Aussi courte soit-elle, la période entre Roland-Garros et Wimbledon réserve toujours son lot de surprises, de sensations et de belles histoires. Le cru 2026 ne fait pas exception puisque ce week-end, Francisco Cerundolo, Frances Tiafoe, Linda Noskova ou encore Marie Bouzkova se sont signalés en parachevant des accomplissements inédits.
ATP / WTA : profiter du moment et des opportunités
A l’aube du troisième Grand Chelem de la saison, des championnes et champions inattendus ont marqué les esprits sur gazon.

Cerundolo, l’herbe est beaucoup plus verte
Eliminé à la surprise générale au troisième tour de Roland-Garros par Zachary Svajda alors que son tableau s’était considérablement ouvert, Francisco Cerundolo a eu besoin de prendre du recul pour retrouver le plaisir de jouer. Arrivé au Queen’s avec une ambition et des attentes très limitées, il s’est arraché tout au long de la semaine pour soulever son cinquième trophée ATP, le premier dans la catégorie 500.
En effet, pour décrocher la plus belle et plus prestigieuse récompense de sa carrière, le désormais 21e joueur mondial a remporté quatre matchs en trois sets, dont la finale face à Tommy Paul. Couronné en 2024, l’Américain – qui restait sur huit victoires consécutives sur ces courts londoniens – menait d’un set et d’un break avant de se faire renverser par le talent et la hargne de son vis-à-vis (6/7(4), 6/4, 6/3 en 3h02). "Je n’arrive pas à y croire, je me suis battu de toutes mes forces toute la semaine, chaque match a été une véritable bataille et j’ai finalement été récompensé, a expliqué le champion. Remporter ce titre en particulier, c’est vraiment quelque chose d’incroyable. C’est un événement historique et en venant d’Argentine, je n’aurais jamais imaginé soulever ce trophée."
Premier représentant de son pays sacré au Queen’s Club, Cerundolo s’est mué en véritable porte drapeau de sa nation, quelques mois après sa victoire à domicile à Buenos Aires et quelques semaines seulement après avoir remis en question son amour pour le tennis. "Jusqu’à présent, cette année a été incroyable pour moi, a-t-il confié. Je viens de gagner mon premier ATP 500 et c’est déjà mon deuxième titre de l’année. L’Argentine est un pays fantastique, nous ne disposons pas des mêmes ressources que d’autres nations mais nous parvenons tout de même à rivaliser au plus haut niveau. Nous avons d’excellents joueurs, je suis extrêmement fier de mon pays et de le représenter."
Dès la semaine prochaine, il aura de nouveau l’occasion de faire briller l’Albiceleste, cette fois sur les courts de SW19.
Tiafoe, l’hymne à la joie
Tout comme Cerundolo, Frances Tiafoe a fait rimer histoire personnelle et histoire nationale le temps d’un merveilleux week-end. En prenant le meilleur sur son compatriote et ami Taylor Fritz (6/4, 6/4 en 1h07), il est devenu le premier joueur américain à repartir de l’ATP 500 de Halle couvert de lauriers. Particulièrement impressionnant au service sur la dernière marche – il n’a perdu que sept petits points sur sa mise en jeu – celui qui a également battu Flavio Cobolli et Félix Auger-Aliassime sur la route le menant vers la gloire a fait un grand pas de plus vers la phase finale de sa reconstruction.
Après avoir navigué en eaux troubles pendant plusieurs mois et perdu ses quatre dernière finales, Big Foe a enfin eu le droit au bonheur. "J’ai perdu beaucoup de finales au cours de ma carrière, a-t-il analysé. Aujourd’hui, c’est un grand moment. Je voudrais juste citer l’un de mes versets préférés : ‘La souffrance que vous ressentez n’est rien comparée à la joie qui vous attend’. De toute évidence, ce qui vient de se passer prouve que c’est vrai."
Synonyme de plus beau titre de sa carrière (le premier depuis 2023), cette joie lui permet aussi de définitivement tirer un trait sur sa bouleversante défaite en huitièmes de finale de Roland-Garros face à Matteo Arnaldi. Dans la nuit parisienne, Tiafoe s’était incliné après un magnifique marathon de 5h26 et ce alors qu’il menait 4-1 dans la cinquième manche. "Il y a quelques semaines, j’ai subi l’une des défaites les plus difficiles de ma carrière à Roland-Garros, a-t-il confirmé. Le fait d’avoir réussi à rebondir pour passer une bonne semaine à Stuttgart (quart-de-finaliste, ndlr) et remporter mon plus grand titre ici, ça illustre parfaitement ma citation précédente. C’est une devise qui m’accompagne au quotidien." On ne peut que lui souhaiter que cet adage le suive jusqu'au All England Club.
Noskova intègre l’élite
Toujours en Allemagne mais cette fois à Berlin sur le circuit WTA, Linda Noskova a pris son destin en main. Battue à cinq reprises lors de ses six premières finales chez les professionnels, la joueuse de 21 ans a résisté au retour de Jessica Pegula (6/4, 4/6, 6/3 en 1h59) pour soulever le deuxième titre de sa carrière (après Monterrey en 2024). "Jess est une adversaire très coriace, a résumé la championne à l’issue du match. Elle n’abandonne jamais et elle a un très bon jeu sur gazon, je savais que ça n’allait pas être simple. Je n’allais pas lui offrir la victoire sur un plateau et elle non plus. Je suis très soulagée d’avoir réussi à m’en sortir."
Imperturbable tout au long de la semaine, elle n’a laissé ni ses adversaires – Renata Zarazua, Diane Parry, Paula Badosa et Alexandra Eala, toutes sèchement battues en deux manches – ni les conditions climatiques (une tempête a endommagé les gradins et repoussé la finale de plusieurs heures) la détourner de son objectif.
Un succès aux allures de libération qui lui permet par la même occasion de faire sa grande entrée dans le Top 10 pour la première fois de sa carrière (10e) et de devenir n°1 tchèque en lieu et place de Karolina Muchova. "Je ne m’attendais vraiment pas à ça, a-t-elle expliqué en conférence de presse. Avant de participer à un tournoi, on ne sait évidemment jamais comment ça va se passer, surtout quand il s’agit de nos premiers pas sur gazons. Je suis donc vraiment satisfaite d’avoir réussi à prendre un aussi bon départ. J’ai bien maîtrisé mon jeu tout au long de la semaine, je ne pourrais pas être plus heureuse !" De quoi prendre confiance avant de disputer le troisième Majeur de la saison, qui plus est avec un tout nouveau statut.
A noter également durant le week-end, la victoire d’une autre joueuse tchèque, Marie Bouzkova, du côté de Nottingham cette fois. Au-delà de la nationalité, l’autre point commun partagé par la championne est qu’elle atteint le meilleur classement de sa carrière, au 22e rang mondial. Elle s’est imposée au terme d’une finale très disputée face à Emma Navarro (7/6(5), 4/6, 6/2 en 2h57).