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"Roland" à la loupe, J14...

Par Myrtille Rambion   le   samedi 10 juin 2017
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Ce qu'il fallait retenir de la journée de samedi, à Roland-Garros. Les infos insolites, les petites phrases, les analyses et les éclairages de nos experts : tout est là. Résumé en chiffres, en lettres et en images.

"Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai gagné Roland-Garros. C'était mon rêve et il est devenu réalité. Je pense qu'il va me falloir deux jours ou même deux semaines pour réaliser."

- Jelena Ostapenko a dominé Simona Halep de la tête, des jambes... et du bras en finale de Roland-Garros, ce samedi (4/6 6/4 6/3). La Lettonne a ainsi ouvert de la plus belle manière, à 20 ans, son palmarès chez les pros. -

Jelena Ostapenko

Une maman fière avant tout

Il n'y avait pas besoin de beaucoup de mots pour simplement ressentir la joie immense de la maman de Jelena Ostapenko, juste après sa sortie du court Philippe-Chatrier. "Je suis heureuse, oui, a confié Jelena Jakovleva dans un sourire qui semblait ne jamais devoir finir. Très heureuse même. C'est beaucoup d'émotions. Peut-être que dans une semaine, je réaliserai tout ça, mais là..." La maman, qui était aussi la coach de Jelena Ostapenko, jusqu'à ce qu'elle décide de passer la main à Anabel Medina-Garrigues au début de la tournée sur terre battue à Stuttgart, a suivi toute la première semaine de Roland-Garros chez elle, en Lettonie, devant sa télévision. "Mais en fait, du bord du court, c'est moins stressant, a expliqué Jelena Jakovleva, alors je suis arrivée à Paris pour la deuxième semaine." A Paris, mais pas pour autant dans les tribunes... "Pour le huitième contre Stosur et le quart contre Wozniacki, je suis restée à l'hôtel, s'est amusée la maman. Je me suis dit que Jelena resterait plus concentrée si je n'étais pas là." La tactique a visiblement été payante, même si la présence de sa maman n'a en fin de compte pas vraiment ajouté de pression à la future gagnante. Et vice-versa. "Même à 3-0 pour Simona Halep dans le deuxième set, a conclu Jelena Jakovleva, j'ai toujours pensé que si Jelena bougeait mieux et gardait sa concentration, elle pouvait revenir et gagner."

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C'est le nombre de coups gagnants réussis par la championne de Roland-Garros 2017, Jelena Ostapenko, sur le total des sept matchs qui l'ont menée au titre. Soit 47,2 par tour en moyenne. En finale ce samedi face à Simona Halep, la nouvelle 12e mondiale en a inscrit 54.

L'image du jour

Jelena Ostapenko et Simona Halep

Simona Halep, le plateau de finaliste à la main, qui félicite avec sincérité Jelena Ostapenko sur le podium au moment de la remise des trophées. L'image est d'autant plus forte que quelques minutes plut tôt, la Roumaine avait fait un court aller-retour aux vestiaires, où il était visible qu'elle avait dû verser quelques larmes.

"Elle a tellement bien joué, a-t-elle ensuite commenté face à la presse. Elle tapait très fort. A tel point que j'avais parfois l'impression d'être spectatrice sur le court. Elle a mérité la victoire." Et la n°2 mondiale n'a pas tergiversé au moment d'évoquer sa déception. "Oui, c'est dur, a-t-elle confié. C'est un moment difficile pour moi, mais avec le temps, cela va s'estomper. En tout cas, je l'espère. Je vais continuer à travailler parce que j'ai vraiment envie de rééditer ce que j'ai fait dans ce tournoi."

"Jelena a gagné ce match, ce n'est pas Simona qui l'a perdu."

- Darren Cahill, très admiratif de la performance de Jelena Ostapenko contre sa joueuse en finale. "Jelena a fait un match incroyable, a ajouté le coach de Simona Halep. Elle a été courageuse, a joué sans peurs et elle est entrée sur le court en voulant gagner le match de sa propre raquette, ce qu'elle a fait."-

Jelena Ostapenko

Ostapenko ? "La première fois que je me fais 'sécher' par une fille"

Dans un couloir du players lounge du court Philippe-Chatrier, Thibault Venturino avait encore du mal à y croire. Lui qui a été sparring partner de la nouvelle championne de Roland-Garros sur l'ensemble de la quizaine se souvient encore de sa toute première séance avec la Lettonne. "On m'avait demandé de taper avec elle, explique-t-il, et elle ne jouait pas si bien que ça. Enfin en tout cas, je ne trouvais pas que c'était extraordinaire et je n'aurais jamais pensé qu'elle arriverait jusque-là. Et ce qui est impressionnant, c'est qu'elle est vraiment montée dans les tours. Match après match, le niveau s'élevait de plus en plus."

Et, à en croire Thibault Venturino, ce sont les tout derniers jours qui ont été cruciaux. "Les deux derniers entraînements, s'exclame le sparring, c'était de pire en pire, mais dans le bon sens ! C'est-à-dire qu'il y avait de moins en moins de fautes, ça allait de plus en plus vite, donc avec la confiance, elle gagnait de plus en plus. C'est vraiment devenu impressionnant ce qu'elle faisait au final." Le plus impressionnant chez la championne de Roland-Garros ? "Elle a un super bras, dit-il, et le fait qu'elle mette beaucoup d'intensité dans sa manière de bouger, de vouloir toujours rentrer dedans, je pense que c'est déjà très gênant pour les filles en général. Mais elle, vraiment, elle est capable de faire des gros coups gagnants. Et des deux côtés en plus."

Au point de mettre en difficulté son sparring masculin. "Par exemple hier (vendredi), sur l'entraînement, détaille-t-il, on était dans la gamme, coup droit, revers, sa coach me disait : 'voilà, elle ouvre et si possible tu remets juste une balle au milieu pour qu'elle puisse finir le point.' Elle m'a vraiment 'séché', quoi ! C'est très rare qu'une nana puisse me sécher comme ça dans une gamme et derrière quand elle ouvre long de ligne, en anticipant un peu, j'arrivais jusque-là souvent à la remettre ; là neuf fois sur dix, elle me mettait un vrai coup gagnant !"

Alexei Popyrin

Popyrin et "l'intensité" du jeu chez les pros

Sacrée chez les juniors en 2008, Simona Halep n'est malheureusement pas encore parvenue à doubler la mise chez les pros. Stan Wawrinka, en course ce dimanche pour un deuxième titre chez "les grands" après sa victoire dans le grand tableau en 2015, a, lui, réussi cette performance rare, puisqu'il avait conquis le titre chez les jeunes en 2003. Un exploit que seuls cinq autres joueurs ont signé avant lui. Des chiffres qui en disent long sur la difficulté du passage entre juniors et seniors. Où se fait la principale différence ? L'Australien Alexei Popyrin, vainqueur du titre juniors ce samedi, qui dispute depuis... 2013 - déjà ! - des matches sur les circuits Future, Challenger et même ATP, a son avis sur la question. "La grosse différence, dit celui qui s'est entraîné cette semaine avec le double demi-finaliste de Roland-Garros Dominic Thiem, c'est le physique des joueurs. Leur mental est également plus fort mais en juniors aussi, certains sont bons dans ce domaine-là, donc là, vraiment, c'est principalement le physique des gars qui fait la différence. Et jouer avec eux m'aide énormément, notamment en termes d'intensité. Ils sont tellement intenses ! Ces trois derniers jours avec Dominic, j'étais fatigué après une heure et demie à taper avec lui. L'intensité est juste dingue..."

La question du jour : Simona Halep va-t-elle digérer rapidement la défaite ?

Arrivée à Paris avec le dossard de favorite, Simona Halep a donc perdu en finale de Roland-Garros. Et c'est la deuxième fois que cela lui arrive (2014). Avec son jeu, son physique, son talent et son expérience, elle semblait avoir la plus grande chance de gagner enfin un premier titre du Grand chelem. Qui plus est son préféré. Et de devenir par la même occasion la nouvelle n°1 mondiale. D'où notre question : Simona Halep va-t-elle se remettre de cette déception ? La réponse est venue naturellement de son entraîneur -l'un des plus respectés au monde- Darren Cahill.

"Simona peut repartir d'ici fière d'elle, explique l'Australien, et la tête haute. Elle a fait une saison incroyable sur terre battue. Alors, oui, c'est dur, c'est vrai, mais je suis sûr qu'elle va rebondir et devenir une meilleure joueuse encore. J'ai entièrement confiance en sa capacité à passer au-dessus de cette défaite." Même s'il s'agit de sa deuxième finale majeure ?

"Ces finales sont très difficiles à gagner, poursuit Darren Cahill, et c'est ce qui les rend si spéciales quand vous parvenez enfin à en remporter une. Plein de joueurs avant elles ont perdu plusieurs finales avant d'enfin en gagner une. Simona va juste devoir creuser au plus profond d'elle-même, travailler encore plus dur et revenir encore plus forte pour se donner une autre chance. Et j'ai entièrement confiance dans le fait qu'un jour prochain, elle soulèvera un trophée dans un tournoi du Grand chelem."

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