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"Roland-Garros, une affaire de costauds"

Par Véronique Bury   le   dimanche 11 juin 2017
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Quelques heures avant que ne débute la finale très attendue entre Rafael Nadal et Stan Wawrinka, le directeur du tournoi, Guy Forget, et le nouveau président de la Fédération française de tennis, Bernard Giudicelli, ont présenté le bilan de cette édition 2017, qui a battu tous les records.

La fréquentation record

Bernard Giudicelli : "Nous sommes très heureux de vous annoncer que nous avons battu notre record de fréquentation avec 471 274 spectateurs (455 000 billets vendus en 2016). Ce record s'ajoute à un deuxième record : celui des qualifications, qui ont été très fréquentées puisqu'il y a eu plus de 21 000 billets vendus. Par ailleurs, l'audience télé a aussi été importante avec 31 millions de Français qui ont vu au moins une minute du tournoi. Ce chiffre vaut jusqu'au 8 juin inclus. Notre meilleur match a été Alizé Cornet - Caroline Garcia le 5 juin, avec 3,4 millions de personnes qui ont assisté à ce match des huitièmes de finale. La meilleure journée a été celle des demi-finales hommes, avec une performance de France 4 sur la prise d'antenne pour le deuxième match. Enfin, le tournoi devient aussi de plus en plus vu sur le numérique. Nous avons passé un accord avec Tencent, le premier groupe digital de Chine, qui est le Facebook chinois. Le tirage au sort y a été vu par plus de 120 millions de personne en Chine. Nos applications et notre hashtag "#RG17", avec plus de 660 millions d'impressions sur les réseaux sociaux, ont également été très performants. On a largement dépassé tout ce qui était envisageable. Ce qui veut dire que le numérique sera l'un des principaux atouts de la diffusion de notre image et de notre tournoi."

La double billetterie des demi-finales hommes

Bernard Giudicelli :"La question de l'organisation des demi-finales a été un sujet d'attention et, avec 26 161 billets vendus pour ces deux rencontres, nous avons battu un nouveau record. Je rappelle que l'objectif était de donner deux fois plus de chances aux personnes d'assister à ces matchs d’exception et d'assurer en même temps une fluidité des spectateurs sur le court. Cela a été un succès puisque nous avons eu une première rencontre exceptionnelle de plus de quatre heures de jeu et que nous avons, le temps du changement de joueurs, à nouveau rempli le Central avec un public qui, pour plus de la moitié, était déjà dans le stade, gonflé à bloc pour ce deuxième match."

La problématique de la sécurité

Bernard Giudicelli : "Nous avions fait le choix, avec la préfecture de police et l'Etat, d'afficher clairement notre volonté de maintenir la sécurité autour du stade. A chaque point de contrôle, il y avait des sentinelles avec des armes longues. Le but était de montrer notre détermination face à toutes tentatives ou volontés de nuire à notre événement. Je crois que les spectateurs ont apprécié le fait qu'autour du stade, il y ait non seulement ce cordon de sécurité mais aussi ce dispositif pour préserver l'intégrité de l'événement."

La programmation du "Sunday start"

Guy Forget : "C'est un problème que l'on a eu à plusieurs reprises. Par le passé, certaines de nos grosses têtes d'affiche, je pense à Roger Federer ou à Jo-Wilfried Tsonga, nous demandaient de jouer le dimanche, pour la bonne et simple raison que certaines années, les intempéries avaient ralenti le déroulement des parties, et que d’un point de vue stratégique, en tant que joueur, c'était très malin de jouer le dimanche. Pour différentes raisons, blessure, manque de préparation, certains joueurs préfèrent au contraire commencer le plus tard possible. Certains aimeraient même jouer leur premier tour le mercredi. Le joueur de tennis a parfois des habitudes difficiles à faire changer. Dans un premier temps, on essaie, sur nos têtes d'affiche, de répondre à leurs attentes et souhaits... Mais dès l'année prochaine, nous allons essayer de prévenir les joueurs, leurs agents et leurs entraîneurs, afin de leur faire prendre conscience qu’à partir du moment où ils arrivent quatre ou cinq jours avant le tournoi, il n'y a, pour certains, pas forcément de raison valable de jouer plus tard."

La présence de deux trentenaires en finale hommes

Guy Forget : "Avant d'être directeur de tournoi, comme vous tous, je suis fan de tennis, et je viens sur un court pour vivre des émotions fortes. Quand on voit aujourd'hui la manière dont "Rafa" évolue sur le terrain, quand on voit la flamme qui l'habite lorsqu'il aborde ses premiers tours, je suis fasciné et je me dis : "Comment fait-il, après avoir gagné autant à Roland-Garros et ailleurs, pour avoir une mentalité de junior, junior dans le bon sens du terme ?" Stan, depuis trois ou quatre ans, joue le meilleur tennis de sa carrière. Cela fait longtemps qu'il est sur le circuit. Pour prendre des joueurs un peu moins forts, je pense à Nicolas Mahut, qui faisait partie de nos meilleurs jeunes lorsqu’il avait 18 ans, et qui joue encore depuis quelques années, lui aussi, son meilleur tennis. Quant à Roger Federer, je n’en parle même pas. Il nous a tous bluffés par son début de saison incroyable. C'est plutôt un message encourageant. La preuve que l'on peut être encore très fort à 35 ans. Quant aux jeunes, j'étais très impatient de voir le choc entre Nadal et Thiem, et même Zverev, qui avait gagné à Rome. On s’est demandé si l'édition de Roland-Garros 2017 n’allait pas être le théâtre d'une espèce de bascule entre les anciens et les nouveaux. Mais on s'est rendu compte que Dominic a été très tendre face à Nadal et que Zverev est sorti prématurément du tournoi. C'est riche d'enseignements. Cette passation de pouvoir n'a pas encore eu lieu, cela arrivera plus tard. On sait que la terre battue est l’une des surfaces les plus exigeantes du monde, [Roland-Garros] le tournoi le plus dur à gagner. C'est peut-être pour cela que Roger Federer ne l'a gagné qu'une fois et que John McEnroe ne l’a jamais remporté, ni Pete Sampras. C'est une affaire de costauds, mais aussi de beaucoup de métier, ce que possède "Rafa" encore aujourd’hui."

Le championnat du monde sur terre battue

Bernard Giudicelli : "Nous souhaitons optimiser encore plus ce que nous sommes, c'est à dire le championnat du monde sur terre battue. Nous souhaitons aujourd'hui être le leader, le moteur, le promoteur de la compétition sur terre battue. Pour cela, nous avons entamé un processus de labellisation des grands clubs sur terre battue dans le monde, qui prendront ce label des "clubs Roland-Garros". Nous allons envoyer, sur toute la planète, avec l'aide des fédérations, des ambassadeurs qui vont labelliser les grands clubs de terre battue. Nous souhaitons que les meilleurs jeunes de ces nations puissent participer au tournoi juniors de Roland-Garros en étant qualifiés dans leurs propres pays. Nous avons aujourd'hui beaucoup de wild-cards dans le tableau juniors, il faudra sans doute qu'on assume notre statut. Nous organisons un championnat du monde. Nous devons donc favoriser l'accès des meilleurs jeunes mondiaux à ce championnat du monde, qui est historiquement, et même dans les statuts, un des quatre championnats du monde de la fédération internationale. Donc pas de superlatifs ! Nous ne cherchons pas à devenir le plus beau, le plus grand, le plus fort mais juste à affirmer ce que nous sommes : the world championship on clay."

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