Impressionnants ce jeudi lors de leurs quarts de finale respectifs face à Alexander Zverev et Karen Khachanov, Novak Djokovic (n°1) et Dominic Thiem (n°4) s'affrontent vendredi pour une demi-finale explosive. Avec chacun ses arguments. Alors, à qui le choc des cadors ?
Djokovic-Thiem : leurs raisons d'y croire
Les deux joueurs ont des arguments à faire valoir pour ce choc.

À Novak Djokovic, parce que :
. Il déroule comme jamais. Le Serbe s'est qualifié pour les demi-finales sans perdre le moindre set. C'est la sixième fois qu'il réussit ce tour de force en Grand Chelem, la deuxième à Roland-Garros (après 2015). Plus fort encore : il n'a passé que 8h55 sur le court au total de ses cinq matches, et n'a perdu que 40 jeux en tout. Zverev a été le seul à lui en prendre au moins cinq dans un même set. Vous avez dit dominateur ?
. Il a battu Thiem à Madrid. Les historiques de matchs entre deux joueurs n'ont pas toujours une grande signification. Mais quand un face-à-face se déroule juste avant, sur une même surface, il revêt tout de même une importance certaine. À Madrid, Djokovic a remporté face à Thiem une demi-finale (déjà) de très haut niveau, 7/6, 7/6. L'Autrichien pouvait difficilement mieux jouer. Et pourtant…
. Il ne peut pas s'arrêter là. Vainqueur à Wimbledon et l'US Open l'an dernier, puis à l'Open d'Australie en début d'année, Novak Djokovic, en cas de sacre à Paris, réaliserait le deuxième "quatre à la suite" de son histoire, après 2015-2016. Dans l'histoire du jeu, seul Rod Laver, auteur à deux reprises du Grand Chelem calendaire (1962, 1969) a réalisé cet exploit. Djokovic deviendrait par ailleurs le premier joueur de l'ère Open à remporter au moins deux fois chaque tournoi majeur. Les mots manqueraient pour qualifier la portée de l'exploit.
. Il a bien révisé son allemand. La langue, pas la nationalité. Dominic Thiem est autrichien mais parle la même langue que Jan-Lennard Struff et Alexander Zverev, les deux précédentes victimes de Djokovic. En bon polyglotte, le Serbe en a peut-être profité pour réviser la langue de Goethe. On ne sait jamais, ça peut toujours servir…

À Dominic Thiem, parce que :
. Il monte en puissance. À l'inverse de Djokovic, il a connu un début de tournoi laborieux avec trois sets lâchés en trois matches face à Paul, Bublik et Cuevas. Ensuite, il a passé la vitesse supérieure : 10 jeux perdus pour une victoire en 1h48 contre Monfils en huitièmes ; 8 jeux perdus pour une victoire en 1h47 contre Khachanov ce jeudi. "Dominator" est de retour.
. Il a pris une autre dimension. À Roland-Garros aussi, Dominic Thiem monte en puissance. C'est la quatrième année d'affilée qu'on le retrouve dans le dernier carré et il a passé un premier cap important l'an passé en se hissant jusqu'en finale (battu par Nadal). Depuis l'Autrichien a pris encore une autre dimension en remportant cette année, à Indian Wells, son premier Masters 1 000, face à Roger Federer. Son heure se rapproche, c'est certain…
. Il n'a pas peur de Djokovic. On le redit, méfions-nous des face à face. Mais ne les occultons pas non plus. Thiem a battu deux fois Djokovic coup sur coup sur terre battue, en 2017 à Roland-Garros (en trois petits sets), puis en 2018 à Monte Carlo. Si le Serbe n'était pas à son meilleur, c'est malgré tout un petit "bonus" psychologique pour l'Autrichien. Qui a certes perdu le dernier duel entre les deux hommes à Madrid cette année, mais en montrant qu'il n'était nullement impressionné par le numéro un mondial. Il a juste perdu "à la raquette".
. Il est en mission. Comme Djokovic – certes à un degré moindre -, Dominic Thiem peut marquer l'histoire. Celle de son pays, en l'occurrence. En cas de succès, il peut devenir le premier joueur autrichien à disputer deux finales de Grand Chelem. Thomas Muster n'en a joué qu'une, en 1995. Mais il l'a gagnée. Thiem voit donc certainement plus loin que cette demie...