Naomi Osaka peut-elle le faire ?

La Japonaise affronte son idole Serena Williams pour sa première finale en Grand Chelem.

Naomi Osaka fist pumping US Open 2018©Corinne Dubreuil/FFT
 - Myrtille Rambion

En voilà une histoire qui n’est pas une fable réécrite pour sonner plus beau que la réalité. Oui, c’est vrai, Serena Williams est celle qui a donné dès ses plus jeunes années le goût du tennis à Naomi Osaka. Celle qui, aujourd’hui, la pousse à se surpasser, toujours et encore. Celle dont elle dit, redit et re-redit qu’elle est son idole.

À l’issue de sa victoire en demi-finale, le speaker du court Arthur Ashe a demandé à la première joueuse japonaise qualifiée pour une finale majeure en simple, si elle avait quelque chose à dire à Serena. La réponse a fusé, naturellement : “I love you !“ Et si l’on cherche à interroger l’intéressée plus en détail sur cette adoration, elle insiste sur l’évidence : “eh bien parce que c’est Serena !“

“J’ai toujours rêvé de jouer Serena en finale“

Née d’une mère Japonaise et d’un père Haïtien, Naomi, en compagnie de sa sœur aînée -Mari, qui évolue sur le circuit ITF- et de ses parents, a quitté la ville d’Osaka, au Japon, pour les États-Unis, lorsqu’elle avait trois ans. Direction Long Island, d’abord, où vit une partie de sa famille paternelle, puis la Floride. L’exemple des Williams -de Richard à Venus et, plus que tout on l’aura compris, Serena- a bercé toute son enfance.

“Depuis toute petite, j’ai toujours rêvé de jouer Serena en finale d’un tournoi du Grand Chelem, a-t-elle confié. Et rien que le fait que cela arrive me rend heureuse. Alors je me dis en même temps que je devrais totalement profiter de ce moment, mais aussi que je devrais voir cette finale comme un match de plus. Je ne devrais vraiment pas me dire que je vais avoir mon idole de l’autre côté du filet. Juste essayer de jouer contre elle comme contre n’importe quelle adversaire.“

 

Serena Williams lookin like a ballerina during her semi-final match at the US Open 2018©Corinne Dubreuil/FFT
L'ancien sparring de Serena est son coach


Plus facile à dire qu’à faire, on s’en doute. Mais pour l’y aider, Naomi Osaka possède, outre son jeu dont la puissance n’a parfois rien à envier à Serena, un autre atout. Son coach, Sascha Bajin. L’Allemand a été durant huit ans le sparring partner attitré de l’Américaine, avant de se lancer comme entraîneur, auprès de Victoria Azarenka, Caroline Wozinacki puis Sloane Stephens.

Depuis qu’il travaille avec Naomi Osaka (décembre 2017), il a permis à cette dernière de s’améliorer dans trois domaines notamment : le revers, le jeu de défense et le physique. Il lui a également permis de s’extérioriser davantage, elle qui jusque-là était une introvertie tendance auto-destructrice.

“Je crois que, lentement, elle est en train de trouver son chemin pour ne plus se mettre dans des états pareils, explique le coach. Elle essaie de chasser de sa vie toutes ces mauvaises émotions.“

Naomi's Osaka coach Sascha Bajin©Corinne Dubreuil/FFT
“Redevenir la Serena que j'étais“


Y parviendra-t-elle, pour sa première finale en Grand Chelem, qui plus est face à la joueuse qu’elle admire et respecte le plus au monde ? “Parfois, quand je suis dos au mur dans un match et que je suis au service, je me dis :’que ferait Serena’ ?“, a même confié la Japonaise. Pour l’aider à surmonter cette pression, pourra-t-elle s’appuyer sur la victoire qu’elle a déjà signée sur la femme aux 23 titres du Grand Chelem cette année ?

Oui… et non. Car à Miami, Naomi Osaka s’était imposée (6/3, 6/2). Mais face à une revenante, qui disputait, hors de forme, son deuxième tournoi post-maternité.

“J’attends encore de redevenir la Serena que j’étais, a prévenu l’Américaine. Je ne sais pas si je le serai de nouveau un jour, que ce soit physiquement, émotionnellement ou mentalement. Mais je suis sur la voie. Il me reste du chemin à parcourir, mais une fois que j’y serai, j’espère bien être capable d’être encore meilleure.“

Naomi Osaka, elle, va juste éviter que cela arrive dès ce samedi à New York.