- Myrtille Rambion

En remportant l’Open d’Australie, la Japonaise est aussi devenue n°1 mondiale.

Naomi Osaka holding her trophy at the 2019 Australian Open
©Corinne Dubreuil/FFT

Sa joie toute intérieure pourrait devenir une habitude sur le circuit. Et à raison. Lorsque le retour de Petra Kvitova est parti bien au-delà des limites du court, ce samedi soir à Melbourne, et a offert à Naomi Osaka le titre, cette dernière s’est accroupie, longuement, et a souri. Furtivement. Mais plus nettement que, quelques minutes plus tard, sur le podium de remise des prix.

Nice hug at the net between Naomi OSaka and Petra Kvitova at the 2019 Australian Open©Corinne Dubreuil/FFT

La Japonaise est comme cela : très intériorisée sous les projecteurs. Alors même que sa vie intérieure semble riche et animée, les quelques fois où elle la partage, et que son humour un peu extraterrestre la rend de plus en plus attachante aux yeux du public comme des médias.

Mais il ne faudrait pas se fier uniquement aux apparences : bien sûr que ce titre à l’Open d’Australie, arraché en trois sets face (7/6, 5/7, 6/4) après avoir manqué trois balles de match dans le deuxième, lui a procuré un immense plaisir. Bien sûr que l’idée de devenir, par la même occasion, la nouvelle n°1 mondiale l’a submergée d’émotions.

The moment when Naomi Osaka realises she has just won the 2019 Australian Open
©Corinne Dubreuil/FFT
“J'ai toujours eu envie de jouer contre toi“


D’autant plus que cette victoire, elle l’a obtenue face à l’une des plus grandes battantes du circuit : Petra Kvitova, victime d’une attaque au couteau à la main gauche en décembre 2016, qui avait laissé dans un premier temps les médecins très pessimistes quant à sa capacité à rejouer un jour au tennis.

“Un immense bravo à toi, Petra, a lancé Naomi Osaka au micro de la Rod Laver Arena lors de la cérémonie de remise des trophées. J’ai toujours eu envie de jouer contre toi. Tu as dû traverser tellement de choses… Honnêtement, je n’aurais pas voulu que cette finale soit notre premier match l’une contre l’autre. Tu es réellement extraordinaire et je suis honorée de t’avoir affrontée en finale d’un Grand Chelem.“

Petra Kvitova in tears during her specch at the trophy prestentation of the 2019 Australian Open.
©Corinne Dubreuil/FFT

“C’est dingue, a de son côté expliqué la Tchèque en pleurs. Je n’arrive pas à réaliser que je viens juste de rejouer une finale de Grand Chelem. Merci à mon équipe d’être restée à mes côtés alors qu’on ne savait même pas si je serais un jour capable de tenir de nouveau une raquette. Vous avez été là, m’avez toujours soutenue, êtes restés positifs alors même que je ne devais pas être très facile à vivre…“

Installée pour un moment ?


Ce sacre à l’Open d’Australie 2019 est donc le deuxième titre du Grand Chelem de Naomi Osaka. Qui en s’imposant coup sur coup à New York puis Melbourne, a prouvé qu’elle était là pour durer. Le titre de n°1 mondial qui en découle est lui aussi mérité.

during the trophy presentation athe 2019 Australian Open
©Corinne Dubreuil/FFT

Le jeu de la Japonaise est en effet l’un des plus percutants du circuit actuel. Son service en est l’une des expressions les plus visibles : elle a réussi 59 aces sur l’ensemble de la quinzaine.

Installée pour un moment au sommet ? Et pourquoi pas ? À moins que sa dauphine au classement, qui n’est autre que Petra Kvitova, ne l’entende autrement…