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Wimbledon 2017 - Muguruza, l'âge de maturité

Par Guillaume Willecoq   le   mardi 18 juillet 2017
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A 23 ans, Garbiñe Muguruza a remporté son deuxième titre du Grand chelem à Wimbledon, après Roland-Garros l'an passé. Et, forte de cette première expérience, semble cette fois armée pour assumer les attentes et s'ériger en tête d'affiche n°1 du circuit féminin.

Pas toujours facile de digérer un premier titre en Grand chelem. Serena Williams elle-même a quasiment laissé s’écouler trois ans entre le n°1 (US Open 1999), celui de la révélation, et le n°2 (Roland-Garros 2002), celui qui lança définitivement sa carrière exceptionnelle. Victorieuse de son aînée Venus en finale de Wimbledon, Garbiñe Muguruza ne dira pas le contraire. Lors du dernier Roland-Garros, on avait quitté l’Espagnole en larmes en salle de presse, après avoir abandonné son titre dès les huitièmes de finale face à Kristina Mladenovic, des larmes dont on ne savait pas trop si elles étaient de tristesse ou si elles n'évacuaient pas toute la tension accumulée depuis des mois.

Eblouissante pour ouvrir son palmarès en Grand chelem à Paris en 2016 – un seul set perdu, le tout premier du tournoi, avant de ne plus concéder la moindre manche à des adversaires du calibre du Svetlana Kuznetsova, Samantha Stosur ou, en finale, Serena Williams elle-même – la suite n’avait pas été à la hauteur des attentes suscitées… et de ses propres attentes, sans doute, "Garbi" ne disputant pas la moindre finale au cours des douze mois suivants. Autant dire qu’elle ne retrouvait Roland-Garros dans les meilleures dispositions d’esprit : "Oui, ce n’était pas facile, reconnaît-elle. C’est tellement bon quand vous gagnez, mais c’est compliqué de revenir quand vous savez ne pas être dans les meilleures conditions pour défendre votre titre." Avant d’ajouter dans un sourire : "Même si bien sûr c’est un problème de riche que d’avoir ce type de situation à gérer…"

"Quand je regardais le palmarès gravé sur les murs, je me rendais compte à quel point il y a une différence entre la place de finaliste et celle de la gagnante"

N’empêche. N’empêche que comme beaucoup avant elle, hommes et femmes confondus, l’exercice périlleux de la première défense d’un titre du Grand chelem, la gestion des souvenirs, la confrontation de ceux-ci aux réalités du moment, la pression de la montagne de points remis en jeu… aura été douloureuse à la championne espagnole. "Défense" induit bien une posture défensive, et cela ne sied guère au tennis de Garbiñe Muguruza. Il aura donc fallu la perte de cette couronne parisienne pour voir réapparaître quasi-immédiatement après la joueuse du printemps 2016, agressive, en confiance, au point tactiquement et au clair dans ses options de jeu.

La finale dames vue de l'intérieur

Avec, en outre, ce petit "plus" chez Garbiñe qui est l’apanage des plus grandes : être une joueuse de grands rendez-vous. Quatre titres remportés seulement, mais deux Grands chelems. Une finale de Grand chelem jouée chaque année depuis trois ans. Cinq matchs disputés contre la patronne du circuit, Serena Williams, tous en Grand chelem, et deux succès ramenés face à la référence dans ce type de grands matchs. Et, bien sûr, la plus belle "stat" de toutes, la plus parlante aussi : deux finales jouées sur le circuit depuis 20 mois, les deux en Grand chelem… les deux gagnées. N’en jetez plus : "Je suis toujours particulièrement motivée par les Grands chelems, c’est vrai. Je ne pas… J’ai perdu ma première finale de Grand chelem (Wimbledon 2015, ndlr) et… quand je regardais le palmarès gravé sur les murs, je me rendais compte à quel point il y a une différence entre la place de finaliste, qui est déjà formidable, certes, et celle de la gagnante, celle qui reste. C’est incomparable. Alors c’est une motivation particulière de ne pas perdre ce match-là, arrivée si près du but."

Une n°1 en puissance ?

D’où, aussi, une gestion remarquable du stress inhérent à ces rendez-vous. "Je fais ce que je peux", sourit-elle, avant de développer un discours furieusement semblable à celui tenu par Roger Federer vingt-quatre heures plus tard : "Moi aussi je ressens la pression, mais je considère que cela doit être une bonne chose. Cela va avec les grandes victoires, et les grands courts. Et c’est ça que j’ai toujours voulu, pour ça que je m’entraîne tous les jours, et je sais que j’en suis capable. Sur un terrain, je ne me considère jamais inférieure à quiconque. C’est peut-être pour ça que je joue bien dans les grands tournois, j’imagine. Parce que c’est pour ça que je travaille, et si je suis en finale c'est que je me suis bien préparée."

Lire aussi : Hey, Muguruza !

Reste maintenant, afin de basculer dans une nouvelle dimension, à ajouter la régularité annuelle à ses pics de performances en Grand chelem. Sur un circuit féminin où les joueuses qui dominent le classement ne sont pas celles qui gagnent les Grands chelems – la hiérarchie de cette semaine ne compte qu’une championne de grand tournoi, Angelique Kerber, parmi les quatre premières WTA, et seulement en troisième position – Garbiñe Muguruza, classée cinquième quant à elle, a les armes pour mettre tout le monde d’accord. "Mais j’ai encore du mal à conserver dans la durée la bonne combinaison pour me sentir bien physiquement, mentalement et tennistiquement, explique-t-elle. C’est un équilibre fragile. Dès qu’il y a de la fatigue, des douleurs, ma confiance s’envole. Et mon jeu sans confiance… c’est compliqué (rires) ! Avec l’expérience du premier, j’espère que ce deuxième Grand chelem sera un déclic. Pour que cet état dure plus longtemps qu’un tournoi." Le duel à distance avec Karolina Pliskova, qui tente à l’inverse de poser une couronne majeure sur sa tête après s’être emparée le sceptre de n°1, pourrait bien être l’un des grands feuilletons de la fin de saison…

Lire aussi : Muguruza sort du bois
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