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Ostapenko frappe un grand coup

Par Estelle Couderc   le   jeudi 15 juin 2017
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Vingt ans, le bel âge ! Jelena Ostapenko ne dira pas le contraire, elle qui vient de décrocher sa place en finale à Roland-Garros le jour de son anniversaire. La Lettonne a battu Timea Bacsinszky au terme d'un match incroyable d'intensité 7/6 3/6 6/3, affichant une puissance et un mental impressionnnants pour sa première à ce stade de la compétition en Grand chelem. Ostapenko devient la plus jeune finaliste en Grand Chelem depuis Wozniacki en 2009 à l'US Open, la première non tête de série en finale à Paris depuis Mima Jausovec en 1983...

Vingt ans d'un côté, 28 de l'autre... Jelena Ostapenko et Timea Bacsinszky avaient entre les mains l'improbable opportunité de s'offrir, l'une comme l'autre, le plus beau de tous leurs cadeaux d'anniversaire : une place en finale de Roland-Garros. Les deux jeunes femmes sont en effet nées toutes les deux un 8 juin, à huit ans d'écart.

Et une chose est sûre : les deux joueuses n'ont pas volé leur place dans le dernier carré. Ostapenko a impressionné par sa fougue et ses prises de risques, notamment lors de son quart face à Caroline Wozniacki. Timea Bacsinszky, elle, a illuminé de son sourire le court Philippe-Chatrier, alors qu'elle venait pourtant de battre dans des conditions très difficiles – vent, pluie – une Kristina Mladenovic que le public souhaitait évidemment voir aller plus loin.

21 coups gagnants pour Ostapenko dans le premier set !

Bacsinszky le sait : depuis le début du tournoi, la force de frappe est la marque de fabrique de la Lettonne. Pourquoi changer une méthode qui marche ? Banco, Ostapenko attaque cette demie sans se poser de questions, à coup de frappes assassines, parfois dedans, mais aussi de temps en temps dehors. Dès le départ, Bacsinszky fait tout pour la contrarier avec ses propres points forts, en la faisant notamment courir au filet à coup d'amorties. 

Bacsinszky prend l'avantage (2-0), puis le jeu s'équilibre (2-2). Ostapenko place ses frappes, prend de vitesse la protégée de Dimitri Zavialoff. Timea Bacsinszky profite tant qu'elle peut des deuxièmes balles de son adversaire pour planter des retours souvent gagnants. Cela ne suffit pas et Ostapenko prend l'avantage en breakant au cours d'un jeu où elle a notamment balancé un retour de coup droit fulgurant (4/3), elle qui affiche, hommes et femmes confondus, la quatrième vitesse moyenne la plus élevée du tournoi côté coup droit (117 km/h), derrière Dominic Thiem, Rafael Nadal et Stan Wawrinka... mais devant, par exemple, Andy Murray !

En bout de course, Timea Bacsinszky ressent alors une douleur à la cuisse droite. Soignée par le docteur Bernard Montalvan, elle repart au combat. Car c'est bien de ça qu'il s'agit face à Jelena Ostapenko. Sauf que la Lettonne, parfois, s'enfonce toute seule comme dans ce huitième jeu où elle commet quatre fautes (dont une double), comme un cadeau d'anniversaire à une Bacsinszky qui n'en demande pas tant (4-4), mais enfonce le clou (5-4).

La Suissesse, tête de série n°30, passe alors à deux points du set, avant de relâcher du lest. La tendance s'inverse inexorablement. Ostapenko met tout ce qu'elle veut dans le court, elle enchaîne – ou presque – les coups gagnants (21 dans le premier set), égalise 6-6 et empoche le tie-break sans demander son reste 7/6(4).

Baczinszky, quelle résistance !

Timea Bacsinszky, déjà demi-finaliste en 2015 à Roland-Garros, a beau breaker son adversaire au début du deuxième set, Ostapenko repart sur des bases élevées. Trois jeux : huit coups gagnants pour la Lettonne, 47e mondiale (2-1). Mais du haut de ses 28 ans, la Suissesse a de l'expérience. Elle ne s'affole pas, tient bon et reste à niveau (3-3). Sa patience paie, aidée par une Ostapenko qui aligne un peu plus de fautes directes (17 dans la seule 2e manche, contre 4 pour Bacsinszky). La Suissesse profite de chaque occasion et passe en tête (5-3). Une fois encore, elle s'avance à deux points du set, puis à un sur le service de son adversaire... Pari gagné pour Bacsinszky, qui remporte la deuxième manche 6/3.

Timea Bacsinszky

Les cartes semblent alors entre les mains d'Ostapenko. C'est elle qui fait le jeu, dirige le score selon que sa balle atterrit ou non dans le court. Elle sert de mieux en mieux au fil du match et parvient logiquement à prendre de l'avance (3-1). Elle rate alors une balle de 4-1. Une faute en revers qui pourrait lui coûter bien cher. Car deux jeux plus tard, Timea Bacsinszky, étonnante de résistance sous les coups lettons, égalise 3-3.

C'est en réalité son baroud d'honneur. Jelena Ostapenko en remet une couche, atteint le cap symbolique des 50 points gagnants (contre 45 fautes directes, là où la Suissesse termine la partie à 22/19) et s'impose finalement 7/6(4) 3/6 6/3 en 2h24. L'incroyable Lettonne va disputer à Roland-Garros la première finale de sa jeune carrière en Grand chelem. Une ascension fulgurante pour la protégée d'Anabel Medina Garrigues, qui n'avait jusque là jamais dépassé le troisième tour dans les quatre majeurs, ni même gagné le moindre match à Paris ! Elle est la plus jeune finaliste en Grand chelem enregistrée depuis Caroline Wozniacki à l'US Open 2009, la première joueuse non-tête de série présente en finale à Paris depuis Mima Jausovec en 1983. Et le festival n'est peut-être pas fini...

Ostapenko - Bacsinszky 1/2 finale: Les temps forts
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