Après avoir connu son lot de confirmations et de retours en grâce, le Center Court et le Court n°1 ont assisté à de très gros "upsets" samedi, avec les défaites de la tenante du titre Iga Swiatek et de la championne 2022 (et lauréate du dernier Open d’Australie) Elena Rybakina. Le lendemain, c’est la n°1 mondiale Aryna Sabalenka qui est tombée sous la précision et la puissance d’une Naomi Osaka joyeuse, au sommet de son art et qualifiée pour la première fois de sa carrière en quarts de finale de Wimbledon.
Wimbledon 2026 : de plus en plus ouvert
Ce week-end, les trois premières joueuses mondiales ont quitté le All England Club, battues par de brillantes adversaires qui se sont offert le droit de rêver.

Osaka, une première et des promesses
La rencontre avait été cochée dans les calendriers de tous les fans et observateurs à l’issue du tirage au sort. Comme à Indian Wells, Madrid et Roland-Garros plus tôt cette année, Aryna Sabalenka et Naomi Osaka se retrouvaient en huitièmes de finale à SW19 avec la promesse de faire des étincelles. Dominée à trois reprises (en autant de rencontres, donc), la Japonaise ne partait pas avec la tenue de la favorite sur les épaules, la reine du circuit ayant participé à 14 quarts de finale consécutifs en Majeur avant cette partie. Mais pour la première fois en huit ans (déjà en huitièmes mais à l’US Open 2018, une autre époque), c’est bien l’ancienne n°1 mondiale qui s’est imposée et avec la manière s’il vous plaît, 6/2, 7/6(2) en 1h28 ! "Je ne suis pas satisfaite de ma prestation mais elle était simplement trop forte, j’ai trouvé qu’elle jouait à un niveau incroyable", a d’ailleurs constaté avec lucidité sa prestigieuse adversaire à l’issue du combat.
Si la puissance était bel et bien au rendez-vous des deux côtés du filet, c’est Osaka qui a dicté le jeu, trouvé les meilleurs angles et déployé une stratégie payante tout au long du match. Bien aidée par son engagement (8 aces, 87% de points gagnés derrière sa première, 2/2 balles de break écartées) et rapidement aux commandes, elle a également su rester calme lorsque sa vis-à-vis s’est accrochée dans le deuxième set. Plus entreprenante – 21 coups gagnants contre 15 –, elle s’est permis le luxe de mettre fin à la plus longue série de tie-breaks remportés dans l’ère Open (21, messieurs et dames confondus) et ainsi conclure sans en passer par un troisième acte, une première pour Sabalenka depuis l’US Open 2020… "J’ai trouvé que c’était un match très sympa, d’ailleurs si je l’avais perdu, j’aurais quand même dit que c’était un super match, a lancé la très heureuse élue du jour après son succès. Avant ce match, j’avais perdu trois fois de suite contre elle, ce qui est vraiment moche. Je voulais renverser la tendance et je suis vraiment contente d’avoir eu cette occasion. Pour moi, ce court est vraiment spécial, c’est ma première victoire ici !"
Un niveau de jeu comme à ses plus belles heures et surtout une joie retrouvée pour la quadruple championne en Grand Chelem, qui n’a pas caché sa satisfaction, à deux jours de disputer son premier quart de finale londonien. "Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir sur un court, a-t-elle confirmé. Réussir à ressentir ça ici, ça compte vraiment beaucoup pour moi. A Rome, j’ai subi une très lourde défaite face à Iga et je me suis complètement renfermée sur moi-même. Je suis monté dans un avion pour rentrer chez moi et ce n’était pas très professionnel de ma part. Je n’ai pas parlé à mon équipe et j’ai eu honte d’avoir fait ça. Après cet épisode, je me suis simplement dit ‘J’approche de la trentaine, je dois profiter du temps qu’il me reste’."
Un renouveau mental et des progrès dans tous les secteurs (notamment en termes de déplacements) qui coïncident avec la mise en place de ce nouveau clan, dont Tomasz Wiktorowski (ancien coach d’Iga Swiatek) est le chef d’orchestre depuis juillet 2025. "Un grand merci à Tomasz, s’est-elle réjouit en désignant son entraîneur. Et merci également à toute mon équipe, la meilleure qui soit. Je m’amuse tellement avec eux, je leur suis très reconnaissante de m’accompagner dans cette grande aventure […] Je ne sais pas vraiment pourquoi je me sens si bien sur gazon cette année mais nous avons fait de nombreux exercices avec Tomasz. La plupart d’entre eux ne se sont d’ailleurs pas déroulés sur herbe spécifiquement. Il s’agissait plutôt de schémas globaux pour que je me sente à l’aise avec mon jeu. Tout au long de l’année, le coach m’a aidée à me sentir mieux dans mes déplacements et dans mes plans face à mes différentes adversaires."
Déjà demi-finaliste de l’US Open 2025, Naomi Osaka aura l’occasion de rallier de nouveau un dernier carré en Majeur ce mardi face à Karolina Muchova. Un remake de la récente finale de Bad Homburg, durant laquelle la Japonaise avait été contrainte d’abandonner en début de deuxième manche, pour ne pas aggraver une blessure et ainsi anéantir ses chances de participer à Wimbledon. Un choix qui a d’ores et déjà porté ses fruits.
Une occasion en or
Toujours dans la partie haute de ce tableau féminin, l’autre quart de finale opposera Jessica Pegula à Coco Gauff. Les deux Américaines ont dû batailler pour respectivement se défaire d’Iva Jovic (4/6, 6/3, 6/1 en 2h12) et de Belinda Bencic (4/6, 6/3, 6/4 en 2h18). La championne de Roland-Garros 2025 a d’ailleurs bouclé son succès à 22h58 (heure locale) soit deux minutes avant le couvre-feu imposé par l’organisation ! Au-delà de l’anecdote, les deux compatriotes savent pertinemment qu’elles ont à portée de main une opportunité rare et immense de considérablement embellir leur palmarès à l’occasion de ce cru 2026.
En effet, si les huitièmes de finale de la moitié basse ne se joueront que ce lundi, la route vers les demies et la finale s’est dégagée à la suite des défaites successives d’Elena Rybakina et d’Iga Swiatek. La championne sortante a été piégée par l’étoile montante Alex Eala, à qui elle avait remis son diplôme lors de sa sortie de la Rafa Nadal Academy il y a trois ans.
En progrès constants, la première joueuse de l’histoire des Philippines à atteindre ce stade de la compétition en Majeur dans l’ère Open a livré une prestation de haut vol et continue de vivre un rêve éveillé dans un tournoi si important pour elle. "J’allais m’entraîner tous les jours après l’école avec mes chaussures lumineuses et mes joues potelées alors pour la jeune fille que j’étais, ça représente tout, a-t-elle confié avec émotions. C’est incroyable d’avoir tous mes compatriotes qui m’encouragent ici, en sachant que nous sommes tous dans le même bateau. Je leur dédie cette victoire ainsi qu’à ma famille et à toutes les filles aux joues potelées. Ça compte énormément pour moi, Wimbledon me tient particulièrement à cœur. Jouer à ce niveau de compétition, le tout sur la plus belle scène du tennis mondial, c’est incroyable."
Ce lundi, elle sera de nouveau dans la lumière du Centre Court, cette fois face à Jasmine Paolini. Si l’occasion a rarement été aussi belle, c’est aussi parce que dans cette section, seule Madison Keys a déjà connu le bonheur d’être sacrée dans la catégorie reine. La championne de l’Open d’Australie 2025 affrontera Linda Noskova, titrée à Berlin il y a 15 jours. Les autres parties ? Ashlyn Krueger – Marta Kostyuk et Marie Bouzkova – Elise Mertens (tombeuse d’Elena Rybakina). De plus en plus ouvert, on vous dit…