- Romain Vinot

Ils ont brillé en 2018 et sont l'avenir. Tennis, personnalité, hobbies : on vous dit tout. Deuxième volet : Karen Khachanov.

Karen Khachanov close up at Roland-Garros 2018©Corinne Dubreuil/FFT

À 22 ans, Karen Khachanov vient de conclure la plus belle saison de sa carrière en remportant le Rolex Paris Masters il y a quelques semaines.

Naturellement comparé à Marat Safin, le géant russe (1m98) est désormais aux portes du top 10 et rêve de remporter un Grand Chelem. Avant d'occuper le fauteuil de numéro un mondial dans un avenir proche.

Des ambitions légitimes et façonnées par un entourage qui mise sur lui depuis de nombreuses années. Découverte.

Karen Kachanov portrait black and white 2018 Rolex Paris Masters©Corinne Dubreuil/FFT
L'herbe est toujours plus verte ailleurs


Dès l'âge de trois ans, le natif de Moscou a été inscrit à l'activité “tennis“ de l'école par ses parents, tous deux médecins. Un véritable déclic pour celui qui a alimenté sa passion en regardant les matchs de Marat Safin et Juan Martin del Potro. Prometteur en junior, il n'a pas hésité à quitter la Russie pour mettre toutes les chances de son côté.

En 2012, il a ainsi posé ses valises à Split en Croatie, pour travailler sous les ordres de l'ancien coach de Goran Ivanisevic, Vedran Martic. De 2014 à 2017, il progresse à Barcelone avec Galo Blanco, qui a notamment révélé Milos Raonic. Mais en 2018, c'est de nouveau avec Martic qu'il change de dimension et signe ses plus belles victoires.



Tonton prêteur


Si ses parents croyaient en lui, ils ne pouvaient pas assumer seuls sa progression. Ils ont donc demandé une aide financière à l'oncle de Karen, Alexander Zayonts. "J'ai demandé à ses parents combien ils voulaient et je leur ai donné. Pour s'entraîner, se payer un coach, mais surtout voyager sur le circuit ITF. Ça coûte assez cher tout ça", a-t-il expliqué au journal L'Equipe.

Il ne s'agit d'ailleurs pas d'un simple investissement financier puisque cet amateur de poker lui a également obtenu des invitations dans de grands tournois russes ou encore des rencontres avec d'anciens joueurs. Lors des matchs de “Djan“ – son surnom -, il est assez facile à repérer : c'est toujours celui qui crie le plus fort, au grand dam de ses adversaires...

Karen Khachanov with his trophy Rolex Paris Masters 2018©Corinne Dubreuil/FFT
Monsieur 100%


Depuis 2013 et ses débuts sur le circuit professionnel, Karen Khachanov n'a disputé que quatre finales. Seulement, que ce soit à Chengdu en 2016 ou à Marseille, Moscou et Paris en 2018, il a toujours triomphé. Un ratio parfait qui prouve que ses qualités et son sang-froid ne sont pas altérés dans les grands rendez-vous.

C'était d'ailleurs déjà le cas à 17 ans, lorsqu'il a été appelé pour défendre les couleurs de la Russie en Coupe Davis. Évidemment, sa plus belle victoire reste celle au Rolex Paris Masters, durant lequel il a battu quatre membres du Top 10 (Isner, Zverev, Thiem puis Djokovic). Il ne lui reste plus qu'à confirmer ses bonnes dispositions en 2019.

Safin mais pas trop


Forcément, cette victoire au Rolex Paris Masters n'a fait que renforcer les similitudes avec son illustre compatriote, Marat Safin, vainqueur en 2000, 2002 et 2004 à “Bercy“. Au-delà de cette réussite dans la capitale française, il y a également le gabarit, la formation en Espagne, le service ou encore le revers.

"C’était un joueur charismatique sur le court. Il savait toujours ce qu’il devait faire : son revers, son service, tous ses coups étaient puissants [...] J’ai encore un long chemin à parcourir avant d'atteindre son niveau mais j’espère y parvenir", a-t-il déclaré au sujet de son aîné. Si la ressemblance est donc certaine, elle s'arrête au caractère puisque Djan est bien moins nerveux sur le court. Il ne devrait donc pas casser autant de raquettes que son modèle...



Échec et mat


Être joueur de tennis professionnel n'empêche pas de s'intéresser à d'autres disciplines. Amateur de football et inconditionnel du Real Madrid, Karen Khachanov a évidemment suivi la Coupe du monde de football qui se déroulait cet été dans son pays. Egalement fan de basket, il supporte le Heat de Miami, ce qui lui fait un point commun avec Alexander Zverev.

Mais celui qui est inscrit à l'université de Moscou pour passer un diplôme d'éducation physique préfère avant tout faire travailler son esprit grâce aux échecs ou à la littérature. "J'étudie en ligne et j'aime jouer aux échecs, c'est un de mes passe-temps favori. Et j'aime aussi lire des romans classiques", a-t-il confié à l'ATP. On comprend mieux pourquoi certains l'appellent “Karen, l'intellectuel“.  



Coup de foudre précoce


S'il n'est pas rare qu'un joueur rencontre sa future femme sur le circuit, ce n'est pas du tout le cas de Khachanov.

"J'ai rencontré Veronika à l'âge de huit ans et je n’ai pas fait une bonne première impression ! Nous nous sommes rencontrés à l'aéroport, je jouais avec un chariot à bagages et je l’ai heurtée. Elle a dit à sa mère : ‘Quel idiot !’. C'est ma femme depuis deux ans maintenant", a-t-il admis dans une interview retranscrite par Tennis World.

 Absente lors du triomphe parisien, elle est régulièrement à ses côtés et semble indispensable à l'équilibre de vie du joueur.