Légendes de RG : Mary Pierce revient sur sa victoire en 2000

 - Amandine Reymond

Titrée après un tournoi 2000 magnifique, Mary Pierce raconte le plus beau souvenir de sa carrière.

Mary Pierce with the trophy at Roland-Garros 2000©FFT

20 ans se sont écoulés depuis sa victoire à Roland-Garros mais les années qui défilent n’ont pas altéré les souvenirs de Mary Pierce pour qui ce 10 juin 2000 restera toujours la plus belle journée de sa carrière.

« Le plus beau moment de ma carrière »

Un dernier retour de coup droit de Conchita Martinez dans le filet et c’est la libération pour Mary Pierce victorieuse 6/2, 7/5. Bras levés, elle se retourne doucement vers son clan, comme surprise par ce qui lui arrive… "Je ne peux pas croire que je l’ai fait et puis je regarde le public, mon équipe, ma famille et c’était le meilleur moment de ma carrière. Les fans m’ont beaucoup aidée et quand je jouais c’était comme si je n’étais pas seule sur le terrain. Quand j’ai gagné c’était mon rêve tennistique mais c’était aussi pour ma famille, pour les fans, pour le pays, c’est un grand honneur de gagner Roland-Garros en tant que Française. Le moment où je gagne est très difficile à décrire car c’est tellement incroyable. C’est le moment qu’on espère pendant toute sa carrière. Ce sont toutes les années d’entraînement, toutes les souffrances, tout ce qu’on a fait pendant 15 ans pour 1 moment de victoire, de gloire, de récompense, c’est extraordinaire ! "

Les regrets de 1994 effacés

 

Déjà finaliste en 1994, Mary Pierce alors 12e mondiale avait cédé 6/4, 6/4 en finale contre Arantxa Sanchez, N.2 mondiale après avoir pourtant fait chuter Steffi Graf (N.1) en demie. Une grande déception pour celle qui rêvait de s’imposer devant son public et qui avait jusqu’alors survolé cette édition 1994, n’abandonnant que 8 jeux pour rallier la finale. Mais quelques mois plus tard, la Française n’allait pas laisser passer sa chance d’inscrire son nom au palmarès d’un tournoi du Grand Chelem en prenant sa revanche sur Aranxta Sanchez en finale de l’Open d’Australie 1995. Encore finaliste à Melbourne en 1997, Mary Pierce est une toute autre joueuse lorsqu’elle entre sur le court Philippe-Chatrier ce samedi 10 juin 2000 pour disputer sa deuxième finale Porte d’Auteuil. « Beaucoup de choses se sont passées depuis 1994, six ans, beaucoup de tournois, beaucoup d’expérience… »

Mary Pierce during the final at Roland-Garros 2000©FFT

La spiritualité et le calme comme alliés

 

En 2000, c’est une Mary Pierce transformée que le public de Roland-Garros découvre au fil des tours. Apaisée, souriante, elle s’amuse sur le court et ne le cache pas. Sa nouvelle spiritualité l’a transformée sur et en dehors du court. « Pendant mon match du premier tour, j’ai senti un déclic en moi, je me suis dit que c’était peut-être cette année. Mais j’ai juste eu ce sentiment là et je n’ai rien dit à personne et à chaque match je sentais que je jouais de mieux en mieux. En mars 2000 je suis devenue chrétienne et j’ai complètement changé en tant que personne. Bien sûr ça a aussi touché mon tennis. J’étais beaucoup plus calme, moins stressée, très concentrée dans le moment sur ce que j’avais à faire. »

Une attitude qui paye. En quart de finale, elle élimine Monica Seles en trois sets, réussissant au passage un coup spectaculaire en bout de course. « Le fameux coup que j’ai réussi à faire entre mes jambes quand j’ai sauté et fait le passing contre Monica. C’était beau, c’était sympa ! » Et en demie, c’est la numéro un mondiale Martina Hingis, finaliste l’année précédente, qui s’incline face à la puissance et la précision de la Française avec qui elle remportera néanmoins le double quelques jours plus tard !

Martina Hingis & Mary Pierce after the double final at Roland-Garros 2000©FFT

En finale, la tension est palpable. « Mais c’est bon signe ! Ce n’est pas normal si tu ne ressens rien en entrant sur le court pour une finale de Grand Chelem. » Opposée à Conchita Martinez, Mary Pierce est en mission et impose son jeu d’entrée. Sans paniquer. Un calme qui ne la quittera pas même au moment de servir pour le match. « Je me souviens de la balle de match. J’ai essayé de prendre mon temps, de ne pas penser au score. Dans ma tête je me disais un autre score comme 30-15 ou 15 partout pour jouer le point comme si c’était un point normal… » Un point normal… pour un titre du Grand Chelem ! Le deuxième de sa carrière mais le premier à Paris, devant son public. « Je n’oublierai jamais cette journée, c’était fabuleux ! »

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