- Myrtille Rambion

Réalisé en présence de Roger Federer et Caroline Wozniacki à Melbourne, que nous réserve-t-il ?

Roger Federer answering to the press the day after his victory at the 2018 Australian Open©Corinne Dubreuil/FFT

“Le tirage au sort, c’est vraiment le moment que l’on attend impatiemment. Car c’est celui où l’on fait basculer sa concentration sur son premier tour, rien que son premier tour.“

Présent sur la Margaret Court de Melbourne, en ce jeudi soir dans la capitale de l’état du Victoria, pour présider au tirage au sort du premier tournoi du Grand Chelem de la saison, Roger Federer a ainsi résumé en deux phrases l’état d’esprit de l’ensemble des compétiteurs présents en Australie.

Mais quels sont au juste les (premiers) enseignements à tirer de ce lancement des hostilités “donwunder“ ?

Federer, Wozniacki : les tenants décontractés


À l’instar du tenant du titre du simple messieurs Roger Federer, la championne de l’Open d’Australie 2018 Caroline Wozniacki est apparue tout sourire et très en verve à moins de quatre jours du début du tournoi.

“La première fois que j’ai remis le pied dans la Rod Laver Arena il y a quelques jours, a déclaré la Danoise, je me suis dit : c’est chez moi ! C’est un sentiment extraordinaire de revenir ici en tant que tenante du titre. Je suis bien préparée, physiquement et mentalement et je suis confiante pour 2019.“




Et puisque la n°3 mondiale, de son propre aveu, “ne regarde jamais ses tableaux“, la perspective d’un éventuel huitième de finale face à Maria Sharapova ne viendra pas perturber cette belle sérénité. Dans son esprit, a-t-elle assuré, n’existe pour l’heure que son premier tour face à la Belge Alison van Uytvanck, rien d’autre.

Quant à Roger Federer, loin, bien loin de son premier tour face à l’Ouzbek Denis Istomin les commentateurs australiens se sont déjà projetés pour lui sur… une demi-finale contre Rafael Nadal !



Rafa, tout dépendra de son état


“Mais tout cela dépendra beaucoup de Rafa“, a prévenu Darren Cahill, l’ex-coach de Simona Halep qui œuvre pour la télévision australienne à Melbourne. De fait, sans même se projeter aussi loin, car on sait bien que l’une des beautés du tennis, justement, est que rien n’est jamais écrit à l’avance, l’état de santé de Rafael Nadal pose question à l’aube de cet Open d’Australie.

Après la blessure à la cheville droite contractée lors de l’US Open qui l’a tenu éloigné des courts pour la fin de saison dernière, c’est en effet une élongation à la cuisse droite qui a privé le Majorquin d’un vrai retour à la compétition à Brisbane. Mais le roi de Roland-Garros s’est voulu rassurant lors d’une exhibition à Sydney.

“Je me sens mieux, a-t-il dit. Je n’ai pas ressenti de douleur ici. La seule chose, c’est que je n’ai pas joué de matches depuis longtemps.“ Pour son entrée en lice, “Rafa“ affrontera l’Australien bénéficiaire d’une wild card James Duckworth.




 

Halep-Serena : choc précoce en perspective


D’abord se venger. Simona Halep a en effet hérité de son bourreau du premier tour de l’US Open pour se chauffer dans sa campagne 2019 à Melbourne : autrement dit, Kaia Kanepi. Ce que l’on appelle donc un gros test pour la n°1 mondiale, qui a achevé la saison 2018 sur le toit du monde, mais également avec une hernie.

Ensuite, la championne de Roland-Garros pourra se projeter. Au moins un peu : la Roumaine pourrait, si l’on se fie à la logique du papier, affronter Venus puis Serena Williams avant même les quarts de finale. Cette dernière, toujours en quête du record de Margaret Court (24 titres du Grand Chelem) pouvant potentiellement être son adversaire en huitièmes.



Sacré challenge pour Murray


Andy Murray n’était pas revenu à Melbourne depuis janvier 2017. Deux ans et une opération du dos plus tard, l’Ecossais n’a pas encore  totalement rassuré sur son physique.

Ce jeudi après-midi à Melbourne Park, ses deux sets d’entraînement disputés face à Novak Djokovic n’ont pas donné de signes encourageants : pas mal de grimaces et un seul jeu de service tenu pour “Muzz“ tandis que le Serbe a, lui, semblé dérouler. Mais vérité du “practice“ n’étant pas toujours celle du match, attendons de voir… Roberto Bautista-Agut sera tout sauf une partie de plaisir au premier tour.



Chemin accidenté pour les Bleus


Le moins que l’on puisse dire est que le tirage au sort de cet Open d’Australie 2019 n’a pas été clément avec un certain nombre des membres du contingent bleu.

Ainsi, Jérémy Chardy et Ugo Humbert s’affronteront d’entrée, tandis que Pierre-Hugues Herbert défiera le géant Américain Sam Querrey. Mais surtout, “les“ gros premiers tours incombent à Benoît Paire, puisque l’adversaire de l’Avignonnais au premier tour n’est autre que le finaliste de Roland-Garros, Dominic Thiem, et Adrian Mannarino, confronté au double finaliste en Grand Chelem Kevin Anderson.




Quant à Jo-Wilfried Tsonga, de retour de blessure et bénéficiaire d’une wild card, une victoire sur Martin Klizan au premier tour signifierait pour lui de très probables retrouvailles avec Novak Djokovic, onze ans après leur finale à Melbourne.

Chez les filles, pour son premier grand tableau en Grand Chelem, la n°1 mondiale juniors Clara Burel invitée par les organisateurs se voit confier la mission de jouer contre Clara Suarez-Navarro. Quant à la Bleue qui monte Fiona Ferro, elle aura également fort à faire face à l’une des révélations de la deuxième partie de saison dernière, la chinoise Qi Wang.

Pour connaître l'ensemble des premiers tours, notamment ceux des Héritiers ou des Tricolores, retrouvez les tableaux complets de l'Open d'Australie ici et ici.