Le graffeur Jace célèbre Roland Garros

 - Amandine Reymond

Le street-artist Jace a réalisé une fresque en hommage à l'aviateur Roland Garros.

Roland-Garros 2018, Jace, street art, graffiti, fresque©Julien Crosnier / FTT

A l’occasion du centenaire de la disparition de Roland Garros, le tournoi a invité le street-artist Jace, Réunionnais d’adoption, à rendre hommage au célèbre aviateur en réalisant une fresque devant le nouveau court 18. Rencontre.

Comment avez-vous débuté le graffiti ?  

J’ai commencé à 16 ans, en 1989, dans un petit village à la Réunion, où je vis depuis mes neuf ans. J’avais pris option arts plastiques au lycée et le prof avait un bouquin sur le graffiti à New York dans les années 1980. J’ai vraiment eu un flash et je me suis dit que c’était ce que je voulais faire. Et je n’ai jamais décroché, j’ai toujours peint, même pendant mes études de biologie.

Comment sont nés les gouzous, vos personnages emblématiques ?  

Ils sont nés en 1992 à la Réunion. Au début, je taguais comme tout le monde avec des mots, mon nom… Mais j’avais l’impression de tourner en rond et que ça ne parlait qu’à une petite frange de la population. J’avais envie de quelque chose de plus reconnaissable, un personnage que je puisse faire évoluer et avec lequel je puisse m’amuser.

Avez-vous trouvé leur forme et leur nom rapidement ?  

Oui, bizarrement ! Leur aspect un peu rondouillard est apparu dès le début. Je pense que c’est le résultat d’un mix d’influences, dont celle de la BD, que j’adore depuis mon enfance. J’ai repris un peu les codes de la BD avec les petits nuages, les onomatopées. Et leur nom m’a été inspiré par un copain du lycée, originaire du sud-ouest de la France, qui appelait les gens comme ça. J’ai trouvé ça improbable et ça collait bien aux personnages donc je les ai baptisés "gouzous".

Que va représenter cette fresque que vous êtes en train de faire ici ?  

L’idée, c’est de rendre hommage à Roland Garros, qui est décédé il y a 100 ans, et de célébrer le lien entre la Réunion et Paris. J’ai choisi un univers assez aérien où des anges vont taper la balle dans les nuages avec l’aviateur, qui sera le distributeur de balles entre le volcan d’un côté et des monuments parisiens de l’autre.  

Comment l’avez-vous préparée ?  

En général, je réfléchis d’abord à la composition de la fresque pour qu'elle soit assez équilibrée en fonction du mur et je la dessine sur papier pour gagner du temps, avant de la reproduire à grande échelle sur le mur. Ici, j’ai commencé par un fond bleu au rouleau, avant de tracer mes formes à la bombe et comme je n’ai pas de temps de séchage à respecter, ça devrait être assez rapide.  

Roland-Garros 2018, Jace, street art, graffiti, fresque©Julien Crosnier / FTT
Que cela représente-t-il pour vous de graffer à Roland-Garros ?  

Quand j’étais plus jeune, je regardais le tournoi à la télévision et je suis très fier de peindre ici. C’est un événement assez mythique, qui est mondialement connu. Donc c’est une vraie fierté d’avoir été invité pour cette célébration. D’un point de vue personnel, c’est encore plus fort car ma compagne joue au tennis et je crois qu’elle est encore plus fière que moi. 

Quels sont vos autres projets ?  

Je vais bientôt faire une façade d’un nouveau bâtiment multiculturel qui va ouvrir dans le 18e arrondissement de Paris. Je prépare aussi une expo pour le mois de juillet au Havre et je gère ma galerie à la Réunion.

Pour admirer Jace en action et découvrir sa fresque, rendez-vous devant le court 18 !