Thiem-Monfils, pourquoi ça va être grand !

Un "huitième" à ne rater sous aucun prétexte…

 - Rémi Bourrieres

 Le huitième de finale du haut de tableau entre Dominic Thiem (n°4) et Gaël Monfils (n°14) est attendu comme un grand moment de ce lundi. Voici pourquoi l'on ne pense pas être déçu…

Parce que Thiem est un cador…

Là, on ne vous apprend rien. Monfils lui-même le cite depuis le début comme "le troisième favori du tournoi, après Djokovic et Nadal".

Le finaliste de l'an passé a encore réalisé une magnifique saison sur terre battue, avec notamment un titre à Barcelone assorti d'une victoire sur Rafael Nadal. Il est d'ailleurs devenu le troisième joueur à battre au moins trois fois l'Espagnol sur terre (après Gaudio et Djokovic).

Il a ensuite bien enchaîné à Madrid, où il a battu Federer avant de perdre une demi-finale somptueuse contre Novak Djokovic.

Plus globalement, il a pris cette année une autre dimension puisque c'est sur le dur d'Indian Wells qu'il a remporté en mars son premier Masters 1 000, toujours face à Federer.

Bref, Thiem joue peut-être le meilleur tennis de sa carrière et occupe d'ailleurs son meilleur classement (4e). S'il n'a pas été si souverain depuis le début du tournoi (trois sets lâchés en trois matchs contre Paul, Bublik et Cuevas), il a en revanche montré de belles vertus mentales pour s'en sortir. Un vrai roc…

… mais que Monfils est en grande forme

Comme souvent, Gaël Monfils est arrivé Porte d'Auteuil en catimini, avec assez peu de victoires sur terre battue (malgré une très belle résistance face à Federer à Madrid) et quelques appréhensions sur son genou.

Ces doutes, le Français les a vite balayés lors d'un début de tournoi virevoltant qui l'a vu se hisser pour la huitième fois de sa carrière en deuxième semaine de Roland-Garros, à une unité du record (ère Open) de Yannick Noah.

Mais c'est la toute première fois qu'il le fait sans perdre un set. Avec 5h24 seulement passées sur le terrain depuis le début du tournoi, Gaël, affûté comme une lame de rasoir, présente un tableau de marche supérieur à celui de l'Autrichien.

"Honnêtement, cela ne signifie pas grand-chose, a sobrement constaté le Français. Hormis le fait que j'ai fait trois matchs pleins, et que je me sens bien physiquement." C'est déjà pas mal, non ?

Parce que leurs jeux ne peuvent que "matcher"

Ça ne saute pas forcément aux yeux à la lecture des face-à-face (4-0 pour Thiem). Mais c'était à chaque fois dans des contextes pas évidents pour le Français, qui reconnaît néanmoins :

"Thiem est un joueur qui me pose des problèmes, et il va falloir que je comprenne pourquoi. Je vais travailler ça avec mon coach (l'Américain Liam Smith), qui est très bon sur le plan tactique. Je n'aime pas m'enfermer dans un jeu où je reste passif en défense. Je vais peut-être tenter autre chose, des amorties ou des coups qui vont me donner du plaisir."



Là, franchement, on en a l'eau à la bouche. Même si l'on imagine bien, toutefois, que la base de ce duel sera une bonne bagarre du fond de court. Avec de la puissance, du lift et pas mal de poids dans la balle…

Parce que "l'effet Roland" !

On ne sait ce qu'il y a dans l'air cette année, mais un vent de folie souffle sur ce Roland-Garros 2019 !

Dimanche, c'était particulièrement prégnant sur le court Suzanne-Lenglen avec ce match dantesque entre Stefanos Tsitsipas et Stan Wawrinka, suivi d'un Kei Nishikori/Benoît Paire qui a également délivré quelques jolis coups de raquette avant d'être interrompu à deux sets à un pour le Japonais.

Le court Philippe-Chatrier, lui, n'a pas encore vraiment vécu son match référence. Ce Thiem/Monfils y est programmé en troisième rotation. Gageons que ce sera pour ce lundi, d'autant que le public ne demande qu'à s'enflammer pour celui sur lequel reposeront -peut-être- les derniers espoirs français sur ce tournoi !