ne pas se mettre trop de pression sur les épaules, bien qu’il court toujours après un premier sacre dans cette catégorie de tournois. "J’ai le sentiment que les meilleurs joueurs ressentent surtout la pression au début de la compétition, ne voulant pas se faire éliminer trop tôt, a-t-il précisé aux journalistes. Bien sûr, dans mon cas, je suis toujours à la recherche de ce Grand Chelem tant convoité. Je veux y arriver mais je veux aussi apprécier mon tennis. C’est ce que je fais actuellement et c’est le plus important pour moi."

Appréciera-t-il autant son 13e duel face à Carlos Alcaraz (6-6 dans leur face-à-face) ? Réponse ce vendredi.