En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

Toni Nadal : "Je suis heureux où que je sois"

Par Amandine Reymond   le   samedi 10 juin 2017
A | A | A

Depuis le premier match de Rafael Nadal sur le circuit principal à Majorque en 2002, on s'était habitué à voir Toni Nadal dans son box. Hormis les quelques tournois où il cédait sa place à Francisco Roig, l'un des deux autres entraîneurs actuels du nonuple vainqueur de Roland-Garros (avec Carlos Moya), "tio Toni" était toujours là, au premier rang du clan Nadal, coiffé de sa célèbre casquette. Mais cette image sera bientôt beaucoup plus rare puisque l'oncle le plus célèbre de la planète tennis a annoncé cette année qu'il prendrait du recul pour se consacrer à ses enfants et à l'Académie Rafa Nadal à la fin de la saison 2017. Une annonce qui a surpris tout le monde dans un premier temps mais qui ne devrait pas perturber outre mesure le fonctionnement si bien huilé du clan Nadal.

Après presque trente ans de bons et loyaux services auprès de son neveu, Toni Nadal a pris sa décision quelques semaines après l'intronisation en tant que coach de Carlos Moya, l'ami de longue date du clan Nadal. "Quand on a décidé d'inclure Carlos Moya dans l'équipe, on ne savait pas à quel point il allait s'investir, nous expliquait Toni Nadal au début de Roland-Garros. On ne savait pas s'il allait être là sur tous les tournois ou pas... Et puis quand j'ai vu les premiers entraînements avec lui, j'ai pensé : "Avec lui et Francisco Roig, Rafa est entre de bonnes mains, je pourrais arrêter, je pourrais travailler au sein de l'Académie à Majorque, ça serait bien pour moi et aussi pour l'Académie'". C'est ainsi que Toni a décidé que 2017 serait sa dernière année sur le circuit avec son neveu.

"Je suis heureux où que je sois..."

Mais Toni n'a pas peur de prendre de la distance avec celui qu'il a mis au tennis à quatre ans et formé pendant de longues années jusqu'à l'accompagner pendant la plus grande partie de sa carrière en le menant tout en haut de la hiérarchie mondiale. "Le fait que ça soit ma dernière année sur le circuit avec lui ne change rien. Ce qui pourrait être spécial c'est l'année prochaine, si je suis à Majorque et que je regarde Rafael jouer sur le Philippe-Chatrier à la télévision. Là je pourrais me dire : "Tiens, d'habitude j'étais là-bas..." Mais je suis très heureux d'être là, tout comme je suis très heureux quand je suis à la maison." Avant de poursuivre... "Ici à Paris, je suis très heureux, je marche beaucoup dans la ville, je rejoins l'hôtel à pied ou je vais me promener de Montmartre à Notre-Dame ou ailleurs, je suis heureux. Mais à Majorque je le serai aussi. Je pourrai travailler à l'Académie, m'occuper de mes enfants. Là-bas, je me réveille tous les matins face au soleil et face à la mer, c'est très agréable. En fait je suis heureux où que je sois."

"Je ne serai jamais dur avec quelqu'un qui n'est pas capable de le supporter ou avec quelqu'un que je n'aime pas..."

A ses côtés depuis sa plus tendre enfance, Toni Nadal a fait plusieurs fois le tour du monde avec Rafael Nadal et développé une relation très forte avec lui. Ce qui ne l'empêchait pas (et ne l'empêche toujours pas) d'être parfois dur et exigeant, surtout à l'entraînement. Bien au contraire. "Je ne suis jamais strict si je pense que ça n'est pas bon pour la personne. Je ne serai jamais dur avec quelqu'un qui n'est pas capable de le supporter ou avec quelqu'un que je n'aime pas, nous expliquait-il. Je suis dur avec mes enfants parce que je les aime énormément. C'est le problème aujourd'hui. Beaucoup de parents veulent être 'amis' avec leurs enfants mais ils ne les aident pas en agissant comme ça car ils n'apprennent pas de leurs erreurs si on ne leur fait que des compliments, si on souligne seulement ce qui va. Mais je ne vous dirai jamais par exemple que vos enfants sont très mauvais. Je n'ai pas besoin d'être cruel. Je peux le dire à propos de mes enfants car je leur dirai aussi quand ils sont bons. Je veux être honnête mais pas cruel."

D'ailleurs si Rafael Nadal a plusieurs fois fait part de moments difficiles vécus à l'entraînement ou dans son apprentissage, il a toujours souligné la qualité de la relation existant entre lui et son oncle. "Avant d'être mon entraîneur, Toni est mon oncle, commentait-il en marge du tournoi d'Acapulco en février. Il a toujours été là pour moi et la relation avec lui est différente de celle que j'ai avec mes autres oncles parce que j'ai vécu au quotidien avec lui et je lui suis très reconnaissant de tout ce qu'il a fait pour moi. Toni est libre, comme il l'a toujours été, de prendre ses propres décisions et de choisir ce qui le rend le plus heureux."

Et aujourd'hui qu'est-ce qui rendrait Toni heureux ? "Ce qui me rendrait le plus heureux à la fin de cette saison serait d'avoir gagné Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open, répondait Toni Nadal en riant il y a quelques jours. Que Rafael soit en bonne santé, qu'il joue bien. Si c'est le cas, il pourra gagner des titres, des Grands chelems ce serait incroyable pour nous." Et pas question d'être nostalgique. "Je voyagerai peut-être encore de temps en temps avec eux... S'ils m'invitent pourquoi pas, si 'Rafa' me demande de venir, je serai partant évidemment. Mais sinon je serai très bien à Majorque." Jamais très loin des courts, avec les pensionnaires de l'Académie Rafa Nadal ou même ses propres fils qui, paraît-il, jouent plutôt bien au tennis...

Comments
Article suivant: Houdet et Peifer ne s'arrêtent plus
Articles Similaires