Heureux sont les détenteurs d'un billet pour la troisième session de soirée de ce Roland-Garros 2026, ce mardi (pas avant 20h15) : ils assisteront à l'entrée en lice d'un joueur actuellement invincible. Jannik Sinner se lance en effet dans la conquête du seul Grand Chelem qui manque encore à son palmarès, face au Français Clément Tabur, titulaire d'une wild-card.
Session de soirée #3 : le défi d'une vie
Pour la troisième session de soirée de ce Roland-Garros 2026, le Français Clément Tabur part à l'assaut d'un défi XXL face à Jannik Sinner.

Impossible n'est pas français ?
C'est peu dire que, sur le papier, l'affiche est déséquilibrée. L'Italien, maître absolu du tennis mondial en l'absence de son grand rival Carlos Alcaraz, arrive à Paris sur la lancée d'une série de 29 victoires consécutives. Il a notamment fait main basse sur les trois plus gros tournois disputés sur terre battue avant Roland-Garros, s'imposant successivement à Monte-Carlo, Madrid puis à Rome, où il a d'ores et déjà complété sa collection de Masters 1000 en carrière. Un exploit seulement réalisé avant lui par Novak Djokovic. À 24 ans, il rêve désormais d'en faire de même sur les tournois majeurs. Comme Alcaraz en début d'année à l'Open d'Australie. Comme seuls les plus grands l'ont fait dans l'histoire du jeu.
Face à lui, Clément Tabur dispute, à 26 ans, son deuxième tableau principal en Grand Chelem, un an après avoir fait ses débuts à Roland-Garros. Classé 171e mondial, il bénéficie d'une invitation initialement allouée à Stan Wawrinka, mais dont le Suisse n'a finalement pas eu besoin à la suite du forfait de Lorenzo Musetti. Le Tricolore, qui n'a encore jamais affronté un membre du Top 50, se retrouve projeté dans l'arène, en mondovision, face au big boss.
Le défi a de quoi donner le vertige, surtout si on approfondit les statistiques. Jamais un n°1 mondial ne s'est incliné au premier tour de Roland-Garros. Et un seul joueur français a battu un n°1 mondial à Paris : Christophe Roger-Vasselin, vainqueur de Jimmy Connors en quarts de finale d'une inoubliable édition 1983. Tabur est plus qu'au pied du mur : il est en bas de l'Himalaya.
Mais attention. Le Rémois, fan de Rafael Nadal et du cycliste Mathieu van der Poel, est non seulement un excellent terrien, mais il est aussi dans la forme de sa vie. En avril, il a remporté le plus gros titre de sa carrière au Challenger de Tallahassee, en Floride. Il est également sorti des qualifications la semaine passée à Genève avant de s'incliner face à Alexei Popyrin. En clair, il est en confiance, et vaut certainement beaucoup mieux que son classement.
Clément Tabur peut aussi s'inspirer de Giovanni Mpetshi Perricard, qui a longtemps menacé Novak Djokovic dimanche lors de la première session de soirée. Il a pu le constater : la nuit parisienne sait transcender les Bleus. Et elle est souvent propice à toutes les folies.