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"Roland" à la loupe, J15...

Par Myrtille Rambion (avec Amandine Reymond et Jean-François Rodrigues)   le   dimanche 11 juin 2017
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Ce qu'il fallait retenir de la journée de dimanche, à Roland-Garros. Les infos insolites, les petites phrases, les analyses et les éclairages de nos experts : tout est là. Résumé en chiffres, en lettres et en images.

"Remporter un dixième Roland-Garros, c'est une sensation unique. Je suis très heureux et très ému. Sur le papier, si vous regardez le score, tout a l'air facile. Mais ce n'est pas le cas. C'est magique tout ce qui s'est passé entre moi et Roland-Garros jusqu'ici. Je suis très, très heureux de tout ça. Aujourd'hui, c'était une journée importante car après toutes ces périodes difficiles à cause des blessures, c'est une sensation extraordinaire d'être de nouveau capable de renouer avec le succès."

- Rafael Nadal. Une décima à son palmarès après sa victoire 6/2 6/3 6/1 sur Stan Wawrinka en finale. -

Stan n'était pas complètement "The Man"

Finaliste malheureux de l'édition 2017 de Roland-Garros, Stan Wawrinka n'a pas cherché à cacher qu'il avait eu du mal à gérer la nervosité qui s'était emparée de lui dès le réveil. "Physiquement, je me sentais bien, a-t-il expliqué. C'est plus mentalement que ç'a été difficile pour moi. Tout est connecté. S'il y a une hésitation dans les pensées, dans ce que l'on veut faire, on déclenche les jambes plus tard et après, cela devient difficile. On est toujours un peu entre deux. C'est ce qui s’est passé un peu aujourd'hui. Quand on joue Rafa, si on hésite, même une demie seconde, voire beaucoup moins, c'est déjà trop tard."

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Ce 11 juin 2017, Rafael Nadal est devenu le premier joueur de l'histoire à remporter dix fois un même titre du Grand chelem. En l'occurence, Roland-Garros. Sa victoire en finale face à Stan Wawrinka a également marqué son 24e succès sur terre cette saison et le 43e toutes surfaces confondues. Personne n'a fait mieux que lui cette année.

L'image du jour

Rafael Nadal

Toni Nadal qui a du mal à retenir ses larmes. L'image est en elle-même rare. Mais quand on sait qu'en plus, elle a eu lieu sur le podium de remise des prix, à l'issue de la finale historique de Roland-Garros qui a vu son neveu Rafael accrocher une décima à son palmarès, elle a de quoi marquer encore plus. Invité par les organisateurs à venir apporter lui-même sur le terrain à Rafa une réplique taille réelle de la coupe des Mousquetaires, "Tio" Toni n'a pu cacher son émotion.

"Je ne suis pas très expressif d'habitude, a-t-il ensuite confié dans un couloir du players lounge, mais aujourd'hui, j'ai eu plus de mal à retenir mes larmes. J'étais très ému après deux années difficiles." D'autant plus ému sans doute que 2017 est en principe la dernière saison du duo Toni-Rafa sur le circuit.

"On a beaucoup hésité sur le remettant de cette coupe particulière, a expliqué le directeur du tournoi, Guy Forget, car on voulait vraiment marquer le coup. C'est quelque chose de tellement immense qu'on voulait que ça reste un moment fort pour Rafa, très émouvant aussi. Toni Nadal est celui qui l'a formé depuis tout petit, qui a été à ses côtés, qui a été l'artisan de toutes ses victoires, notamment ici à Roland-Garros. C'était donc très, très fort. Lorsque Toni a monté les marches avec des larmes dans les yeux, je me suis rendu compte qu'on avait eu raison, que le pari avait été réussi."

La "décima" épate même les sportifs !

Qui mieux qu'un autre champion pour comprendre un champion d'exception ? A la sortie de la tribune présidentielle du court Philippe-Chatrier, la triple championne olympique d'athlétisme Marie-José Pérec n'arrivait pas à s'arrêter de sourire. "Gagner dix fois Roland-Garros, s'est-elle exclamée, c'est quasiment de l'ordre du rêve. Donc c'était extraordinaire à vivre. Et puis j'ai aimé l'état d'esprit de Stan Wawrinka. Il a été jusqu'au bout, c'est un garçon généreux. Quant à Rafa, depuis le début du tournoi, il était intouchable. Quand quelqu'un est au sommet de son art comme ça, c'est juste magnifique."

Médaillé d'or de boxe à Rio et lui aussi soutien de Paris 2024, Tony Yoka lui le disait clairement :"J'étais venu là pour la décima de Nadal. J'aime les gens qui marquent l'histoire de leur sport. Bon là, avec ce dixième titre c'est tout simplement incroyable. Il n'a pas perdu un set pendant ces deux semaines et tu sentais qu'il se battait sur chaque balle, parce qu'il ne voulait rien lâcher. Franchement, chapeau. Ce qu'il a réussi ne peut se comparer avec rien d'autre. On parlait de la décima avec le Real Madrid mais c'est sur un siècle (sourire) ! Il l'a fait en 13 ans. C'est tout juste incroyable. Franchement dix Roland-Garros, aujourd'hui comme il joue encore, je pense qu'on ne se rend pas forcément compte, mais dans 50 ans, on parlera de Rafael Nadal comme le plus grand joueur de l'histoire de Roland-Garros."

Depuis le clan du Majorquin, ils étaient également un certain nombre à être bluffés par l'exploit de Rafa. Parmi les sportifs présents au milieu des proches du désormais décuple champion à Paris, le footballeur Fernando Llorente n'était pas le moins admiratif. "C’est très fort qu’il soit parvenu à se relever autant de fois, a souligné le champion du monde et d'Europe. Le sport de haut niveau, c’est très usant, il y a beaucoup d’efforts à faire. Il faut se battre tout le temps. Il y a aussi les blessures, qui font très mal. Ce que je trouve génial chez Rafa, c’est que même s’il était au plus mal et que beaucoup de personnes le donnaient pour mort, il a démontré que ce n’était pas le cas. Il a démontré qu’il est toujours le meilleur du monde."

Même chose du côté du basketteur NBA Pau Gasol, ami de longue date du Majorquin. "C’est une fierté et un grand honneur de voir ce que Rafa a réalisé, a commenté l'international espagnol. C’est quelque chose d’inédit, ces dix sacres dans un même tournoi du Grand chelem. Moi, je l’admire énormément depuis de longues années, je viens le voir chaque fois que je peux. Et je suis vraiment très fier de lui en tant que sportif, en tant qu’ami et en tant que personne. Je suis aussi ravi de la façon dont il continue de jouer. Cela fait plusieurs années qu’il est au plus haut niveau et dix Roland-Garros, c’est vraiment hallucinant. Vivre ça depuis la loge, c’est très émouvant. Pouvoir en profiter au sein du cercle des amis et des proches, c’est vraiment très spécial."

"C'était extraordinaire. Beaucoup aimeraient jouer comme Rafa, mais personne ne peut. Il est unique. La personne qui saurait frapper la balle comme lui n'a pas encore été inventée..."

- Guillermo Vilas, champion de Roland-Garros 1977.

Une déception de chef

Jean Imbert affichait la mine tristoune de ceux dont le champion a perdu en finale. Le chef du restaurant L'Acajou, dans le XVIe arrondissement, est rapidement sorti de la tribune joueurs, aussitôt la balle de match jouée. "J'étais invité par Stan Wawrinka, a-t-il expliqué, parce qu'il était venu manger dans mon restaurant il y a deux jours. C'était sympa de sa part.'" Passionné de tennis depuis tout petit ("parce que mon père jouait beaucoup"), le cuisinier, qui a d'ailleurs participé au Trophée des personnalités, a trouvé sévère pour le Vaudois de perdre aussi sèchement. "Mais le clan de Stan ne s'est pas démobilisé pendant la finale, a-t-il souligné. J'entendais son équipe qui parlait et disait que de toute manière, il avait fait un super tournoi. Je pense qu'aujourd'hui, il n'était pas dedans, au contraire de la demie, où il s'est vraiment lâché. Pourtant il est habitué aux finales de Grand chelem, mais là, il était comme bloqué, je ne sais pas pourquoi. Rafa, à l'inverse, avait l'air facile, tout en décontraction."

La question du jour : l'arbitre de la "décima" a-t-il eu le temps de réaliser que l'histoire s'écrivait sous ses yeux ?

N'essayez surtout pas de dire à Pascal Maria que sa place est la moins confortable pour assister à l'histoire qui s'écrit. Juché sur la chaise d'arbitre, le Niçois a assisté de très très près à la finale ayant accouché d'une "décima". Il le dit, le répète : "J'ai le meilleur siège sur le terrain, je peux vous l'assurer ! Et je le garde. Je vois les joueurs, je vois comment ils réagissent, je vois ce qu'ils ressentent donc c'est un réel plaisir d'être où je suis." D'où notre interrogation légitime : Pascal Maria a-t-il pu goûter comme il se doit à l'histoire qui était en train de s'écrire sous ses yeux ? Forcément attentifs à des détails différents de ceux auxquels prête attention le commun des spectateurs...

"Oui, bien sûr qu'on profite du spectacle dans ces cas-là !, s'exclame Pascal Maria. On a deux grands champions sur le terrain, on est hyper concentré, mais encore une fois moi je suis fan de tennis, donc j'essaie de tirer le maximium de ces matchs-là. Je suis fan et les records qui sont cassés semaine après semaine, c'est un réel plaisir d'y prendre part. Ce sont les champions qui écrivent l'histoire, nous, nous sommes juste des témoins. Donc si moi à la fin du match vous me dites : 'ah, tu as arbitré la décima de Rafael Nadal, on ne savait pas !', c'est le plus beau compliment que vous puissiez me faire. Être témoin de cette décima, c'est super mais tout le mérite leur revient."

Pascal Maria
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