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Ostapenko... dans les pas de Kuerten

Par Véronique Bury   le   samedi 10 juin 2017
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Elle n'a pas craqué. Comme "Guga" en 1997, Jelena Ostapenko s'est offert son premier titre en Grand chelem à 20 ans alors qu'elle n'était même pas tête de série. Un parallèle forcément fou pour cette joueuse née le jour-même de la première victoire du Brésilien. Il y a 20 ans.

L'histoire était-elle déjà écrite ? Les bonnes fées avaient-elles soufflé le futur destin de la jeune Jelena Ostapenko un certain 8 juin de 1997 lorsque celle-ci vit le jour, le jour même de la première victoire du Brésilien Gustavo Kuerten à Roland-Garros ? Nul ne sait. Mais la jeune Lettonne Jelena Ostapenko a parfaitement su forcer sa destinée pour s'offrir son premier titre en Grand chelem, 20 ans après son illustre aîné. Et quel parcours ! Quelle histoire ! Et quel joli parallèle  !

Comme "Guga" en 1997, Jelena Ostapenko ne faisait en effet pas partie des favorites en arrivant Porte d'Auteuil. Inconnue du grand public, la native de Riga était classée à la 47e place mondiale à l'heure d'aborder son premier match, face l'Américaine Louisa Chirico, là où le Brésilien émargeait à la 66e place mondiale lors sa (première) visite triomphale. Passée en trois sets après avoir cédé la première manche, elle s'envola ensuite aisément jusqu'en huitièmes, en battant coup sur coup en deux sets la Portoricaine Monica Puig, championne olympique à Rio, puis l'Ukrainienne Lesia Tsurenko. Comme "Guga", elle créa ensuite la sensation face à ses premières têtes de séries, Samantha Stosur (22e mondiale) et Caroline Wozniacki (12e mondiale), alors qu'elle avait à chaque fois été menée dans la première manche, pour devenir la première Lettonne qualifiée en demi-finales d'un Grand chelem (égalant par la même occasion la performance de son compatriote Ernests Gulbis, demi-finaliste en 2014). A ce stade de la compétition, Gustavo Kuerten, lui aussi, devenait le premier Brésilien à atteindre le cap des demi-finales en Grand chelem après trois matchs en cinq sets.

Première Lettonne à remporter un titre en Grand Chelem


Les observateurs pensaient alors que la jeune demoiselle allait finir par craquer le jour de son anniversaire, ce jeudi 8 juin, face à l'ancienne demi-finaliste de Roland-Garros, l'expérimentée Suissesse Timea Bacsinszky, tête de série n°30. Mais c'était mal connaître le caractère de l'impétueuse jeune femme... sauf peut-être pour Timea Bacsinszky ? Laquelle avait en effet senti le vent venir en lâchant en conférence de presse deux jours avant sa demi-finale : "Jelena, elle ne sent pas la pression ! Peut-être qu'elle la boit ? Je ne sais pas. Sérieusement ? Je ne la sens pas anxieuse. Elle a cette fougue de la jeunesse qui est absolument fantastique ! " Une fougue rafraîchissante et insolente qui l'amena une fois encore à prendre le dessus sur une joueuse mieux classée qu'elle pour s'offrir sa première finale en Grand chelem. Et si "Guga" remporta le titre face à un ancien vainqueur, Sergi Bruguera, Jelena Ostapenko se "contenta" du scalp d'une ancienne finaliste, la Roumaine Simona Halep, pour s'offrir son premier titre en Grand chelem, comme "Guga", à 20 ans tout rond. Et encore une fois, comme le Brésilien, elle intégrera lundi, suite à cet exploit, le top 15 mondial à la 12e place (Kuerten s'était hissé à la 15e place mondiale).

Jelena Ostapenko

Mais quelle sera la suite ? Quel sera le futur désormais de la jeune Lettonne au coup droit tonitruant ? Sur quelles traces cette ancienne danseuse de salon entraînée par sa mère, ancienne joueuse de tennis, va-t-elle continuer de marcher ? Celles de "Guga", qui a remporté deux autres titres à Roland-Garros suite à son premier exploit ? Ou celles de ces championnes d'un jour qui n'ont jamais réussi à rallier une autre finale en Grand Chelem après leur premier sacre ? On pense notamment à celle qui partageait le tableau d'honneur de l'édition 1997 avec Gustavo Kuerten, Iva Majoli ? Tout dépendra de la façon dont la jeune femme de 20 ans abordera ses prochains tournois. "Elle a gagné un Grand chelem mais cela ne serait pas la première joueuse qui s'éteint derrière, prévient l'Espagnole Anabel Medina Garrigues, ex-26e mondiale, qui l'a beaucoup conseillée tout au long de la saison sur terre battue. Pour moi, le plus important c'est qu'elle reparte à zéro dès le prochain tournoi. C'est un nouveau tournoi, une nouvelle surface, il faut qu'elle remette en place son jeu et qu'elle évite de trop penser à ce que cette victoire implique désormais en termes de statut." "Guga", en l'occurrence, avait mis trois ans pour digérer. De Roland-Garros 1997 à Roland-Garros 2000.

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