×

ATP / WTA : la répétition a du bon

Daniil Medvedev, Flavio Cobolli, Luciano Darderi, Cristina Bucsa et Peyton Stearns sont les grands gagnants de la semaine écoulée.

Daniil Medvedev / Photocall trophée ATP 500 Dubaï 2026
 - Romain Vinot

Une fin de série étrange bien que méritée, un nouveau succès marqué du sceau de la jeunesse dorée, un nom qui revient avec insistance sur ocre et des progrès à tous les étages : on fait le bilan de ce qu’il ne fallait pas manquer ces derniers jours sur les circuits ATP et WTA.

Medvedev, une première très particulière

Couronné à 22 reprises lors de 22 tournois différents jusqu’ici, Daniil Medvedev a mis fin à cette incroyable et unique série en soulevant un 23e trophée à l’ATP 500 de Dubaï, tournoi qu’il avait déjà remporté en 2023. Mais puisque le 11e mondial (à seulement 45 points de la 10e place occupée par Alexander Bublik) ne fait rien comme les autres, il a été sacré sans disputer la finale, en raison du forfait de Tallon Griekspoor ! "C’est ce qui est fou dans cette histoire, a-t-il confié à l’issue d’une cérémonie de remise des récompenses peu commune. Je n’avais jamais gagné deux fois dans une même ville et quand j’y parviens, c’est ‘grâce’ à un forfait ! Mais plus généralement, avant le début de la semaine, mon équipe et moi savions que ça allait être un excellent tournoi. A l’entraînement, je ne manquais pas une seule balle. Tout s’est très bien passé ici et j’ai hâte de disputer les prochaines échéances."

Plutôt pressé et particulièrement impressionnant lors de ses quatre premières rencontres remportées sans perdre la moindre manche face à Juncheng Shang, Stan Wawrinka, Jenson Brooksby et Félix Auger-Aliassime, le joueur désormais entraîné par Thomas Johansson a frappé un grand coup avant d’aborder les deux premiers Masters 1000 de la saison. Sa très belle lancée aurait-elle été perturbée si Tallon Griekspoor avait pu jouer ? On ne le saura jamais, mais la forme affichée par le Néerlandais, tombeur consécutivement d’Alexander Bublik, Jakub Mensik et Andrey Rublev avait de quoi inquiéter. "Malheureusement, je me suis blessé durant ma demie, a tristement confié le principal intéressé. Je suis allé à l’hôpital et les examens ont révélé quelque chose de sérieux. Cela m’a empêché de disputer cette finale et me tiendra éloigné des courts durant les prochaines semaines."

Cobolli grimpe encore

Un troisième titre – le premier sur dur – et une place au chaud dans le Top 15 pour la première fois de sa carrière : Flavio Cobolli n’a pas fait le déplacement à Acapulco pour rien. Avant de prendre part au fameux Sunshine Swing, l’Italien de 23 ans a fait le plein de points et de confiance en remportant notamment un très beau combat contre Miomir Kecmanovic dans le dernier carré (6/3, 3/6, 6/4 en 2h26) avant de maîtriser sa finale face à Frances Tiafoe (7/6(4), 6/4 en 2h09). De retour à son meilleur niveau après plusieurs mois difficiles marqués par une sortie du Top 30, l’Américain n’avait sans doute plus assez d’essence dans le moteur à la suite de sa remontada devant son compatriote Brandon Nakashima en demies.

Battu lors de leurs deux précédentes confrontations, Cobolli a pris le meilleur départ en glanant six des sept derniers points du tie-break de la première manche avant de rapidement prendre les commandes de la deuxième. Preuve de sa solidité et de son fort caractère, il n’a pas paniqué lorsque "Big Foe" a débreaké pour revenir à 4-4, refaisant immédiatement la différence avant de conclure sa très belle semaine sur son engagement. "J’ai rêvé de ce moment quand j’étais petit, a expliqué le champion à l’issue de sa victoire. Jouer ce genre de tournoi, être encouragé par tout un court central… Je suis fier, non seulement pour moi mais aussi pour mon père, ma famille, mon équipe, toutes les personnes qui travaillent à mes côtés […] Je pense que je le mérite pour tout le travail effectué en dehors des courts. Après chaque défaite, je me suis remis au travail. Aujourd’hui, j’ai joué un excellent match, sans doute le meilleur durant mon tournoi. Je n’avais jamais battu Frances jusqu’à cette rencontre, je suis très heureux."

Titré à deux reprises en 2025 (à Bucarest puis à Hambourg) et héroïque en Coupe Davis pour offrir une troisième couronne consécutive à l’Italie, le protégé de Stefano Cobolli poursuit sa douce ascension et fait désormais légitimement partie des meilleurs joueurs de la discipline. Après Carlos Alcaraz, Jannik Sinner et Arthur Fils, il est le quatrième joueur né dans les années 2000 à compter plusieurs titres ATP 500 sur différentes surfaces. Not too bad

Darderi, les pieds sur terre

Battu sur la dernière marche il y a 15 jours du côté de Buenos Aires, Luciano Darderi a repris son impressionnante marche en avant sur terre battue ce week-end, au Chili. Deuxième meilleur "marqueur" sur cette surface depuis 2024 (48 victoires contre 49 pour Francisco Cerundolo), l’Italien a remporté son cinquième titre sur ocre, tous en ATP 250, à l’issue d’une finale serrée et indécise face à Yannick Hanfmann (7/6(6), 7/5 en 1h47).

Auteur de coups spectaculaires, l’Allemand de 34 ans – qui n’avait plus atteint une finale depuis 6 ans et qui pouvait devenir le 3e joueur le plus âgé à remporter son premier tournoi – a fini par craquer devant la vitesse et la précision de son vis-à-vis. "Je ne m’attendais pas à gagner cette semaine car je n’avais jamais dépassé les quarts de finale ici, a souligné Luciano Darderi au terme de la compétition. Je suis très heureux, c’est déjà ma deuxième finale de l’année et remportant un titre si tôt, c’est plutôt impressionnant. Ça va me donner beaucoup de confiance pour le reste de l’année." Le 21e mondial connaîtra-t-il une réussite similaire sur dur ? Réponse dans quelques jours.

Bucsa fait coup double

Le bond en avant de la semaine est à mettre au crédit de Cristina Bucsa. Habituée des lauriers en double, l’Espagnole de 28 ans a été récompensée pour la première fois de sa carrière en simple, sur les courts du WTA 250 de Mérida. Parvenue en finale sans perdre le moindre set et en s’offrant le scalp de Jasmine Paolini dans le dernier carré – sa première victoire face à une joueuse du Top 10, s’il vous plait – elle est ensuite venue à bout de Magdalena Frech, et ce malgré la perte de la deuxième manche (6/1, 4/6, 6/4 en 2h15). Un victorieux parcours qui lui permet de gagner 32 places au classement afin de se hisser au 63e rang mondial. Loin d’être rassasiée par ce faisceau de bonnes nouvelles, Bucsa a repris la raquette quelques heures plus tard afin de soulever son huitième trophée en double, aux côtés de Xinyu Jiang. Une semaine dont elle se rappellera sans doute longtemps…

Stearns, Austin power

L’histoire d’amour entre Peyton Stearns et la ville d’Austin a franchi une nouvelle étape ce week-end. Championne du premier événement ITF organisé sur place en 2019, l’Américaine avait également remporté sa première victoire sur le circuit principal lors de ce tournoi WTA 250 en 2023. Privée de finale depuis son sacre à Rabat en 2024, elle a remis une pièce dans la machine en s’imposant après une grosse bataille face à sa compatriote Taylor Townsend (7/6(8), 7/5 en 2h22). A noter que cette dernière s’est consolée en remportant le tournoi en double, en compagnie de l’Australienne Storm Hunter.