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Les 5 matchs à ne pas manquer samedi

Une journée de samedi où il y en a pour tous les goûts. Présentation.

 - Iris Chartreau et Rémi Bourrieres

Aryna Sabalenka (n°8) – Ons Jabeur (n°30) : le roc et le roseau

Court 14, 2e rotation

L'une caresse la balle, l'autre la gifle. Difficile de trouver plus grande opposition de styles que ce duel qui permettra à la gagnante de se hisser pour la première fois en huitièmes à Roland-Garros.

Ni l'une ni l'autre ne manque d'arguments. C'est juste qu'ils sont complètement opposés. Aryna Sabalenka est du genre à imposer les siens. Elle, c'est la puissance brute. Grande (1,82 m), dotée de larges épaules, la joueuse entraînée par l'ancien joueur russe Dmitry Tursunov, qui n'était pas le plus tendre avec les balles, cultive sa force de frappe. Elle lui a permis de remporter six titres, dont Doha cette année, et d'atteindre le top 10.

En Grand Chelem, la Biélorusse, qui arbore le tatouage d'un visage de tigre sur l'avant-bras (elle est née en 1998, année du tigre selon l’astrologie chinoise) a un peu plus de mal. Elle n'a pas encore fait "mieux" qu'un huitième à l'US Open en 2018. Son standing peut largement lui permettre de viser plus haut.

Aryna Sabalenka Roland-Garros 2020

Problème : il lui faudra négocier ici avec Ons Jabeur qui, elle, est plutôt du genre à rechercher le dialogue, sur le court comme en dehors, où elle est une polyglotte avertie puisqu'elle parle couramment arabe, français et anglais. 

Victorieuse du tournoi juniors de Roland-Garros en 2011, après avoir été finaliste en 2010 contre Elina Svitolina (photo ci-dessous), la Tunisienne s'est longtemps reposée sur son seul talent, certes invraisemblable mais forcément insuffisant pour passer le cap à un certain niveau.

Et puis, elle a décidé de se prendre en mains. Et elle a explosé cette année, à 26 ans, en atteignant en début d'année les quarts de finale à l'Open d'Australie sous la houlette d'un coach français, Bertrand Perret. Depuis, ses résultats continuent de parler pour elle...

Ons Jabeur Elina Svitolina Roland-Garros 2010

Karen Khachanov (n°15) - Cristian Garin (n°20) : un western tennistique

Court 14, 3e rotation

Regards ténébreux, testostérone, lift extrême et colt à la ceinture... Un sublime western version tennis s'annonce avec ce Garin-Khachanov, dont l'issue est aussi incertaine que la date de sortie du vaccin contre le Covid.

Les deux hommes sont de la même année (1996), comptent le même nombre de titres (4) et se suivent de près au classement. Incontestablement, Karen Khachanov est le plus aguerri à un certain niveau. Vainqueur du Rolex Paris Masters en 2018 et membre du top 10 quelques mois plus tard, il a en lui une puissance de feu laissant à penser qu'il est plus à l'aise sur surfaces rapides. Mais c'est bien à Roland-Garros qu'il a obtenu ses meilleurs résultats en Grand Chelem, avec notamment un quart de finale l'an dernier.

Karen Khachanov Dominic Thiem

Cristian Garin n'est peut-être pas le plus connu, mais sa précocité n'a rien à envier à celle de son adversaire, bien au contraire. Le 5 février 2013, en battant Lajovic au 1er tour de Viña del Mar, il était devenu le cinquième joueur de 16 ans ou moins à remporter un match sur le grand circuit après Tomic, Gasquet, Harrison et Nadal. La même année, il remportait le tournoi juniors de Roland-Garros face à un certain Alexander Zverev. 

S'il dit aimer le dur, le Chilien est un terrien pure race. C'est sur cette surface qu'il a remporté ses quatre titres, dont deux cette année à Rio de Janeiro et Cordoba. Récent demi-finaliste à Hambourg, il est dans une forme étincelante. Et prêt à dégainer.

Cristian Garin Roland-Garros 2020

Roberto Bautista Agut (n°10) / Pablo Carreno Busta (n°17) : duel entre amis

Court Suzanne-Lenglen, 1ère rotation

Une affiche 100 % ibérique très indécise. Roberto Bautista Agut et Pablo Carreno Busta, tous deux membres du top 20, aiment imposer des rallyes et diriger l’échange du fond du court avec leur coup droit. Sans être des spécialistes de la terre battue, Pablo et Roberto ont aussi en commun une précision et une endurance à l’échange qui leur permettent de commettre très peu de fautes.

Pablo Carreno Busta, Roland-Garros 2020, 2e tour

Il s’agit de leur cinquième affrontement en carrière. Si le tableau d’affichage indique 2-2, Pablo doit sa victoire à Indian Wells 2017 au forfait de son compatriote. Les deux joueurs ne se sont rencontrés qu’une seule fois en trois sets gagnants, à l’US Open 2015. Roberto Bautista Agut l’avait emporté en cinq sets au terme d’un combat de 3h15.

Vainqueur de quatre titres en double, dont un à Cincinnati cet été avec Alex de Minaur, Pablo Carreno Busta est plus agressif que le natif de la province de Valence. Mais Roberto, demi-finaliste à Wimbledon en 2019, a montré qu’il pouvait briller sur toutes le surfaces. L’un comme l’autre se sont économisés jusqu’à présent avec des matchs maîtrisés, remportés sans traîner en trois sets. Le duel ibérique pourrait bien durer quelques heures.

Danielle Collins (57e) / Garbiñe Muguruza (N°11) : la revanche de Rome 2019

Court Suzanne-Lenglen, 4e rotation

Le duel entre Danielle Collins et Garbiñe Muguruza pourrait bien faire des étincelles entre deux joueuses au tempérament bien trempée. L’Espagnole a retrouvé de bonnes sensations dès son retour sur le circuit. Son parcours jusqu'au dernier carré à Rome, en épinglant au passage Johanna Konta et Victoria Azarenka, lui offre de bonnes références.

Garbine Muguruza, Roland-Garros 2020, 2e tour

Sur le papier, Muguruza part favorite, mais la Floridienne n’est pas du genre à nourrir des complexes, même lorsqu’une ancienne gagnante du tournoi (2016) se présente de l’autre côté du filet.

Forte d’un début de saison convaincant, avec une demi-finale à Adélaïde, Collins restait sur deux défaites au premier tour, avant de poser ses valises à Paris. Son premier set du tournoi face à Monica Niculescu l’a rapidement mise dos au mur. L’ex-championne universitaire s’est rebellée et n’a plus cédé un set depuis.

Danielle Collins aura sans doute en mémoire le set empoché face à l’Espagnole à l’occasion de leur seule et unique rencontre, en 2019 à Rome. L’ancienne numéro 1 mondiale s’était finalement imposée en trois sets (6/4, 4/6, 6/2). Alors, l’heure de la revanche a-t-elle sonné ?

Leylah Fernandez (100e) / Petra Kvitova (n°7) : la fougue contre l'expérience

Court Suzanne-Lenglen, 3e rotation

Douze ans séparent Petra Kvitova, 30 ans, de Leylah Fernandez, qui vient de fêter ses 18 ans le mois dernier. La Tchèque dispose d’une expérience et d’une carrière déjà bien remplies, avec notamment deux titres du Grand Chelem à Wimbledon, une demi-finale à Roland-Garros en 2012 et 25 matchs remportés sur ces mêmes courts de la Porte d’Auteuil.

Petra Kvitova, Roland-Garros 2020, 2e tour

En face, la jeune gauchère canadienne dispute seulement son troisième Majeur et comptabilise trois victoires, dont deux acquises cette semaine face à Magda Linette (36e) et Polona Hercog (47e).

La marche semble un peu haute, mais attention au talent de cette jeune fille qui franchit les étapes à grande vitesse. Un an après sa victoire chez les juniors, là voilà programmée sur le court Suzanne-Lenglen face à l’une des meilleures joueuses du monde.

L’écart semble vertigineux pour une novice, mais avec son excellente lecture du jeu et le sentiment de n’avoir rien à perdre, Leylah Fernandez aura pour objectif de contrer la puissance de Kvitova. Et d’acquérir encore un peu plus d’expérience pour poursuivre sa croissance.

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