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Quarts de finale : Mensik refroidit Fonseca

Au terme d'une session de soirée nettement dominée, le Tchèque s'est qualifié pour la première demi-finale en Grand Chelem de sa jeune carrière.

Jakub Mensik / Quarts de finale - Roland-Garros 2026
 - Rémi Bourrieres

Cette fois, le feu n'a pas pris. Ou trop peu. Ou trop tard. Après avoir embrasé le court Philippe-Chatrier lors de ses deux derniers matchs contre Novak Djokovic et Casper Ruud, Joao Fonseca s'est nettement incliné face à un Jakub Mensik extrêmement impressionnant ce mardi.

Auteur d'une masterclass offensive et particulièrement clinique dans les moments clés, le Tchèque est sorti vainqueur en trois sets de ce quart de finale de la jeunesse 6/4, 6/3, 7/6(3) en 2h44. À 20 ans, c'est donc lui qui aura l'honneur de défier dans le dernier carré celui qui est désormais le favori légitime du tournoi, Alexander Zverev, vainqueur un peu plus tôt de Rafael Jodar.

51 montées au filet

Ce duel entre les deux valeurs montantes du tennis mondial, quart de finale "le plus jeune" à Roland-Garros depuis le fameux Nadal - Djokovic de 2006, s'annonçait beaucoup plus équilibré sur le papier. Et le Brésilien de 19 ans, fort de sa première semaine retentissante, semblait même partir légèrement favori. Mais on a vite vu qu'il n'était pas dans les mêmes prédispositions que lors de ses exploits précédents.

Un peu plus lent, un peu plus imprécis, le body langage un peu plus négatif, il n'a pas réussi à enflammer le match, malgré les encouragements nourris de son compatriote Gustavo Kuerten, son premier supporter. Son arme favorite, à savoir un coup droit supersonique, était ce soir légèrement enrayée. Au total, Fonseca a commis 38 fautes directes.

Mensik en a commis autant, c'est vrai, mais il a aussi frappé 10 coups gagnants de plus (49 à 39). Surtout, il a fait exactement ce qu'il fallait pour empêcher son adversaire de rentrer dans son match, en proposant un tennis extrêmement varié et agressif. "On sait que depuis la ligne de fond, c'est l'un des tout meilleurs. Je me suis donc particulièrement concentré sur le service et le retour. Puis, à l'échange, j'ai essayé d'ouvrir le jeu au maximum et d'aller de l'avant" a-t-il expliqué à Alex Corretja, lors de l'interview sur le court.  

Derrière une première balle toujours aussi maousse (83% de points gagnés), Mensik s'est en effet précipité au filet (51 montées), où il a souvent réalisé des prodiges (38 points gagnés) grâce à un toucher particulièrement mis en avant sur ce Roland-Garros. Si lui aussi avait connu un parcours épique pour en arriver là, il avait manifestement mieux récupéré que son adversaire. Physiquement, c'était lui le plus fort ce soir.

Main chaude et tête froide

Pendant longtemps, on a même pu penser que la soirée allait virer au "one man show". Surclassé dans les deux premières manches sans avoir eu la moindre balle de break (Mensik en a obtenu 21 au total), le Brésilien a tenté de faire sonner le réveil à l'entame de la troisième manche. Il a breaké d'entrée, puis mené 5-3 et obtenu une balle de set sur son service à 5-4. Mais Mensik l'a sauvée. Au filet, évidemment. Puis il a débreaké.

Jusqu'au bout, Fonseca a essayé de relancer la machine. Il a fini par arracher un tie-break au terme d'un douzième jeu héroïque dans lequel il a sauvé six balles de match. Mais là encore, le Tchèque a gardé la tête froide. Aussi froide que les poches de glace qui l'avaient sauvé du désastre lors d'un deuxième tour chaud bouillant contre Mariano Navone.

Revenu de loin dans cette édition 2026, le natif de Prostejov a définitivement rafraîchi l'ambiance brésilienne en sortant un jeu décisif de haute volée, ponctué par une balle de match somptueuse : un petit passing de revers court croisé, glissé derrière une amortie de revers non moins bien touchée. Superbe point final à "la plus belle performance" de sa carrière.

Premier joueur né après 2004 à atteindre une demi-finale de Grand Chelem (il est de 2005), Jakub Mensik est aussi devenu le plus jeune joueur tchèque à rallier le dernier carré d'un tournoi majeur. Dans un pays qui a connu des champions de la trempe d'Ivan Lendl, Jan Kodes, Petr Korda ou Tomas Berdych, tous demi-finalistes eux aussi à Paris (et même vainqueurs pour les trois premiers nommés), la performance est exceptionnelle.

Et si, sur le papier, le 27e joueur mondial ne partira pas favori de son match contre Alexander Zverev, ce dernier aura tout intérêt de se méfier. Jakub Mensik a le profil parfait d'un coupeur de têtes en mission, prêt à tout pour renverser l'ordre établi.