- Romain Vinot

Que peut-on attendre de la cuvée tennistique 2019 ? Éléments de réponse.

Rafael Nadal's back during Roland-Garros 2018©Corinne Dubreuil/FFT

Les retours fracassants de Serena Williams et Novak Djokovic, la suprématie de Rafael Nadal sur terre battue, les très belles victoires de Karen Kachanov et Alexander Zverev en fin de saison... L'année 2018 a été riche en enseignements. De très bon augure pour 2019, que certains annoncent déjà comme la saison de transition tant attendue.

Mais c'est sans compter sur l'appétit toujours intact du trio le plus titré de l'histoire. Alors que peut-on attendre de cette nouvelle cuvée ? Éléments de réponse.

Un duel Djokovic - Nadal


Tous les ans ou presque, on se demande quand est-ce que Federer, Novak Djokovic et Rafael Nadal passeront la main à la fameuse nouvelle génération. Sascha Zverev, Dominic Thiem ou encore Karen Kachanov ont réalisé quelques beaux coups en 2018 mais les huit derniers tournois du Grand Chelem ont été remportés par les trois "dinosaures" du circuit.




D'ailleurs, si 2017 a été marqué par un duel épique entre Roger Federer et Rafael Nadal, 2019 pourrait être l'occasion d'une explication forte entre le Majorquin et Novak Djokovic, vainqueur de Wimbledon, de l'US Open, finaliste du Masters et actuel numéro un mondial.

"Je pense que la saison prochaine sera encore très belle pour Novak, a récemment confié le champion de Roland-Garros 2003 Juan Carlos Ferrero. Rafa doit se remettre de ses blessures contractées en fin d'année et, s'il le peut, il pourrait y avoir un duel entre les deux. Il peut encore se battre pour un Grand Chelem, il l'a déjà montré à de nombreuses reprises. Si je devais prédire le classement pour la saison prochaine, ce serait Novak, Rafa et enfin Roger". On prend donc les mêmes et on recommence ?

Tsonga - Pouille, retours gagnants ?


Hugo Gaston, Clara Burel, Corentin Moutet... Les joueurs et joueuses appelés à prendre la relève des Mousquetaires frappent déjà à la porte. Mais il ne faut pas pour autant enterrer les anciens, à l'image de Jo-Wilfried Tsonga. Désormais 256e mondial, le natif du Mans a connu une année 2018 cauchemardesque polluée par de longues blessures.

Battu par Marin Cilic en finale de Coupe Davis, il va devoir rebondir dès l'Open d'Australie. Un peu court physiquement, il a décidé d'engager Sergi Bruguera afin de bien préparer la saison en dur et de recevoir de précieux conseils avant les tournois de terre battue. L'une des dernières cartouches pour celui qui, désormais âgé de 33 ans, a disputé une finale, cinq demies et neuf quarts de Grand Chelem entre 2008 et 2017.



 
S'il n'est pas du tout dans la même situation, Lucas Pouille a également décidé de prendre une décision forte pour 2019. Il s'est en effet séparé de son entraîneur Emmanuel Planque après une fructueuse collaboration de six ans. Auteur d'un bon début de saison avec une première apparition dans le top 10 fin mars, il a complètement sombré sur terre, sur gazon et durant les tournées américaine et asiatique.

"C’est une très mauvaise année, a-t-il récemment déclaré. Elle n’est pas à l’image de ce que je suis capable de faire. Il y a eu trop de choses à gérer hors tennis. Je sais ce que j’ai fait et je sais ce que je ne dois pas refaire. Je finis l’année avec des regrets. Il n’y en aura pas l’année prochaine. Je termine 30e et j’ai l’impression d’avoir fait la pire année de ma vie".

Pour tenter de retrouver le niveau qui était le sien en 2016, Lucas Pouille a fait appel à Amélie Mauresmo. L'ancienne numéro un mondiale a fait une croix sur le capitanat en Coupe Davis pour s'occuper du Nordiste et espère l'aider à remonter la pente. De quoi attendre une réaction dès le début de la saison.



Qui succèdera à Nadal et Halep ?


S'il n'est plus gêné par ses blessures d'ici le printemps prochain, Rafael Nadal sera bien évidemment le grand favori de Roland-Garros. Battu par Dominic Thiem à Rome et mis en difficulté par Sascha Zverev à Madrid, le Majorquin s'était montré impérial Porte-d'Auteuil l'année passée.

Mais en cas de pépin physique -ce qu'on ne lui souhaite bien sûr pas!-, l'Allemand et l'Autrichien seraient sans doute les mieux placés pour prendre la relève à Paris. Il faudra bien sûr également se méfier de Novak Djokovic, Juan Martin del Potro ou encore... Roger Federer ! Le Suisse, qui n'a plus mis les pieds à Roland-Garros depuis 2015, a récemment confié qu'il n'était pas encore fixé quant à son calendrier relatif à la terre battue en 2019.

Rafael Nadal with his trophy in the locker room Roland-Garros 2018©Philippe Montigny/FFT

Dans le tableau féminin, la donne est bien plus complexe puisque trois joueuses différentes ont remporté les trois dernières éditions. Surtout, qu'il s'agisse de Garbiñe Muguruza, Jelena Ostapenko ou encore Simona Halep, elles n'ont pas gagné d'autres tournois sur terre battue l'année de leur sacre à “Roland“.

Si elles sont candidates à un nouveau titre, il ne faut évidemment pas oublier dans la liste des prétendantes Sloane Stephens (finaliste l'an dernier), Angélique Kerber (seul tournoi du Grand Chelem manquant), Elina Svitolina (qui court toujours après un premier majeur) ou encore Serena Williams. L'Américaine, qui a réalisé un superbe come-back l'année passée, est à la poursuite d'un 24e titre en Grand Chelem et serait ravie de soulever pour la quatrième fois le trophée à Paris.  



Les Héritiers enfin au pouvoir ?


Si Novak Djokovic et Rafael Nadal pourraient se livrer un duel sans merci, notamment dans les tournois du Grand Chelem, ils ne vont pas pour autant rafler l'intégralité des gros tournois de l'année. Vainqueur des Next Gen ATP Finals, Stefanos Tsitsipas aura à cœur d'inscrire pour la première fois son nom au palmarès d'un Masters 1000, voire de réaliser une bonne quinzaine à Wimbledon, comme le souhaite son père.

En écrasant ses adversaires au Rolex Paris Masters, Karen Kachanov a donné rendez-vous à la concurrence sur dur. Coaché par Lleyton Hewitt, Alex de Minaur voudra marquer les esprits dès le début de la saison, chez lui, en Australie. Avec Medvedev, Shapovalov, Coric ou encore Chung, les possibilités sont très nombreuses. Ils ont bien l'intention de ne laisser que des miettes aux "anciens" du circuit.

Avenir radieux         


Sans parler de Masters 1000 ou de Grand Chelem, certains noms pourraient faire leur apparition au palmarès des ATP 250 ou 500. Rudolf Molleker, vainqueur à dix-sept ans et six mois du tournoi Challenger de Heilbronn a beaucoup d'ambition bien qu'il soit encore le plus jeune joueur du Top 200.

Vainqueur de deux Challenger cette année, Félix Auger-Aliassime veut prendre exemple sur son ami Denis Shapovalov et réaliser quelques jolis coups en 2019.




Des noms comme ceux de Reilly Opelka, Michael Mmoh, Lloyd Harris ou Jurij Rodionov pourraient également être régulièrement cités. On n'oublie évidemment pas la délégation française, qui aura probablement quelques belles opérations à réaliser avec Diane Parry, Hugo Gaston, Ugo Humbert ou encore Clara Burel. À noter que cette dernière a reçu une wild card afin de disputer l'Open d'Australie en janvier !