Chaque début de saison est l’occasion de prendre de bonnes résolutions et de prononcer des vœux plus ou moins réalisables (nous en profitons par ailleurs pour vous souhaiter une excellente année, qu’elle soit au moins aussi fructueuse que la précédente sur le plan tennistique). Alors que le coup d’envoi d’un nouvel exercice a été donné dès les premières lueurs de janvier en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Hong Kong, il est de coutume d’effectuer un état des lieux des deux circuits et de lister nos désirs pour les douze mois à venir. Des batailles épiques, une saine concurrence, des retours en haut de l’affiche ou de nouveaux visages sous le feu des projecteurs : tour d’horizon de ce qui pourrait nous faire vibrer en 2026.
WTA / ATP : que peut-on attendre de la saison 2026 ?
A l’heure où tous les compétiteurs reprennent progressivement le chemin des terrains, il est temps de se projeter et de coucher nos (nombreuses) attentes sur le papier.

À la recherche du fameux troisième homme
Il ne faudrait pas que ce sujet se transforme en sempiternelle quête mais au vu du cru passé, il est sans doute légitime de le remettre une nouvelle fois sur la table. En collectant la bagatelle de 14 titres à eux deux (dont les quatre levées du Grand Chelem), en éparpillant leurs adversaires façon puzzle et en participant à une course effrénée vers le trône et les records, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ont sans doute eu le grisant sentiment d’être seuls au monde l’an dernier. Evidemment, leurs duels stratosphériques – 16 rencontres depuis le début de leur carrière dont 6 sur la dernière marche en 2025 – ayant passionné fans et observateurs, on ne peut qu’en redemander.
Mais ce Big 2 peut-il se transformer en Big 3 ou Big 4 afin de créer un nouvel équilibre, plus juste en termes de récolte de lauriers ? Aussi lassante soit-elle, la question mérite d’être posée. D’ailleurs, les prétendants à ces places plus qu’honorables sont nombreux tant les écarts sont faibles entre la 3e place mondiale et le reste du plateau. Demi-finaliste des quatre Majeurs, Novak Djokovic a tenu ce rôle de troisième homme la saison passée, battant Alcaraz en quarts de finale de l’Open d’Australie avant de buter sur l’insatiable duo à Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open. Victime d’une blessure persistante au bras gauche, Jack Draper a été coupé dans son très bel élan et ne sera pas de retour sur les courts avant février. Les autres membres du Top 10 ont tous réussi à performer à un instant donné mais ont manqué de régularité et ont surtout toujours buté face au Big 2. Si cela ne doit pas devenir une obsession, Alex De Minaur a récemment évoqué son gros travail de présaison pour essayer de trouver LA solution. Très en verve en fin de campagne, Félix Auger-Aliassime a aussi pour ambition de faire jeu égal avec les deux meilleurs joueurs du circuit.
On l’aura compris, sans faire une liste exhaustive de protagonistes capables de rivaliser (au moins un temps), on ne peut que souhaiter un resserrement significatif au sommet tout en espérant toujours autant de "Sincaraz" dans les grands rendez-vous. Paradoxal ? Bienvenue dans le fascinant monde du tennis messieurs dames…
Au bonheur des dames
Une fois n’est pas coutume, notre demande vis-à-vis du circuit féminin est on ne peut plus simple : vivre une saison aussi passionnante, concurrentielle et rafraîchissante que la précédente. Pour rappel, cinq joueuses différentes ont brandi les trophées les plus prestigieux (en Grand Chelem et aux Finales WTA de Riyad), les fossés en termes de niveau et de classement ont été très joliment comblés et de nombreuses confrontations et parcours inattendus ont transcendé les foules.
Au-delà du scénario, les actrices du film pourraient bien être les mêmes sur le tapis rouge de la WTA. Déterminée à progresser tout en profitant au maximum de la vie hors tournois, Aryna Sabalenka veut faire encore mieux, elle qui a tout de même disputé trois finales de Grand Chelem et soulevé son quatrième titre dans cette catégorie, à New York. De nouveau invitée sur l’estrade lors des remises de prix, Iga Swiatek compte bien poursuivre son renouveau et ce sur toutes les surfaces. En pleine mue au service, la championne de Roland-Garros Coco Gauff espère récolter les fruits de son dur labeur afin de rivaliser toute l’année avec ses meilleures ennemies et pourquoi pas, décrocher le premier rôle pour la première fois de sa carrière. De son côté, Amanda Anisimova a d’ores et déjà prouvé que sa finale à Wimbledon n’était pas un hasard en ralliant la dernière marche à Flushing Meadows. On ne peut que lui souhaiter des larmes de joie lors de sa prochaine grande cérémonie. Enfin, si Elena Rybakina poursuit sur sa lancée de son incroyable sprint final, elle aura aussi pleinement sa place dans le carré VIP 2026.
Si ces cinq joueuses restent sous le feu des projecteurs, cela n’empêchera pas d’autres membres du casting de prendre la lumière, à l’image de Naomi Osaka et Belinda Bencic, qui ont retrouvé les joies du dernier carré dans la catégorie reine en 2025. De grands noms, qui, sans être poussés vers la sortie, pourraient voir leur chemin vers la gloire barré par une jeunesse talentueuse et sans limite.
Un rajeunissement du plateau
Entre éclosions programmées et confirmations très attendues, on ne peut que souhaiter l’épanouissement de la jeunesse lors du prochain exercice. Chez les messieurs, si certains ont déjà inauguré leur armoire en y installant des trophées plus ou moins prestigieux, Joao Fonseca, Jakub Mensik, Learner Tien, Arthur Fils (dont le retour a de nouveau été repoussé après l’Open d’Australie) ou encore Ethan Quinn seront attendus de pied ferme.
Chez les dames, Victoria Mboko, Linda Noskova, Diana Shnaider, Maya Joint, Iva Jovic ou bien sûr Alex Eala ont réalisé de très belles prouesses et sont prêtes à renverser encore davantage l’ordre établi. Au cœur de cette liste loin d’être exhaustive, n’oublions pas évidemment Mirra Andreeva, championne à deux reprises dans la catégorie 1000 et qui aura sans doute à cœur de revenir sur le devant de la scène dès janvier.
Ce n’est qu’un au revoir
Au moment où des visages bien connus rêvent d’un come-back à la place qu’ils méritent (on pense notamment à Hubert Hurkacz ou Maria Sakkari, auteurs de prestations prometteuses en United Cup), deux artistes adorés des fans du monde entier feront leurs adieux à l’issue de cette nouvelle saison. Le premier à l’avoir annoncé n’est autre que le showman ultime, Gaël Monfils, dont la spectacularité est un ravissement, de son entrée à la sortie du court. Le second, triple vainqueur en Grand Chelem, doté d’un revers à une main et d’un talent exceptionnel, n’est autre que Stan Wawrinka.
Ces deux hommes ont marqué leur époque, donné à des millions de jeunes l’envie de prendre une raquette en main et doivent être célébrés à la hauteur de leurs qualités et de leurs accomplissements. On leur souhaite d’être en parfaite santé tout au long de l’année, de nous faire rêver et de gagner autant que possible avant de franchir le pas vers une nouvelle vie et ainsi transmettre le témoin à leurs successeurs, dont certains ont été énoncés précédemment.
Du spectacle, des sourires, des larmes, des succès grandioses, des défaites bouleversantes mais fondatrices : Stan et Gaël ont tout connu et on ne peut qu’espérer la même chose aux spectateurs, aux joueuses et joueurs qui feront de 2026 un nouveau cru inoubliable pour la planète tennis.