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Rafael Nadal : Le dix et l'infini

Par Julien Pichené   le   dimanche 11 juin 2017
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Et de dix Roland-Garros pour Rafael Nadal ! L'exploit est invraisemblable, à l'image de sa personnalité et de son niveau de jeu durant toute la quinzaine. Douze ans après son premier titre à Paris, et trois ans après le dernier, l'Espagnol est donc parvenu à boucler sa "décima", l'un des plus grands exploits de l'Histoire du sport. Cette désormais fameuse "décima", qui semblait inéluctable depuis le début du printemps, même le souvent très dangereux Stan Wawrinka, étrillé (6/2 6/3 6/1), n'a rien pu l'empêcher. Fou !

Avant même le coup d'envoi du match, à 15h18, on savait déjà que cette 87e finale des Internationaux de France allait faire date. Tout d'abord pour l'âge des protagonistes, 32 ans pour Stan Wawrinka et 31 pour Rafael Nadal... ce qui en faisait le premier bouquet final entre trentenaires depuis 1969, quand l'Australien Rod Laver, 30 ans, avait dominé son compatriote Ken Rosewall, 34 ans.

C'est pourtant tout sauf un tennis de papa qu'a pratiqué Rafael Nadal aujourd'hui sur la terre battue du court Central de Roland-Garros, où il s'est écroulé de joie et d'émotion... pour la dixième fois de sa vie. Dix victoires dans un même tournoi majeur, une performance jusqu'ici inédite, et que sa feuille de route rend encore plus hors du commun : en quinze jours, Rafael Nadal a lâché zéro set et seulement 35 jeux - à seulement trois unités du record absolu établi par Björn Borg en 1978 ! En revanche, le Suédois n'a gagné "que" deux fois le tournoi sans perdre un set. Après 2008 et 2010, "Rafa" le double dans ce domaine cette année.

Rafael Nadal : Du premier au dernier point

Premier set : 6/2 pour Nadal en 42 minutes

En présence d'un parterre de stars, dont les acteurs Nicole Kidman et Jean-Paul Belmondo, le match débute comme un western en cinémascope. Le ciel est pommelé, le soleil est de plomb et le héros Nadal n'a pas oublié son coup droit lasso. Si Stan Wawrinka sauve quatre balles de break à 1-2, il ne résiste pas bien longtemps au pressing du monstre espagnol, qui semble même par moments jouer tout seul. Réduit à un rôle de figurant, Stan Wawrinka, à peine remis de son duel de 4h34 contre Andy Murray vendredi, voit Rafael Nadal remporter 14 des 20 derniers points du set, qu'il finit sur une dix-septième faute directe.

Deuxième set : la leçon continue, 6/3 pour l'Espagnol

Groggy, Stan Wawrinka ne parvient toujours pas à faire mal à Rafael Nadal, dont le niveau de jeu rappelle le millésime 2008, année où il n'avait laissé que quatre jeux à Roger Federer en finale. Il faut dire qu'avec seulement trois fautes directes dans ce deuxième acte, l'Espagnol est en totale confiance, décochant par exemple à 4 jeux à 2 un coup droit laser venu de l'espace qui fait sourire jaune le Suisse. Mais à 5-3 et 30-15, le génie du cow-boy espagnol, qui renvoie tout, désarme même totalement son adversaire, qui en déchiquette sa raquette. Stan Wawrinka est-il en train de passer pour la première fois de sa vie à côté d'une finale en Grand chelem ? 

Stan Wawrinka

Troisième set : Wawrinka se lâche enfin, mais Nadal ramène tout

En prenant d'entrée le service adverse, Rafael Nadal enfonce davantage le clou : la plus grosse rebellion de Wawrinka n'ira pas au-delà du 0-30 sur le service de Nadal, par ailleurs excellent (82 % de réussite derrière sa première balle). A 3-1, Rafael Nadal se plante pour la première fois du match au filet (18 points gagnés sur 20 sur l'ensemble du match), mais cela n'annonce aucunement une baisse de régime. Au contraire, en défense, le bientôt décuple vainqueur réalise des prouesses, forçant sans arrêt Wawrinka (enfin un peu moins loin de sa ligne de fond) à jouer le coup supplémentaire et à accumuler les erreurs. A 17h23, après 2h05 de match et une vingt-neuvième faute directe de Stan Wawrinka, Rafael Nadal s'effondre une fois de plus sur sa terre.

Qui doute encore que le super-héros Rafael Nadal semble pouvoir répéter cette scène à l'infini ? "C'est vraiment spécial et je suis très 'émotionné'", a confié en français "Rafa", tout sourire, après avoir réalisé "l'un des plus grands exploits de l'Histoire du sport", dixit son intervieweur, Fabrice Santoro. "Excusez-moi pour mon français... c'est mon tournoi favori, le court le plus important de ma carrière. J'ai du mal à mettre des mots sur ce que je ressens." Mieux que des mots, c'est en lui offrant une réplique grandeur nature de la coupe des Mousquetaires, estampillée à son nom et remise par son oncle et entraîneur Toni, que le tournoi a voulu de son côté lui rendre hommage. Un hommage présent jusque sur le podium, griffé d'un grand 10, assurément le chiffre du jour... avec le chiffre 15, son nombre total de titres majeurs.

Roy Emerson

Nadal dépasse Sampras... et relance le duel avec Federer ?

L'Histoire du tennis retiendra en effet que c'est le 11 juin 2017 à Roland-Garros que Rafael Nadal, huit ans après Roger Federer, a dépassé à son tour les quatorze titres majeurs de Pete Sampras, cap que l'Américain lui-même avait jugé infranchissable il y a quinze ans. Avec ses quinze tournois du Grand chelem, l'Espagnol, qui va revenir lundi à la deuxième place au classement ATP (il passe devant Stan Wawrinka et Novak Djokovic) est de nouveau à trois marches derrière Roger Federer. Mais il distance désormais Björn Borg et Rod Laver de quatre unités, et Novak Djokovic et Roy Emerson de trois. C'est d'ailleurs ce dernier, victorieux du dernier Roland-Garros de l'ère amateur, il y a 50 ans, qui était l'invité d'honneur de la cérémonie de remise des prix. 

Nadal - Wawrinka Final: Les temps forts
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