À New York, Stan rit, Djoko plie

 - Myrtille Rambion

En huitièmes de finale de l’US Open, Stan Wawrinka a clairement dominé Novak Djokovic, avant que celui-ci n'abandonne.

Stan Wawrinka getting prepared to send balls in the crowd at the 2019 US Open©Corinne Dubreuil/FFT

Ces deux-là se connaissent par cœur. Et s’apprécient au point d’être capables de s’entraîner ensemble en période de Grand Chelem, ce qui est plutôt rare à ce niveau.

Cela ne sera pas produit cette fois à Flushing Meadows, mais en dit long sur le respect que se vouent Novak Djokovic et Stan Wawrinka.

Hug between Stan Wawrinka and Novak Djokovic at the 2019 US Open©Corinne Dubreuil/FFT

La photo d’avant match, ce dimanche soir en night session sur le court Arthus Ashe, ne disait d’ailleurs pas autre chose.

Le couperet est tombé

Ce qu’elle ne laissait pas percevoir en revanche, était pourtant LA grande question de la soirée, celle qui titillait tous les observateurs : Novak Djokovic, que l’on savait en souffrance avec une épaule qui avait déjà alimenté les rumeurs de forfait au tour précédent, allait-il être en mesure de jouer ?

La réponse est tombée quelques minutes plus tard. Le Serbe l’était. Mais pas plus de deux sets et demi et moins de deux heures.

Il est vrai que si le n°1 mondial n’avait visiblement pas de gros problèmes dans ses déplacements, son service, lui, avait semblé un peu plus lent que d’habitude. Autour des 185 km/h de moyenne, quand son adversaire, lui, frôlait plutôt les 220.

Novak Djokovic walking on the court for his match against Stan Wawrinka at the 2019 US Open©Corinne Dubreuil/FFT

Et le couperet est tombé, après 1h46 et une brève intervention du kiné qui lui a passé de la pommade sur l’épaule gauche à la fin du deuxième set : Novak Djokovic a préféré jeter l’éponge après sa cinquième double faute, incapable de continuer.



Douleur constante

“La douleur est là de manière constante depuis des semaines maintenant, a indiqué Nole. Certains jours plus que d’autres et je prends des choses différentes contre la douleur. Parfois cela marche, parfois non. Il faut savoir arrêter quand on n’est plus capable de frapper la balle. C’est frustrant, très frustrant, même.“

C’est un fait. Reste qu’avant cela, Stan Wawrinka avait clairement dominé les débats, mettant la pression sur son adversaire à force de grosses premières (9 aces, 84% de points remportés sur ses premières balles) et d’accélérations de revers à une main dont il a le secret.

Stan Wawrinka's backhand during his fourth round match at the 2019 US Open©Corinne Dubreuil/FFT

“Je pense que je pratiquais du super tennis", a confirmé Stan Wawrinka à l’issue de la rencontre. Sourire à l’appui. Pas seulement pour la forme d’une interview sur le court devant le public si énergisant des night sessions new-yorkaises. Non, il était l’expression d’un vrai bonheur de retrouver les quarts de finale d’un tournoi où il s’était imposé en 2016.



Pas sûr de pouvoir rejouer

Il y a trois ans seulement, pourtant une éternité. Grièvement touché au genou gauche à cette époque, le Suisse a poursuivi, blessé, jusqu’à Roland-Garros, puis la saison sur gazon suivante. Avant de subir deux opérations coup dur coup et les chirurgiens n’étaient pas forcément optimistes quant à sa capacité à même pouvoir rejouer un jour au tennis.

Mais Stan The Man a une volonté hors normes. Revenu à la compétition “un peu trop tôt“ de son propre aveu à New York l’année passée, douze mois plus tard, tout est différent.



Un quatrième titre du Grand Chelem ?


Il est “fit“ et ça se voit. “On n’a jamais envie de gagner des matches de cette manière, a expliqué le Vaudois, actuel 24e mondial, après sa qualification pour les quarts de finale. En plus, Novak est un immense champion et un très bon ami depuis des années. Mais c’était un match fantastique. Je suis content de mon niveau de jeu.“

Avant de prévenir : “Je sais combien je peux bien jouer, j’ai gagné trois titres du Grand Chelem.“ Et parler de la possibilité d’en remporter un quatrième ne semble pas incongru à New York. Au contraire.