En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

Paroles de "ballos" - épisode 3 : Suzanne Gentien

Par Estelle Couderc   le   vendredi 20 octobre 2017
A | A | A

Être "ballos" à "Roland"… Ils sont des centaines chaque année, prêts à s'entraîner dur, à passer des tests de lancer, d'agilité, de course, dans le but d'intégrer le clan des ramasseurs de balles. Quand on est "ballos", la quinzaine se transforme en un subtil mélange de stress et de passion, devenant une aventure humaine incroyable, vécue les pieds directement dans l'ocre foulée par les plus grands champions. Alors quand pour certains, l'expérience se conclut main dans la main avec un finaliste, devant 15 000 regards braqués sur eux depuis les tribunes du Philippe-Chatrier, le moment, aussi infime soit-il, devient juste exceptionnel. Comme un aboutissement parfait. Une fin de tournoi magique, dont ils se souviennent tous au détail près, même des années plus tard... Paroles de "ballos", épisode 3.

Suzanne Gentien, entrée avec Novak Djokovic lors de la finale hommes 2016

"Comme ma soeur !"
"J'étais en train de ramasser et on m'a appelée pour que j'aille voir David Portier (responsable des ramasseurs de balles, ndlr). Quand je suis arrivée dans le bureau, il m'a dit "Tu es prête à prêter ta main ?" Au début, je ne comprenais pas. Et là, il m'a expliqué. J'étais vraiment très heureuse, contente aussi de faire comme ma sœur qui était déjà entrée sur le court pour une finale avec Rafael Nadal. Je n'arrêtais pas de me dire que j'allais rencontrer le "vrai" joueur en personne ! Déjà pendant le tournoi, quand on voit des joueurs, on se dit "Oh, il est là, c'est lui !" Là, c'était encore plus fort. C'est difficile de réaliser. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi c'est tombé sur moi. Ils ne nous disent pas comment ils nous choisissent. Si j'ai bien compris, ils prennent souvent des première année, les plus petits en taille et en âge. Ensuite, les coaches votent. Je crois que c'est à peu près ça."

"On est complètement dans l'extase"
"Au début, j'étais stressée, j'avais peur de me louper. Puis Novak Djokovic est arrivé, il était vraiment dans son monde, très concentré. Mon meilleur souvenir, c'est quand il m'a parlé. C'était au moment d'entrer, il m'a dit "Allez, fais un petit geste !" J'ai donc fait une espèce de coucou, c'était marrant ! Et à la fin, il m'a donné un petite tape sur la tête ou sur l'épaule, je ne sais plus. Cette entrée, c'était juste énorme. Je voyais tout le monde nous regarder, comme si j'étais la plus grande avec Djokovic ! C'est super impressionnant. Comme j'avais déjà ramassé sur le court Suzanne-Lenglen, j'étais un peu préparée à cette ambiance, à tout ce public. Mais là, c'était quand même carrément différent : on lui donne la main, on lui parle. Sur un match, le joueur demande une serviette de temps en temps, ou une bouteille. Mais on est derrière lui, pas à côté. Là, on lui tient la main, on est avec lui et tout le monde vous regarde. On est complètement dans l'extase. J'ai adoré ! Quand je suis sortie, j'ai couru, je sautais partout. C'était de la joie très forte. J'étais juste bien, c'était vraiment ça qui dominait : j'étais bien, comme si j'étais à moitié partie, à moitié ailleurs !"

"Ils m'ont affichée dans le journal !"
"C'est le meilleur souvenir de ma quinzaine, avec aussi le jour où j'avais ramassé le match entre Murray et Isner, mon premier match avec des grands joueurs. La finale, beaucoup de gens m'en ont parlé après, c'est là que j'ai réalisé que j'étais passé à la télévision. Dans ma région, ils m'ont même affichée dans le journal en première page ! C'était le journal de ma ville, en Bourgogne. C'était drôle, j'étais là, sur le papier... Je me disais que c'était cool, qu'on allait me connaître grâce à ça ! Toute cette aventure était magique, fantastique, génial, inoubliable. Je m'en souviendrai toujours."

Djokovic et les ramasseurs de balles
Comments
Article suivant: Pionnier et l'aviation et héros de guerre : Roland Garros
Articles Similaires