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Michael Zheng : "Difficile de trouver une meilleure terre qu'ici"

Sorti des qualifications, le double champion universitaire américain apprend à aimer la terre battue à Roland-Garros.

Michael Zheng / Troisième tour de qualifications - Roland-Garros 2026
 - Rémi Bourrieres

Lorsqu'on vient tout juste d'être diplômé en psychologie dans l'une des plus prestigieuses universités américaines – la Columbia University de New York –, il est normal d'apprendre vite. Mais tout de même. Michael Zheng (22 ans) a fait fort sur ce Roland-Garros, en s'extirpant des qualifications sans avoir gagné la moindre rencontre sur terre battue depuis quatre ans. Le tout sans perdre un set de la semaine et en dominant ce jeudi la tête de série n°1, Jesper de Jong (7/5, 6/3) !

Finaliste de Wimbledon juniors en 2022

Pas mal, donc, pour un joueur qui avait joué – et perdu – un seul match sur ocre cette saison, la semaine passée, au Challenger d'Oeiras. Avant cela, hormis une "pige" au Challenger de Blois en 2024 (défaite d'entrée, là encore), il n'avait pas disputé la moindre partie sur cette surface depuis 2022. Un choix sportif, essentiellement, pour ce jeune homme du New Jersey formé sur dur, en grande partie d'ailleurs au Billie Jean King National Tennis Center, antre de l'US Open.

"Au début de ma carrière, j'ai essayé de faire une saison sur terre mais ce n'était pas terrible, a expliqué celui qui a par ailleurs atteint la finale de Wimbledon juniors en 2022. Alors, j'ai pris la décision de me consacrer d'abord au dur, tout simplement parce que j'avais besoin de monter au classement. Étant encore étudiant, je ne pouvais pas jouer beaucoup de tournois alors autant les jouer sur ma surface favorite."

L'éclosion de Rafael Jodar n'a surpris personne : à la fac', on pouvait déjà voir à sa qualité de balle qu'il avait quelque chose de vraiment spécial.

Un calcul payant, finalement. Pas étonnant de la part de cette forte tête qui a bien mené sa barque autant sur le plan scolaire que sportif, puisqu'il a réussi le doublé NCAA en 2024 et 2025. Au passage, au sein du très relevé championnat universitaire américain, ce fils d'immigrés chinois a pu côtoyer un certain Rafael Jodar, la nouvelle pépite du tennis espagnol, qu'il a d'ailleurs battu en septembre dernier sur un Challenger américain, à Tiburon.

"L'éclosion de Rafael Jodar n'a surpris personne : à la fac', on pouvait déjà voir à sa qualité de balle qu'il avait quelque chose de vraiment spécial par rapport aux autres, a-t-il raconté. Mais voir un joueur comme lui, que j'ai battu il y a peu de temps, faire une percée aussi soudaine, cela me donne confiance. Car ça me montre que mon niveau est là. Si je fais les choses bien, je peux y arriver à mon tour."

Un classement qui ne reflète pas son niveau

Michael Zheng l'a déjà prouvé : en début d'année, pour son premier Open d'Australie, le protégé de Ruan Roelofse était (déjà) sorti des qualifications avant de battre Sebastian Korda au premier tour. Il n'a, depuis, plus gagné un match, en raison d'un souci physique et d'obligations universitaires. Mais maintenant qu'il est diplômé, le voilà libéré. Et si rien ne dit qu'il connaîtra une ascension aussi fulgurante que celle de Jodar, ceux qui l'ont vu jouer n'ont aucun doute sur le fait que son classement actuel (145e) ne reflète pas son vrai niveau.

Joueur complet, rapide et doté d'un vrai sens du jeu, ce grand fan de Federer pourrait - terre ou pas terre - en embêter plus d'un dans le tableau. Quoi qu'il en soit, ce sera du bonus : le contrat est largement rempli. "En arrivant ici, je ne m'attendais pas à grand-chose, juste grapiller une victoire ou au moins faire un bon match et travailler mon jeu sur ocre, concède-t-il avec franchise. Mais je me surprends à jouer aussi bien, à progresser chaque jour sur mes glissades. C'est difficile de trouver une meilleure terre qu'ici. Elle est très agréable à jouer, assez rapide, c'est plus facile pour l'apprentissage du jeu de jambes. Et comme je joue bien, finalement, j'aime ça."