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US Open 2017 - Sloane Stephens, de la reconstruction à la révélation

Par Myrtille Rambion   le   dimanche 10 septembre 2017
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Sloane Stephens a remporté son premier titre du Grand chelem au terme d’une finale qu’elle a survolée face à Madison Keys (6/3 6/0), ce samedi à Flushing Meadows. Un rêve éveillé, deux mois seulement après son retour à la compétition.

"Je devrais prendre ma retraite. C’est ce que je viens juste de dire à "Maddie" : je ne pourrai jamais faire aussi bien !" Sur le ton de la plaisanterie, Sloane Stephens a résumé au micro du speaker du court Arthur-Ashe son incrédulité et son bonheur total d’avoir, à 24 ans, remporté son premier titre du Grand chelem. Qui plus est en dégageant une sérénité bluffante qui lui a permis de survoler une finale à sens unique depuis quasiment le premier jeu, remportée 6/3 6/0 en 1h01, ce samedi à New York. Car face à elle, "Maddie", sa grande amie et compatriote Madison Keys, n’a jamais réussi à se libérer.

Mais si l’enjeu d’une première finale majeure a clairement tétanisé la protégée de Lindsay Davenport, pas aussi tranchante au service qu’à l’accoutumée (44% de points gagnés sur ses premières balles) et bien trop généreuse en fautes directes (30), il a en revanche été impossible de lire sur le visage de Sloane Stephens le moindre signe de doute ou de panique. Même quand le bras de Madison Keys est parvenu, à de trop rares occasions, à transpercer à toute puissance la balle en coup droit. Ou à faire parler son explosivité au filet. En toutes circonstances, la native de Plantation, en Floride, a gardé la tête froide et a régalé en longueur, en variations, faisant largement parler son intelligence de jeu. Et son extraordinaire défense.

"Cela m'a l'air tellement irréel..."

"Quoi ? J’ai fait six fautes directes de tout le match ?!, s’est-elle exclamée avec une fraîcheur déconcertante en salle de presse après la victoire. Fermez tout de suite la porte ! Je ne pense pas que cela me soit déjà arrivé. Mon Dieu… ça c’est de la stat !" De la stat’ costaud en effet pour une première en Majeur que Sloane Stephens n’a, à l’en croire, pas totalement réalisée. "Je pense que cela va me prendre quelques jours ou quelques mois, je ne sais pas. Cela m’a l’air tellement irréel… J’ai l’impression que c’est un rêve. Comme si j’allais me réveiller et comprendre qu’en fait, cela n’est jamais arrivé. Pour le moment, je regarde le trophée et je me dis : "C’est vraiment cool". Cela n’est pas encore retombé mais j’espère bien que dans quelques temps, je serai capable de me poser et d’y repenser tranquillement. Et que je réaliserai que je suis vraiment championne de l’US Open !"

En avril, c'est assise dans un fauteuil qu'elle tapait des coups droits...

Le rêve paraît d’autant plus fou que Sloane Stephens n’est revenue à la compétition qu’à Wimbledon, après onze mois d’arrêt pour cause de blessure. Onze mois à espérer, d’abord, qu’une fracture de fatigue du pied gauche puisse se régler autrement que par une opération, puis à admettre l’inévitable et passer dans les mains du chirurgien (le 23 janvier dernier). À patienter, enfin, seize semaines durant, la jambe emprisonnée dans une sorte de prothèse. Pour ne reprendre la raquette qu’en avril. Autant dire que cette période a été marquée par des doutes majuscules. Y compris celui de pouvoir un jour rejouer au tennis.

Voilà à quoi ressemblaient ses exercices à sa reprise fin avril

Classée 957e mondiale au début de l’été, Sloane Stephens est arrivée à l’US Open 83e, devant sa présence dans le grand tableau à un classement protégé. Elle en repart 17e. En étant, au passage, devenue la seconde non-tête de série de l’ère Open, après Kim Clijsters en 2009, à jamais remporter le tournoi. Une ascension fulgurante qui confirme un potentiel que l’on savait immense. Mais qui avait été pollué, de l’aveu même de l’intéressée, par l’appel de la vie facile et le succès précoce, elle qui avait atteint le 11e rang mondial en 2013 dans la foulée d’une demi-finale à Melbourne après un succès sur Serena Williams.

Keys : "Être restée éloignée si longtemps des courts l'a aidée à réaliser combien elle aime le tennis"

Aujourd’hui, Sloane Stephens le reconnaît : sa blessure et le recul qu’elle lui aura permis de prendre aura finalement constitué une bénédiction. "Sloane a toujours eu du talent, a confirmé Madison Keys. Je crois que le fait d’être restée éloignée si longtemps des courts l’a aidée à réaliser combien elle aime le tennis. À bien des niveaux, c’est finalement la meilleure chose qui lui soit arrivée. Je suis très heureuse pour elle et j’espère bien que dans le futur nous jouerons beaucoup d’autres finales de Grand chelem l’une contre l’autre."

La retraite, plaisanterie mise à part, est donc, de fait, très loin d’être une option pour la nouvelle championne de l’US Open. Qui est en train de découvrir que l’appétit vient en mangeant et que, quand on a son talent et sa capacité à aussi bien gérer ses émotions, un titre majeur en appel a priori d’autres. Comme d’autres championnes, Marion Bartoli en est elle aussi persuadée. "On se connaît depuis très longtemps, a confié la championne de Wimbledon 2013, et, comme je viens de le dire à sa maman, pour moi, Sloane est une fille qui a un potentiel gigantesque. Je pense qu’elle va en gagner une palanquée d’autres, des Grands chelems, parce qu’elle a des qualités physiques incroyables, complètement hallucinantes, même !"

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