Il a lâché un missile de revers long de ligne - son coup signature - pour s'offrir un dernier espoir et faire passer un ultime frisson au public, qui n'en demandait pas tant pour s'enflammer. Mais Stan Wawrinka a cédé, trois points plus tard, épuisé et logiquement dominé par le lucky loser Jesper de Jong, qui a joué une partition parfaite dans des conditions très particulières, pour l'emporter 6/3, 3/6, 6/3, 6/4 en 3h04.
Premier tour : Wawrinka, les adieux aux larmes
Très ému, l'ancien vainqueur du tournoi a quitté Roland-Garros sur une défaite face à Jesper de Jong, ce lundi.
Une empreinte éternelle à Paris
Voilà, c'est fini. Devenu, à 41 ans et 57 jours, le joueur le plus âgé à intégrer le tableau final de Roland-Garros depuis le Hongrois Istvan Gulyas en 1973 (41 ans et 220 jours), le Suisse - qui prendra sa retraite à la fin de la saison - ne reviendra plus à Roland-Garros. En tout cas, plus comme un joueur professionnel. Il peut partir l'esprit tranquille, fier du devoir accompli. L'empreinte laissée dans la terre parisienne restera éternelle : dans l'ère Open, il est l'un des trois joueurs (avec Ivan Lendl et Mats Wilander) à avoir triomphé à Paris en juniors (2003) puis chez les professionnels (2015). En bonne compagnie donc, vous en conviendrez.
Pour ce dernier tour de scène, le Suisse aurait pu hériter d'un premier tour de gala contre Arthur Fils. Mais le forfait de ce dernier a fait le bonheur de Jesper de Jong, qui a parfaitement saisi sa chance. C'était peut-être moins prestigieux sur le papier mais sur le terrain, ce fut brûlant et magnifique. Pour son 66e match Porte d'Auteuil, "Stan the Man" a fait honneur à sa légende en se battant comme un lion, jusqu'au bout de ce combat de plus de trois heures disputé dans la fournaise. La réalité du temps a fini le rattraper. Mais le moment restera inoubliable.
C'est grâce à des tournois comme Roland-Garros que j'ai rêvé de devenir un joueur de tennis. Merci de rendre ces rêves possibles.
Ovationné par le public d'un court Simonne-Mathieu plein comme un œuf, le Suisse a fini par craquer en revenant sur sa chaise, au moment de recevoir un vibrant hommage en la présence d'Amélie Mauresmo, directrice du tournoi, et de Gilles Moretton, président de la Fédération française de tennis. C'est à eux que Wawrinka a consacré ses premiers mots.
"Je voudrais d'abord remercier Amélie et Gilles, ainsi que toutes les personnes qui travaillent pour le tournoi, de m'avoir permis de vivre de telles émotions et de m'avoir offert la possibilité d'être là aujourd'hui, a-t-il commencé, en larmes, lors d'une cérémonie où il a aussi reçu des messages de Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic, Carlos Alcaraz et Gaël Monfils. C'est grâce à des tournois comme Roland-Garros que j'ai rêvé de devenir un joueur de tennis. Merci de rendre ces rêves possibles."
Stan Wawrinka a vécu quelques matchs de légende Porte d'Auteuil, au premier rang desquels sa finale victorieuse contre Novak Djokovic en 2015, ou ce combat titanesque de 5h09 remporté face au jeune Stefanos Tsitsipas en 2019. Mais cette défaite au premier tour contre Jesper de Jong, ce 25 mai 2026, occupera malgré tout une place très spéciale au fond de son cœur.
"C'est grâce au soutien que vous m'avez donné durant toutes ces années que j'ai voulu pousser le plus loin possible. Pour vivre des émotions comme celles vécues aujourd'hui, a-t-il ensuite déclaré à l'attention du public. C'est dur de vous quitter. Je savais que c'était la fin, je sais que c'est le bon choix. Mais quand on est passionné par quelque chose, on n'a jamais envie de dire au revoir. J'aurais aimé pouvoir rejouer encore une fois devant vous mais malheureusement, c'était mon dernier match à Roland. Donc merci beaucoup."
Au revoir, Stan. Et merci pour tout.