Son bilan est exceptionnel : depuis ses premiers pas sur le circuit principal, Rafael Jodar n’a perdu qu’un seul match sur terre battue et compte donc onze victoires en douze rencontres. Pour sa première participation au tournoi madrilène, il a déjà marqué les esprits et affiche des statistiques épatantes avant de disputer le premier huitième de finale en Masters 1000 de sa carrière. Retour sur l’ascension du nouveau héros local.
Rafael Jodar, l’irrésistible éclosion
Le jeune prodige espagnol de 19 ans s’est qualifié pour les huitièmes de finale du tournoi de Madrid.
Il n’arrête plus de surprendre
Après avoir marqué les esprits il y a quelques semaines, Rafael Jodar ne cesse de confirmer. Présent sur le circuit ATP depuis janvier seulement, l'Espagnol a affiché ses ambitions en remportant son premier titre sur le circuit à Marrakech alors qu’il faisait ses premiers pas sur la terre battue professionnelle.
Depuis, il a prouvé qu’il ne s’agissait pas de la chance du débutant, au contraire ! À Barcelone d’abord, il s’est hissé en demi-finales sans perdre le moindre set et en faisant notamment tomber Cameron Norrie, tête de série n°7. Arthur Fils, le futur vainqueur, est le seul à l'avoir stoppé en quête d'un doublé qui aurait été mémorable.
Pour rappel, il y a exactement un an, Jodar pointait au-delà de la 600e place au classement. Lundi dernier, il a fait son entrée dans le Top 50. L’actuel 42e mondial fera même ses grands débuts à Roland-Garros en entrant directement dans le tableau principal et pourrait même être tête de série ! Une progression particulièrement fulgurante.
Un nouveau cap
Mais à Madrid, celui qui avait pris part aux Finales Next Gen en décembre 2024 a encore franchi un nouveau palier dans sa – très ! – jeune carrière. Dans sa ville natale (il a grandi à 12km à peine de la Caja Magica), il s’est imposé avec autorité jusqu’en huitièmes, éliminant notamment son premier Top 10. Au deuxième tour, Alex De Minaur a fait les frais de son jeu particulièrement offensif en ne s’adjugeant que quatre petits jeux. Malgré toute son expérience, l’Australien n’a rien pu faire face à la puissance et la précision d’un adversaire particulièrement irréprochable au service du haut de son mètre 91.
"Tout va plutôt très vite pour moi, a d’ailleurs analysé ce dernier. Je joue beaucoup de matchs et de tournois et ça me permet d'affronter de très grands joueurs et de perfectionner mon tennis. C’est lorsque vous êtes face aux meilleurs du circuit que vous vous améliorez et que vous faites progresser votre niveau de jeu."
Impressionnant de calme et de sérénité, le détenteur d’une wild-card à l’occasion de ce deuxième Masters 1000 sur terre battue de la saison semble en parfait contrôle de ses émotions sur le court. Face au Demon, 8e joueur mondial, il n’a pas semblé perturbé par la grandeur de l’événement sur le court principal de ce tournoi si cher à son cœur. Le tout, en conservant l’attitude humble des vrais champions. "J’avais pour objectif de profiter parce que je n’ai pas l’opportunité de jouer contre des adversaires comme Alex tous les jours. Devant tous ces gens qui sont venus pour me soutenir, j’ai essayé de pleinement apprécier le moment" a confié l’intéressé à l’issue de ce troisième tour expéditif.
Génération dorée
Son ticket pour poursuivre l’aventure dans la capitale espagnole, il l’a décroché avec brio face à Joao Fonseca, à l'issue d'un duel alléchant entre deux joueurs nés en 2006 (victoire 7/6(4), 4/6, 6/1). Si le Brésilien a déjà pris ses marques sur le circuit depuis un peu plus d’un an, le local a eu le dernier mot au terme de cette confrontation que l’on espère devenir un classique des années à venir entre les deux plus jeunes joueurs du Top 100.
"Cette génération 2006 composée de Joao (Fonseca), Nicolai (Budkov Kjaer), Rei (Sakamoto) et Rafael (Jodar) est très intéressante, a détaillé Jannik Sinner, qui a d’ailleurs été aperçu dans les tribunes lors du deuxième tour entre l’Espagnol et De Minaur. Il frappe de manière très propre et il a beaucoup de force. On peut entendre au son qui sort de la raquette qu’il frappe bien la balle. Il est vraiment très talentueux. Dans le futur, il sera un très grand joueur et on en a déjà la preuve. J’aime beaucoup sa mentalité, il est très calme. Je ne le connais pas personnellement, mais il a également l’air d’être très humble. Je ne lui souhaite que le meilleur." Leurs chemins pourraient d’ailleurs se croiser dans quelques jours, en quarts de finale.
En devenant le huitième joueur de moins de 20 ans à atteindre les huitièmes de finale à Madrid (dans une liste qui contient déjà les noms de Rafael Nadal et Carlos Alcaraz), Rafael Jodar s’inscrit en tête de liste des outsiders potentiels de l’édition 2026 de Roland-Garros. Qui sait, il pourrait peut-être faire oublier le forfait du double champion en titre aux fans ibériques...