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Elsa Jacquemot, l’éloge de la maturité

La Française affronte la numéro un mondiale en troisième rotation sur le court Philippe-Chatrier.

Elsa Jacquemot / Premier tour -Roland-Garros 2026
 - Baptiste Blanchet

En crise de résultats après une période faste, la Lyonnaise semble retrouver de la constance et surtout une meilleure approche mentale au moment de défier la n° 1 mondiale, Aryna Sabalenka, au deuxième tour de Roland-Garros.

Des hauts puis des bas

L’an passé, Elsa Jacquemot s’était inclinée d’un rien au troisième tour face à Loïs Boisson (6/3, 0/6, 7/5). Dans la foulée, la Lyonnaise avait multiplié les bons résultats : deuxième tour à Wimbledon en sortant des qualifications, finales à Contrexéville et Limoges (WTA 125), demies à Guadalajara, quarts à Cleveland... s’offrant ainsi un sacré bond au classement : 138e mondiale avant Roland-Garros, elle terminait l’année à la 59e place mondiale, avant d’atteindre son meilleur classement début février 2026 (53e). La machine semblait lancée, son potentiel totalement exploité, mais cette saison, les résultats n’ont pas suivi. "Je suis dans une période plus compliquée, avec moins de victoires. Après, forcément, je joue de plus gros tournois, donc, j'affronte directement des filles qui jouent super bien, explique celle qui pointe aujourd’hui au 67e rang mondial. Mais je m’entraîne vraiment bien au niveau physique, mental et tennis. J’évolue de façon positive. Après, ça va bien se passer pour moi, pour ma carrière, parce que je le redis, c’est un sport vraiment dur, vraiment ingrat. Il n’y a pas beaucoup de victoires. Chaque semaine, il n’y en a qu’une qui gagne le tournoi."

La bonne attitude

Lors du premier tour face à Linda Fruhvirtova (6/4, 6/3 en 1h52), Jacquemot a montré de l’envie, de la détermination et de la constance, tout en parvenant à gérer ses émotions, convertissant par exemple 60% de ses balles de break : "Dans cette période qui n’était pas simple pour moi, ça me fait vraiment plaisir de retrouver la victoire ici à la maison, parce qu’il y a beaucoup de boulot derrière. En plus, je fais un très bon match. Je finis par gagner parce que je me suis battue jusqu’au bout. Le public a été juste incroyable. Je suis quelqu’un qui adore être encouragée. C’est vrai que j'ai du caractère. Parfois, ce n’est pas évident, je gère mal cet aspect même si j’évolue beaucoup". Sans coach ces derniers mois, la lauréate du tournoi juniors 2020 a pu bénéficier du soutien d’Alizé Cornet et de Bertrand Perret, respectivement capitaine et entraîneur de l’équipe de France de Billie Jean King Cup. Désormais conseillée par Patrick Chamagne, jadis entraîneur de Monfils, elle espère avoir trouvé le technicien qui lui convient.

Prête à défier Sabalenka

Quatre titres du Grand Chelem, 24 tournois remportés au total, finaliste à Roland-Garros en 2025, 28 victoires pour 3 défaites en 2026... les statistiques affichées par Aryna Sabalenka ont de quoi effrayer. Mais pas forcément Jacquemot, qui n’a rien à perdre et se dit ravie par un tel challenge. "Comment se prépare-t-on à jouer une n°1 mondiale ? Sur le papier, elle est beaucoup plus forte que moi, elle a de meilleurs résultats. C’est une joueuse inspirante, qui a un beau parcours. Après, elle reste humaine. Je joue pour affronter des championnes comme ça. C’est ça qui me fait vivre des émotions. Sur le papier, je suis moins forte, mais je crois que j’ai mes chances, j’en suis même sûre. Je vais donc me donner les moyens de gagner ce match", assure-t-elle. Ce choc inédit s’annonce passionnant. Si la Lyonnaise parvient à utiliser ses armes, notamment ses enchaînements service - coup droit, et à varier suffisamment sans surjouer, ni exploser physiquement, le public parisien devrait se régaler.

Elsa Jacquemot / Premier tour - Roland-Garros 2026