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Nadal n'a pas laissé une miette de suspense

Par Emmanuel Bringuier   le   vendredi 09 juin 2017
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En 2014, Rafael Nadal affrontait au deuxième tour de Roland-Garros un certain Dominic Thiem. L'Espagnol n'abandonnait que sept petit jeux à celui qui n'était encore qu'un prometteur Autrichien (6/2 6/2 6/3). Trois ans plus tard, le Majorquin a concédé exactement le même nombre de jeux et la sentence reste la même : une victoire expéditive en trois sets (6/3 6/4 6/0). Le roi de la terre battue n'est plus qu'à une victoire de sa décima. La dernière marche, nommée Stan Wawrinka, sera-t-elle plus haute ?

Pourtant, les trajectoires des deux joueurs suscitaient de beaux espoirs pour cette confrontation. Un duel de "talentueux dur-au-mal", deux bulldozers à la "caisse" monstrueuse, capables de cogner des heures durant sous un soleil de plomb, deux boulimiques de matchs (les deux joueurs ayant le plus joué cette saison).

Du côté de Nadal, on est juste repassé aux affaires courantes. L'Espagnol a retrouvé sa télécommande terre battue et son fameux programme "je concasse mes adversaires". Pour atteindre les quarts de finale, le Majorquin n'a lâché que 22 minuscules petits jeux à ses adversaires. Dominic Thiem, quant à lui, a juste confirmé qu'il était sans doute un des nouveaux cadors de la terre pour ces prochaines années. Après avoir expulsé manu militari le tenant du titre Novak Djokovic lors des quarts de finale, le protégé de Günter Bresnik retrouvait le dernier carré de Roland-Garros pour la deuxième fois d’affilée. Un exploit majuscule qui lui permettait de croire en ses chances avant de rencontrer l'ogre. Lui qui était d'ailleurs le seul à avoir battu "Rafa" cette année, en quarts de finale de Rome.

Un "Rafa" au top niveau

Pas facile de passer après la victoire homérique de Stan Wawrinka sur Andy Murray. Si le premier point du match (un passing de Nadal) enflamme les spectateurs, le set part sur une sorte de faux rythme où les deux joueurs peinent lors de leurs engagements respectifs. Thiem breake le premier mais subit ensuite l'expérience de l'Espagnol. Pas encore conquérant, "Rafa" maîtrise mieux ses temps faibles. Thiem, 7e mondial, semble avoir du mal à trouver ses marques sur ce Central où il n'a plus joué depuis 2014... contre "Rafa", déjà. L'Autrichien se procure de nombreuses balles de break (huit en tout dans cette demi-finale, une seule convertie), mais Nadal lui claque la porte au nez en servant parfaitement bien dans les moments qui comptent.

Rafael Nadal

L'Autrichien opte pour la bonne stratégie - la seule possible face à un "Rafa" au top niveau : rentrer dans le court, agresser l'Espagnol en permanence et ne pas lui laisser la moindre possibilité de dicter l'échange. Mais ce genre de programme demande une débauche d'énergie exceptionnelle et un minimum de déchets. Et des déchets, Thiem en commet trop (treize dans ce set pour seulement six coups gagnants).

Thiem a fait son âge

L'Autrichien y croit encore en début de deuxième manche. Si son coup droit n'affecte que peu son adversaire, il possède également une jolie main, comme le démontre cette amortie somptueuse pour s'offrir deux nouvelles balles de break à 1-0. Mais Nadal a toujours la clef. Il repousse les assauts adverses à coup de défense de fer et de lifts surhumains. Et la moindre balle courte est impitoyablement sanctionnée : "Rafa" breake immédiatement en réponse (2-1 puis 3-1). Le Majorquin ne sera plus rejoint. Si Thiem commence à avoir les idées un peu plus claires, il est déjà trop tard. Le taureau de Manacor empoche le deuxième set presque sans soucis.

L'entraîneur de l'Autrichien, le truculent Gunther Bresnik, avait averti la planète entière avant la rencontre :"Dominic n’a aucune chance. "Rafa" va lui botter le cul en trois sets." Le vieux sage avait raison. Nadal breake d'entrée sur une faute en longueur de Thiem. Ce dernier essaie bien de tourner autour de son revers pour limiter les dégâts mais il fait décidément son âge : un "jeunot" de 23 ans semblant un peu perdu dans un immense océan de terre battue, face à un géant trop grand, trop fort.

Dominic Thiem

Le dernier set vire à la démonstration. Nadal ne lâche pas sa proie tandis que Thiem abandonne ses trop maigres espoirs de remontée fantastique. Le n°7 mondial n'aura jamais réussi à se hisser au niveau de cette demi-finale, ni au niveau qui avait été le sien à Madrid ou à Rome. Entre chien et loup, Nadal achève son adversaire par un 6/0 brutal et 2h07 de jeu.

Avec cette victoire, "Rafa" repousse un peu plus ses limites et continue d'écrire sa légende. Il est seulement le troisième joueur dans l'histoire du tennis masculin à disputer 10 fois la finale d'un même tournoi du Grand chelem. Seuls Bill Tilden à l'US Open et Roger Federer à Wimbledon ont atteint un total de finales à deux chiffres.

Surtout, le Majorquin n'est plus qu'à une marche de sa décima, cet exploit XXL qui le ferait rentrer - eh oui, c'est encore possible - dans une nouvelle dimension. Même si l'Espagnol a évacué la portée historique de ce record. "Je suis très content de ce que j'ai fait depuis que je suis arrivé ici. 9 ou 10 (victoires de Roland-Garros) ? Ça ne fait que 10% de différence". Mais en finale, l'attend un Suisse qui n'a peur de rien. Un Stan Wawrinka qui a su se défaire d'un Andy Murray monstrueusement accrocheur, dans un des plus beaux chefs-d'œuvre vus à Roland-Garros ces dernières années. La rencontre entre le roi de la terre battue et "l'homme qui ne perd jamais en finale de Grand chelem" ne promet pas des étincelles... mais bien un majestueux feu d'artifice.

Nadal - Thiem 1/2 finbale: Les temps forts
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