Quelles images terribles, et quel scénario ! Le pire pour Jannik Sinner, qui menait 6/3, 6/2, 5-1 face à Juan Manuel Cerundolo et se dirigeait vers une qualification des plus tranquilles pour le troisième tour, lorsqu'il a été subitement victime d'un très gros coup de pompe physique. Le n°1 mondial n'a jamais pu retrouver ses esprits. Incapable de se déplacer, pris de nausées, il a refusé d'abandonner mais n'a pu éviter le naufrage, n'inscrivant que deux petits jeux jusqu'à la fin du match pour s'incliner 3/6, 2/6, 7/5, 6/1, 6/1, ce jeudi.
Deuxième tour : Sinner, le pire scénario
Victime d'une énorme défaillance physique alors qu'il se dirigeait vers une victoire aisée, le n°1 mondial a sombré face à Juan Manuel Cerundolo. Un véritable tremblement de terre.
Une panne sèche
Roland-Garros tient donc son premier tremblement de terre. Et c'est peu dire que celui-là, personne ne l'avait vu venir, surtout après un tel début de match. Jannik Sinner semblait dans une forme dévastatrice, la même qui lui avait permis de passer son premier tour sans encombre, mardi, contre Clément Tabur. Il fonçait sur l'autoroute d'une 31e victoire d'affilée qui lui aurait permis d'établir, tout de même, la 10e série la plus prolifique de l'ère Open.
Et puis, tout s'est effondré au moment où l'on s'y attendait le moins. Sinner menait 5-1 dans la troisième manche en n'ayant eu à sauver, en tout et pour tout, qu'une balle de break depuis le début de la rencontre. Un effondrement aussi soudain que brutal. Jugez plutôt. Pris de vertiges et de douleurs musculaires, le n°1 mondial a encaissé les 18 points suivants ! Le temps mort médical pris à 5-4, 0-40, n'y a rien changé. Et dire qu'il ne lui a sans doute manqué que quelques minutes pour conclure le match à temps.
Embarqué dans un quatrième set aussi dangereux qu'imprédictible, il semblait encore pouvoir surmonter ce coup de barre, comme il l'avait déjà fait à plusieurs reprises dans sa carrière. Seulement, les jeux ont continué de défiler en sa défaveur et on ne voyait aucun signe d'amélioration de son état de santé. Le regard dans le vide et pris de nausées, le patron a laissé des balles filer sans réagir et s'est assis quelques secondes entre deux points pour se donner de l'air. En vain.
Cerundolo, la bonne attitude
En face, Juan Manuel Cerundolo a fait ce qui était nécessaire, aussi, pour profiter de l'aubaine. Sans jamais paniquer face à cette occasion unique, le gaucher argentin a joué le tennis qu'il fallait, allongeant les rallyes et multipliant les amorties, quitte à s'excuser par moments de le faire, très sportivement. Mais il n'y avait pas de quoi. C'était la bonne tactique, et la bonne attitude. Elle lui permettra de disputer pour la première fois de sa carrière le troisième tour d'un Grand Chelem.
Sinner, lui, devra attendre un an pour repartir à la conquête du seul Majeur qui manque encore à son palmarès. Comme certains le craignaient, il a peut-être été rattrapé par son épuisante campagne printanière et les cinq Masters 1000 remportés consécutivement en deux mois. Quoi qu'il en soit, ce Roland-Garros 2026, qui lui semblait promis, a définitivement basculé dans la folie.