×

Décryptage : Zverev, la constance et les progrès récompensés ?

Qualifié pour la finale de Roland-Garros, l’Allemand brille par sa constance dans ses filières de prédilection.

Alexander Zverev / Demi-finales - Roland-Garros 2026
 - Hadrien Hubert

Vendredi, Alexander Zverev s’est hissé pour la deuxième fois en finale de Roland-Garros en disposant de Jakub Mensik. Sans doute émoussé par la répétition des efforts et deux matchs marathons (face à Mariano Navone et Andrey Rublev), le Tchèque n’a jamais pu lutter face aux échanges au long cours de l’Allemand.

Bras de fer et riposte

Annoncé comme un duel de cogneurs, l'affrontement entre le Tchèque et l’Allemand n'a pas dérogé aux prédictions. Il n’a pas fallu longtemps avant de voir la première bataille du fond basculer en faveur du n°3 mondial. Sur le point inaugural, un échange de onze coups a annoncé la couleur. Sascha avait pour plan de jeu d’allonger les débats et d'assécher les dernières gouttes de carburant de son adversaire, moins mobile que lors de son quart face à Joao Fonseca. Moins frais, aussi, après ses combats de la première semaine.

Sur l'ensemble du match, le finaliste de l'édition 2024 a remporté vingt points de plus que son adversaire, dont cinq (21 contre 16) dans les échanges les plus longs (ceux de plus de neuf coups). En guise de riposte, Mensik a tenté d’abréger. Des amorties distillées en nombre et des montées au filet bien senties, rappelant la stratégie de Novak Djokovic - son mentor -, quand il affronte le natif d'Hambourg. En vain.

Dans les contrées du fond de court

Depuis le début de sa carrière, Sascha en impose par son physique : proche du double mètre (1,98m), corps longiligne, il possède toutes les caractéristiques du serveur puissant. Cependant, sa couverture de terrain et son endurance situent son tennis aux antipodes de ce que l’on pourrait attendre d’un joueur de son gabarit. Dès son premier coup d’éclat sur le circuit - à Hambourg 2014 -, il bataillait déjà depuis sa ligne, s'imposant avec plaisir au cours d'échanges interminables.

Seulement, des critiques ont commencé à être énoncées à propos de l'efficacité de cette tactique dans la construction d'un palmarès majeur. L'Allemand, qui aurait une forte tendance à se complaire dans les contrées éloignées du court, délaisserait les offensives et la conquête du filet. On se souvient qu’à Melbourne, en 2024, il avait passé plus de 14 heures sur le court lors de l’ensemble du tournoi. Trop épuisé par les marathons de la première semaine, il s'était incliné en demi-finales face à Daniil Medvedev.

Alors, même si les filières longues resteront toujours son terrain de prédilection, Alexander Zverev s’essaie à autre chose. Depuis quelques semaines (disons, à partir du Masters 1000 d'Indian Wells), il faut lui reconnaître sa volonté de varier davantage. Certes avec parcimonie. Certes avec une réussite qui varie selon les matchs et les adversaires. Mais il a au moins le mérite de tenter et ainsi de jouer quasiment contre nature. Il ne s'agit pas ici de mutation profonde, mais plutôt de petites touches distillées ici et là.

Exemple le plus frappant : son utilisation de l’amortie. On en dénombre huit lors de la demi-finale contre Jakub Mensik. Cinq d'entre elles ont été exécutées en revers : toutes ont été gagnantes. Ce dimanche, contre Flavio Cobolli - joueur complet au physique explosif et très habile au retour -, l'Allemand devra user de l'intégralité de sa panoplie pour s'imposer et ainsi glaner le Majeur après lequel il court depuis tant d'années...