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Sean Cuenin : "Profiter au maximum"

Le Français a retrouvé le goût du tennis après avoir connu une période difficile. Retrouvez son interview dans le Quotidien.

Sean Cuenin / Qualifications - Roland-Garros 2022
 - Propos recueilli par Baptiste Blanchet

De retour sur le circuit en 2025 après une longue pause, Sean Cuenin dispute pour la deuxième fois les qualifications Porte d’Auteuil. Proche de son meilleur classement, le Toulonnais se livre avec franchise sur ses difficultés passées, tout en savourant le moment présent. Il défie le Bolivien Hugo Dellien (n°21) en deuxième rotation sur le court 14.

En 2022, pour votre première participation, vous aviez atteint le troisième tour des qualifications face à l’Italien Giulio Zeppieri...

Effectivement, ce sont de super bons souvenirs. J’avais disputé le dernier tour, ce qui était un bon résultat pour un jeune joueur. Je me souviens que l’ambiance était incroyable. J’avais déjà vécu ça en juniors l’année précédente, en atteignant les demi-finales.

Depuis, que s’est-il passé ?

Beaucoup, beaucoup de choses. J’ai quitté le CNE en avril 2023. Je suis rentré chez moi, j’ai cherché des structures d’entraînement. J'ai été blessé au genou pendant 2-3 mois et ça m’a tué mentalement. J’ai donc fait une pause par rapport au tennis avant de décider de complètement arrêter. Ça a duré 10-11 mois. Mentalement, j’étais mort et financièrement dans la galère. J’aurais préféré être un joueur lambda, en sachant que même si je donnais le meilleur de moi-même, je n’avais aucune chance d’atteindre un jour le Top 100. Mais je savais que le potentiel était là. Je sais que de base, je ne suis pas moins fort que les autres Français de ma génération, présents en demies juniors en 2021 (Fils, Van Assche et Mpetshi Perricard). Je le dis sans aucune jalousie, chacun fait son parcours.

Vous avez repris le circuit ITF fin 2024, début 2025...

Oui, ça fait environ un an et demi. Je travaille avec un coach, Bastien Lobbrecht, nous fonctionnons vraiment bien ensemble. Je suis installé à côté de Toulon, ma ville natale. J’ai réalisé une bonne saison 2025 en gagnant trois ITF, avant de très bien démarrer l’année (deux titres et une demie). Récemment, les résultats sont moins top mais j’ai commencé les Challengers, ce qui implique d’affronter tout de suite des adversaires plus forts. Ça n’est pas un problème de niveau de jeu.

Quels sont vos objectifs ?

Quand j’ai repris avec Bastien, j’étais autour de la 1100e place mondiale. On s’était fixé l’objectif de rentrer directement dans les qualifications de l’Open d’Australie 2027. Je ne suis donc ni en retard ni en avance. À court terme, j’espère faire un bon Roland-Garros, profiter un maximum, car ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de jouer dans un tel stade.

Avec le recul et cet arrêt, votre vision du tennis a-t-elle changé ?

Oui, complètement. Je pense que c’était un mal pour un bien. Je ne vois plus les choses de la même façon. À une époque, le tennis me rendait malheureux sur et en dehors des courts. Aujourd’hui, même s’il y toujours le stress ou la tension liés à la compétition, j’essaie de prendre du plaisir, de me prendre la tête le moins possible, même si ce n’est pas évident sur le plan financier. En 2025, j’ai eu la chance de plutôt bien jouer, ce qui m’a permis de rentrer dans mes frais semaine après semaine, ou en tout cas de ne pas perdre trop d’argent. Mais je partais souvent seul pour limiter mes dépenses. Or ce n’est pas évident de s’entraîner seul ou d’être seul sur le court. Quand on a quelqu’un au bord du terrain, ça change tout. Là, je rentre de deux semaines en Espagne puis au Kazakhstan en solo. Ma participation à Roland-Garros peut m’aider à financer une partie de ma saison.

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