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1986 : Evert-Navratilova, dernière finale à Roland-Garros

A l’occasion de Roland-Garros 2026, replongez-vous dans les éditions anniversaires du tournoi.
En 1986, Chris Evert remporte son septième et dernier Roland-Garros (un record), au terme de l'ultime finale de Grand Chelem jouée face à son éternelle rivale Martina Navratilova.
À bien des égards, la finale dames de Roland-Garros 1986 ressemble au dernier chef-d'œuvre joué à quatre mains par celles que l'on peut désigner, sans grand risque de se tromper, comme les plus grandes rivales de l'histoire du tennis. Chris Evert et Martina Navratilova, les deux meilleures joueuses du monde, s'y affrontent pour la 14e et dernière fois en finale de Grand Chelem, la troisième consécutive à Paris. Un double record : depuis l'avant-guerre, jamais deux joueuses ne s'étaient retrouvées en finale de Roland-Garros trois éditions d'affilée.

Toutes les étoiles s'alignent pour faire de ce rendez-vous une sorte de tournant majeur du tennis féminin. À 31 ans, un âge où beaucoup la pensent déjà engagée sur la pente d'un déclin irréversible, Chris s'adjuge son 7e et dernier titre parisien, un record toujours inégalé, ainsi que son 18e et dernier titre du Grand Chelem. "Même moi, cela m'a un peu surprise de voir que je pouvais encore gagner un Grand Chelem. Je pense que ce titre m'a donné l'élan nécessaire pour poursuivre ma carrière trois ans de plus", dira-t-elle des années plus tard dans une interview accordée à rolandgarros.com.
Comme pour renforcer la portée symbolique de l'événement, la finale se dispute sous les yeux de Steffi Graf (16 ans), battue en quarts de finale par Hana Mandlikova (2/6, 7/6, 6/1 après avoir eu une balle de match), et qui succèdera à la reine Chrissie l'année suivante. Cette dernière marche, d'excellente facture sans atteindre toutefois les sommets de celle de 1985, bascule dans le troisième set. Menée 2-0, Evert impose progressivement sa science de la terre battue et conclut en boulet de canon, avec trois coups gagnants. Autre symbole, c'est au filet que la reine du passing va chercher son sacre, d'une somptueuse volée amortie de coup droit.
Au sortir d'années marquées par une implacable et parfois féroce rivalité, ce match permet de rapprocher encore un peu plus les deux légendes américaines. Elles s'affronteront encore à dix reprises par la suite, mais plus en finale de Grand Chelem. Bientôt dépassées par l'irrésistible ascension de Steffi Graf, elles ne se départiront jamais d'une profonde, sincère et éternelle amitié.
Martina Navratilova, Gilles Moretton & Chris Evert / Cérémonie de remise des trophées Roland-Garros 2024
Chez les messieurs, le tournoi est marqué par une cascade de surprises… sauf pour un homme : le n°1 mondial Ivan Lendl. Ce dernier déroule tout au long de la quinzaine pour s'offrir son troisième titre du Grand Chelem, son deuxième à Roland-Garros. Hormis un set abandonné en quart face à Andres Gomez, qui résiste durant deux manches avant de prendre l'eau (6/7, 7/6, 6/0, 6/0), Lendl perd une moyenne de sept jeux par match. Il finit en roue libre face à Johan Kriek en demies (6/2, 6/1, 6/0) puis face à l'épatant et inattendu Mikael Pernfors en finale (6/3, 6/2, 6/4).
Kriek et Pernfors figurent parmi les belles histoires de la quinzaine. L'Américain d'origine sud-africaine, double vainqueur de l'Open d'Australie, n'était plus venu à Paris depuis 1979, en raison d'une allergie notoire à la terre battue. En 1986, il décide pourtant de retenter l'aventure, expliquant très sérieusement que son épouse souhaitait faire du shopping à Paris. Il a été bien inspiré de la suivre.
Quant à Pernfors, il endosse le rôle de sauveur du tennis suédois. Le tenant du titre Mats Wilander, la tête ailleurs, est sorti dès le troisième tour par le jeune Andreï Chesnokov (6/2, 6/3, 6/2), tandis que Stefan Edberg est éliminé au deuxième tour… par Pernfors (6/7, 7/5, 6/3, 2/6, 6/4). Le natif de Malmö poursuit son incroyable parcours en battant Boris Becker en quarts (2/6, 6/4, 6/2, 6/0), puis Henri Leconte en demies (2/6, 7/5, 7/6, 6/3).

Un immense regret pour Leconte, mais peut-être pas autant que pour Yannick Noah. Le Français, auteur d'une grosse saison sur terre battue et dans une forme comparable à celle de son sacre en 1983, se blesse bêtement juste avant le tournoi en se faisant tomber une malle sur le pied à l'aéroport. Malgré trois tours passés au courage, il aggrave sa blessure au fil de la première semaine avant d'être contraint au forfait en huitièmes face à Kriek.
Dommage pour le clan tricolore. Car, alors que Jimmy Connors purge une suspension et que John McEnroe est toujours en "pause", une opportunité d'exploit semblait exister. Mais, au bout du compte, Ivan Lendl veillait au grain.
Dates : 26 mai-8 juin 1986
Finale dames : C. Evert (USA) b. M. Navratilova (USA) 2/6, 6/3, 6/3
Finale hommes : I. Lendl (RTC) b. M. Pernfors (SUE) 6/3, 6/2, 6/4