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Nadal en reconquête

Par Alexandre Coiquil   le   samedi 27 mai 2017
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Arrivé à Roland-Garros avec le plein de confiance après ses sacres à Monte-Carlo, Barcelone et Madrid, Rafael Nadal a - évidemment - reçu l'étiquette de grand favori du Grand chelem parisien, où il vise un dixième sacre qui serait - évidemment - historique. Un statut qu'il ne s'impose pourtant - évidemment - pas. Au moment de débuter son tournoi, seules "les sensations comptent", selon lui. 

Rafael Nadal est au pied de la citadelle Roland-Garros. Sa citadelle. Celle qu'il doit à la fois conquérir une dixième fois, pour marquer un peu plus l'histoire de Roland-Garros et celle du tennis. Et celle qu'il doit surtout reconquérir après deux dernières éditions qui lui ont valu un double coup du sort dans son jardin du XVIe arrondissement : une défaite sèche et logique face à Novak Djokovic lors du quart de finale de l'édition 2015 et un déchirant retrait l'année dernière, à la veille de son match du troisième tour à cause d'un poignet gauche meurtri à Madrid. 

Deux participations à Roland-Garros, un tournoi qu'il avait remporté à sa première tentative en 2005, sans aucun titre à la clé, cela n'était jamais arrivé à Nadal, toujours capable de rassembler tous les ingrédients physiques et tennistiques au moment d'aborder la saison européenne de terre battue. Avec bien sûr, ce feeling quasi-robotique au moment d'attaquer le "French Open" qu'il a fait sien neuf fois. Visage fermé lors de sa conférence dpresse donnée le vendredi 27 mai 2016 à 16h40, l'Espagnol avait marqué les esprits par sa tristesse, touchante. Poignet gauche sous attelle, regard baissé, Nadal l'avait décrite comme "l'une des plus difficiles" de sa carrière. "Quand je suis arrivé ici l'année dernière, j'étais plutôt positif. J'ai eu une blessure au poignet, j'espère que l'histoire ne va pas se répéter", s'est-il cette année souvenu lors de sa conférence de presse d'avant-tournoi.

Nadal : "Je dois me retirer du tournoi"

Le nonuple vainqueur est arrivé à Paris avec quelques jours de repos grapillés, après sa sortie en quarts de finale du Masters 1000 de Rome (face à Dominic Thiem). Des jours mis à profit pour se ressourcer à Majorque. Il a donc fait un saut dans le temps de trois ans et posé ses valises dans la capitale française avec la pancarte de "grand favori" dans ses bagages, lui qui devait bien souvent la partager avec Novak Djokovic ces dernières années.

Cette fameuse pancarte, pas toujours facile à porter lors des Internationaux de France, il fallait bien la récupérer de toute façon, tant "Don Rafael", lui, l'a ajustée à sa mesure au fil des années et des succès. Et quoi que l'on puisse en dire, elle lui va bien. Roland-Garros porte à jamais sa marque, indélébile. Pourtant, "Rafa" est lui plus terre-à-terre avec ce statut sans visage. "Peu importe ce que l'on dit. Pour moi, ce qui importe est de bien jouer, a martelé l'homme le plus titré de l’histoire du tournoi. Si mon niveau de jeu est bon, tout va s'enchaîner. Peu importe que vous croyez ou pas que je suis un favori. Cela m'importe peu. Ce qui m'importe est de bien jouer, d'avoir les occasions de bien jouer." 

Ce statut d'homme à battre dont il ne veut pas, Nadal est quand même allé le chercher raquette en main en s'adjugeant trois des quatre grands titres lors de la saison européenne sur ocre (Monte-Carlo, Barcelone, Madrid). L'enchaînement Madrid - Rome et un immense Dominic Thiem, qui l'a terrassé à Rome au terme d'un match de mammouth, l'ont pourtant privé d'un historique quadruplé sur sa surface de toujours. Cette défaite pré-Roland, la seule sur ocre en 2017, n'a en tous cas pas du tout cassé le moral du joueur des Baléares, qui préfère se fier aux sensations ressenties sur le court. "Depuis le début de la saison, je suis très content de mon niveau de jeu. J'ai très bien joué dans tous les tournois que j'ai disputés", a-t-il soufflé.  

Une fatigue "mentale" avant d'attaquer "Roland"

Le joueur de Manacor n'avait plus paru aussi affûté, que ce soit mentalement, techniquement - service plus régulier, coup droit plus long et lift à nouveau ravageur - et comptablement, à l'approche du tournoi parisien depuis l'édition 2012. Il y a cinq ans, il avait également empilé trois des quatre grands rendez-vous d'avant-tournoi (Monte-Carlo, Barcelone, Rome) avec un niveau de jeu excellemment élevé et mis la concurrence loin derrière. Ce qui fait dire que le Nadal de 2017 a un petit côté 2012 en lui. "Il faut être en bonne santé, il faut se donner à l'entraînement et pendant les matchs. C'est la recette de la réussite, a appuyé "Rafa". Je vais essayer d'appliquer cette recette."   

Rafael Nadal à l'échauffement sur le court Philippe-Chatrier

Le Majorquin, embêté par des blessures récurrentes aux genoux en 2009, 2012, avant de voir son poignet s'effriter en 2016, a réussi le tour de force d'obtenir une continuité exceptionnelle depuis le début de la saison. Et de retrouver une confiance, un de ses moteurs, qu'il avait peu à peu perdue au fil des mois. Finaliste à l'Open d'Australie et Miami, où un Roger Federer aérien l'avait privé de sacre, l'Ibère avait posé à Melbourne et sur le continent américain les premières pierres d'une tournée sur ocre réussie. Avec 17 succès de rang entre son succès contre Kyle Edmund à Monte-Carlo et sa défaite face à Thiem au Foro Italico, trois trophées, dont deux "Decimas" à Monte-Carlo et Barcelone, dans sa besace, Nadal aura marqué au fer rouge cette campagne terrienne.  Il débutera l'édition 2017 dans la peau du joueur le plus titré de l'histoire de la surface (52 titres), après avoir dépassé Guillermo Vilas. 

Lire aussi : E-terre-nel Nadal 

Pour entamer cette campagne 2017, l'homme aux 14 titres du Grand chelem devra en découdre avec un joueur imprévisible, Benoît Paire, qui a retrouvé des sensations raquettes en main depuis le début de la saison. "Ce n'est pas un adversaire contre lequel on veut jouer notamment au premier tour. Il a beaucoup de talent. Il sert bien, il a un superbe revers, c'est un adversaire dangereux, a prévenu le roi de l'ocre. C'est comme cela, c'est le tirage au sort. Il va falloir que je joue à mon meilleur niveau."    

A la question de savoir comme il allait physiquement, après une campagne certes victorieuse mais coûteuse en énergie, la tête de série n° 4 du tournoi a reconnu qu'il y avait de la fatigue. Mais de la bonne fatigue. "Il y a un mois et demi, j'aurais voulu être aussi fatigué. La question n'est pas de savoir si je suis fatigué ou pas. Ce qui importe, c'est les succès sur terre, a-t-il martelé. Il est vrai qu'à Rome, j'étais un peu fatigué, plutôt mentalement, pas tant physiquement, parce que pendant des jours j'ai pratiqué un niveau de tennis très bon. Je suis très heureux depuis mon arrivée à Paris. Je sais que je dois bien jouer ici, c'est tout."  

Rafael Nadal est là !
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