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Wimbledon 2017 – Federer repousse les limites

Par Guillaume Willecoq   le   lundi 17 juillet 2017
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19e Grand chelem, 8e Wimbledon et la place de n°1 mondial à portée de raquette, le tout à 36 ans… Roger Federer n’en finit pas de redéfinir les normes d’excellence de son sport. Et en y mettant la manière, encore, à l'image d'un Wimbledon gagné sans perdre un set, chose qu'il n'avait jusque-là réalisé qu'une seule fois en Grand chelem, à l'Open d'Australie 20...07. Retour sur un comeback tonitruant après une blessure ayant fait craindre le pire.

L’avantage avec les Géants, c’est qu’ils poussent à remonter très loin dans les livres d’histoire pour vérifier si quelqu’un a déjà fait mieux qu’eux. Ainsi, après une dixième victoire à Roland-Garros de Rafael Nadal nous ayant amené à vérifier qu’aucun joueur n’avait jamais atteint le cap des deux chiffres dans un Grand chelem, Roger Federer a de son côté dépoussiéré définitivement le livre d'or de Wimbledon en passant devant l’un des pionniers du tennis, William Renshaw – accessoirement l’un des "inventeurs" de la terre battue, aussi –  sept fois titré à Londres entre 1881 et 1889 et, plus près de son nous, Pete Sampras, maître des lieux dans les années 90. Aucun homme n’a triomphé aussi souvent que le Suisse à Wimbledon.

"Ro8er", affichait le tee-shirt porté par ce dernier lors de sa conférence de presse d’après-finale. Comme une évidence. Au fond de lui, Roger Federer a-t-il seulement douté que, si le corps suivait, il reviendrait au premier plan ? "Je pensais que j’arriverais à nouveau à briller un jour, acquiesce-t-il. Après, à ce point et si vite, quand même pas. Ce qui se passe depuis le début de cette année, c’est incroyable. Vous aussi vous auriez ri si je vous avais dit que j’allais gagner deux Majeurs cette saison. Mais j’ai beaucoup travaillé pour revenir à ce niveau-là."

"C'est marrant, cette fois je n'ai pas trop pensé au record"

On a beaucoup parlé des évolutions apportées à son jeu, transformant ses six mois de coupure forcée l'an passé, suite à sa blessure au genou, en une salvatrice période d’expérimentions techniques et tactiques. Il faudra y ajouter la réflexion de fond menée sur son calendrier par le Bâlois. Lui, déjà très à l’écoute de son corps et toujours très raisonnable dans l’établissement de ses programmations (trait partagé avec son compatriote Stan Wawrinka, sous l’égide notamment de leur entraîneur physique commun Pierre Paganini), a été au bout du processus : jouer peu, mais jouer bien, aidé en cela par une faculté aussi rare que précieuse à se remettre dans le bain tout de suite, sans grand besoin d’engranger les matchs, et les succès, pour redevenir compétitif – un peu comme peut le faire une Serena Williams du côté de ces dames.

Ajoutez à cela que ladite blessure au genou et l’éloignement des courts consécutif de 2016 - ainsi que, sans doute, la délivrance représentée par le retour gagnant de l'Open d'Australie en janvier - l’ont vu revenir blindé d’une sérénité nouvelle, lui pourtant vrai émotif, et vous comprendrez qu'il n’en devient que plus redoutable lors des grands matchs, à l’image d’une finale de Wimbledon menée de manière imperturbable de bout en bout – au contraire sans doute de son challenger Marin Cilic : "C’est marrant, cette fois je n’ai pas trop pensé au record (des huit Wimbledon, ndlr) pendant cette finale, ni pendant la cérémonie de remise du trophée, sans doute parce que j’étais surtout heureux de gagner, et juste de profiter du moment", explique-t-il à propos de ce recul par rapport au poids de l'Histoire, lui qui est à côté de cela un fin connaisseur des palmarès et des records de son sport... et sait la place qu'il y occupe quoi qu'il arrive déjà.

En course pour la place de n°1 mondial, à 36 ans

Avec à mi-saison 2017 deux titres du Grand chelem dans son escarcelle, plus deux Masters 1000 et un ATP 500, Federer signe d’ores et déjà sa meilleure campagne depuis 2009 (les deux ayant d'ailleurs beaucoup en commun dans ce qu'elles ont représenté en termes d'accomplissements dans sa carrière)… en attendant même de lorgner sur les bases de ses saisons à Petits chelems, 2004, 2006 ou 2007. Car "Rodgeur" a encore faim. "Je pense ne plus faire de grosses impasses du reste de l’année. Il faut juste qu’on décide si je joue le Masters 1000 du Canada ou pas, mais ensuite le plan c’est Cincinnati et l’US Open, la Laver Cup (une exhibition, ndlr), Shanghai et la saison indoor."

De quoi briguer jusqu’au bout la place de n°1 mondial de fin d’année… et, au passage, un vingtième titre du Grand chelem du côté de l’US Open, alors qu’il aura soufflé ses 36 bougies. Irréel ? Pas quand on s’appelle Federer : "Je suis un joueur de grands courts et de grands événements : je n’ai jamais eu peur de ça. J’ai toujours eu l’impression de pouvoir sortir mon meilleur tennis sur les grands courts. J’ai rêvé très grand quand j’étais gamin. J’ai cru que des choses étaient possibles quand peut-être d’autres n’y croyaient pas. Je me suis entraîné très dur et de façon intelligente et j’ai su bien m’entourer. En ce qui concerne le jeu, j’ai eu la chance d’avoir beaucoup de talent, mais j’ai dû beaucoup travailler dessus car le talent, ça ne vous donne pas tout." Et quand on parvient à allier les deux dans de telles proportions, cela donne le probable plus grand joueur de tous les temps. Celui qui a gagné partout, à tous les âges, face à toutes les concurrences, en ayant, luxe ultime, presque réussi à donner l’impression que tout cela était facile. L’art se trahit par l’effort qu’il fait pour se cacher.

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